‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 116 sur 153 · oO · texte numérisé non relu

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Spécimens

iIp hi collccdon

J. l)yl;Owski.

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(1) D'une manière absolue pour les espèces où les mâles seuls sont pourvus de cornes. Pour les espèces pourvues de cornes dans les deux sexes, il est de toute évidence que la comparaison ne doit se faire que de niàle a mâle et de femelle à femelle.

(2) Gray ne donne malheureusement aucune mesure, mais je ne crois

ÉTUDE SUR LES MAMMIFÈRES DU CONGO FRANÇAIS. 6o

En simplifianl ces rapports, nous trouverons pour le Kob

de Buffon ^ et pour le Kob des auteurs — avec de légères

oscillations. Il ressort du tableau précédent que deux des Kobs étudiés, celui de Smith et l'exemplaire qui a vécu à la ménagerie du iMuséum, ont des cornes inférieures de dix centimètres à celles du Kob de Bufïon, mais présentent déjà deux anneaux de plus. On peut encore conclure de ce parallèle que, pour pouvoir identifier spécifiquement tous ces Kobs, sans tenir compte des difîérences de courbures, il manque 5 ou 6 anneaux aux cornes du Kob de Bufïon. Le petit nombre des anneaux des cornes chez ce dernier, n'est qu'une conséquence de leur grosseur et de la grande amplitude des vallonnements qui les séparent. Cette particularité n'avait pas échappé à la clairvoyance de Desmarest (1). « La tête du Kob, écrivait-il, est particulièrement caractérisée... par la courbure des cornes qui ne sont pas tout à fait disposées en branches de lyre ainsi que par le petit nombre des anneaux et leur grosseur. »

Je n'insisterai pas sur les caractères de la tète osseuse du Kob de Buffon, je me contenterai de faire remarquer qu'ils indiquent un animal relativement jeune encore; car, si déjà les trois molaires fonctionnaient, les deux premières prémolaires de la mâchoire supérieure à peine sorties de leurs alvéoles ne devaient pas émerger de la gencive et la troisième était recouverte par la dent de lait correspondante encore en exercice. On peut en induire que les cornes n'ont pas encore pris leur forme définitive, ni leur complet développement et, dernier caractère différentiel, que leur longueur et leur diamètre de base à l'âge adulte doivent dépasser sensiblement ceux des cornes duKob des auteurs.

pas m'écarter beaucoup de la vérité en assignant aux cornes de son Kob adulte, marquées de treize anneaux, une longueur approximative de 30 à 35 centimètres suivant la courbure.

(i) Desmarest, loc. cit.

ANN. se. NAT. ZOOL. IV, 5

66 E. DE POUSARCSUES».

Etant données toutes ces difîérences bien tranchées, je crois qu'il y aurait utilité à distinguer spécifiquement le Kob des auteurs du Kob de Buffon ; cette rectification n'exigerait pas la création d'un terme nouveau et le Kob des auteurs prendrait le nom de Adenota anmdipes^ sous lequel il avait d'abord été décrit par Gray.

97. '.'Adenota kob. (BufTon, nec auctor.) te Kob. Buffon, Hist. nat., t. XII, p. 210 et 2G7, pi. XXXII, fig. 1, 17G4.

a. çf adulte. Cornes et portion antérieure du crâne. M. Dybowski, 1892, sans indication de localité.

Par leurs proportions, leur forme et leur courbure, les cornes de ce spécimen adulte diffèrent complètement de celles de l'espèce précédente et se rapprochent au contraire de celles du Kob de Buffon.

A leur sortie du crâne, elles ne présentent qu'une faible convexité anléro-supérioure à peine plus accusée que chez le type, se dirigent presque immédiatement en haut, en arrière et en debors, divergent ainsi jusqu'à la moitié de leur longueur, puis conservent pendant quelque temps le même écart et finissent par converger, leur pointe se dirigeant en haut et sensiblement en avant et en dedans. Ces cornes sont marquées de fines stries longiludinales et d'anneaux transverses séparés par de larges vallonnements. Les anneaux sont aussi renflés et presque aussi distants à la base des cornes que sur le reste de leur longueur, ce qui rappelle encore le type de Buffon. Les mesures comparatives prises sur ce crâne et ces cornes sont les suivantes :

Long, des cornes en ligne droite de la base au sommet

— suivant la courbure antérieure

— — postérieure

Longueur de l'extrémité terminale lisse

Nombre des anneaux

Circonférence des cornes à la base

Longueur du crâne de l'extrémité des prémaxillaires à

l'origine des cornes

Longueur des os nasaux

— de la série des molaires

Type

de Huff.

Les proportions entre ces mesures sont pour ainsi dire parfaites et en rapport avec les différences d'Age des deux spécimens. On ne peut signaler qu'un écart un peu sensible entre les longueurs de la partie lisse de l'extrémité des cornes, la réduction de cette partie chez l'adulte étant probablement occasionnée par le frottement et un plus long usage. D'ailleurs, les rapports de la longueur de la partie annelée au nombre des anneaux sont égaux chez ces deux individus comme l'indique le tableau ci-joint:

Tpve de Buir.

KGB

Nombre des anneaux

29cm

Longueur de la portion annelée

Rapport entre ces deux mesures

Aucune peau ne correspondait au crâne rapporté par M. Dybowski et je ne puis donner aucune indication précise sur la livrée de cette espèce. On peut toutefois se demander à quel type connu et décrit l'on doit la rapporter. Pour résoudre cette question, les données sont le crâne type et l'indication de la couleur de la robe qu'Adanson nous dépeint

68 E. DE POU^ARGUEi».

par ces mots petite vache brune; ce qui assigne au pelage du Kob la même teinte qu'à celui du Koba ou grande vache brune. Malheureusement, sans aucune pièce matérielle, ce dernier indice ne peut être utilisé avec profit. L'on connaît toutes les hypothèses auxquelles a donné lieu l'identification de ce dernier animal. H y a eu presque autant d'interprétations que d'auteurs. Suivant l'opinion la plus accréditée, le Koba ne serait autre que le Cobus inictuosus (Laur.) ou Sing-Sing. D'après Pallas et Gray, il faut y reconnaître le Damal'is pygargus (Pall.). II. Smith en fait le Korrïgum Damalis senegalensis (II. Smith). Cuvier et Desmarest l'assimilent avec doute à VjEpyceros melampus (Licht.).Pennant a appliqué ce nom à Y Alcelaphus caama (Cuv.). Enfin, d'autres auteurs assurent que c'est le nom donné par les Joli fis à une antilope chevaline, Hippotragus. Que devient dans une telle confusion la couleur du pelage du Kob?

Une autre indication nous est fournie par Bufîon luimême, mais je ne ferai que la signaler; car, loin de dissiper l'obscurité, elle la rend plutôt plus impénétrable. A propos desMazames de Seba et de leur prétendue provenance américaine, Buffon s'exprime comme il suit : « En comparant les figures de Seba avec les Gazelles que nous avons décrites, j'ai reconnu que son prétendu Temamaçame de la Nouvelle- Espagne est le Kob ou petite vache brune du Sénégal ; la forme, la couleur et la grandeur des cornes senties mêmes, la couleur du poil est aussi la même et diffère de celle des autres Gazelles^ en ce qu'elle n'est pas blanche, mais fauve sous le ventre comme sur les fiancs. »

Si l'on se reporte, comme je l'ai fait, aux figures données par Seba, on sera singulièrement surpris et déçu. Le Temamaçame de Seba est bien une Antilope africaine, mais ce ne peut être autre chose que V Antilope bubalis de Pallas, le Bubale de Fr. Cuvier. C'est dire que rien dans la configuration des cornes ne rappelle la description ni la figure du Kob données par Daubenton (1).

(1) Buffon n'aurait-il pas interprété à rebours ces mots : « Cornua tornata

Il est donc dilTicile de baser quelque comparaison sérieuse sur des documents aussi vagues et quelque peu contradictoires. Ce n'est pas à dire, assurément, qu'il faille négliger l'indication de la couleur du pelage qui nous est fournie par Adanson ; mais, vu la trop grande latitude qu'elle laisse à l'interprétation, les caractères douteux qu'on en pourrait déduire doivent être entièrement subordonnés à ceux que fournissent le crâne et les cornes qui permettent des comparaisons directes et sûres. Les termes de comparaison m'ont malbeureusement fait défaut ; ceux dont j'ai pu disposer m'ont permis de reconnaître que le Kob de Buffon ne correspondait pas au Kob de la plupart des auteurs (A. annulipes) et, autant qu'on en peut juger par les descriptions et les figures publiées par les zoologistes, qu'il semble également ditïérer des autres espèces connues du genre Adenota. Un seul point reste à élucider, c'est d'établir si tous les animaux provenant de différentes régions de l'Afrique et désignés comme Ade?îota ou Cobus Kob sont réellement cospécifiques ; si, par exemple, les individus signalés dans la Guinée supérieure (1), de l'embouchure du Sénégal à celle du Niger, sont identiques au type de la Guinée inférieure (A. anmdipes) ou ne doivent pas en être distingués spécifiquement, comme on l'a fait récemment pour l'espèce représentative de l'Est africain, A. Thomasi (Neum.) (2); dans ce dernier cas, il y aurait à rechercher si ces mêmes indi-

recurvatum in aciimen convergunt » qui, pour Seba, indiquent une flexion des cornes en arrière? Cette hypothèse paraît d'autant plus vraisemblable qu'on retrouve la même méprise pour l'assimilation du Nagor au Mazame de Seba figuré sur la même planche que le Temamacarae. Le Nagor de Buffon, Eleotragus reduncus des auteurs, a les cornes « légèrement courbées et dirigées en avant (Ruff.) ». Les cornes du Mazame de Seba sont au contraire régulièrement courbées et dirigées en arrière. « Tornata quasi corniculain acutum recurvumque apicem convergentia, retrorsum reclinata (Seba). » PI. 42, n" 3, loc. cit.

(1) Temniinck, Esq. zool. Côtes de Guinée, p. 199, 1853. — Jentink, CataL Mus. Pays-Bas, t. XI, p. 159, 1892. — Matschie, Saugeth. d. Togogeb. [Mitth. deutsch. Schutzgcb.), Bd. VI, Hft. 3, 1893. Extrait, p. 17, fig. 2.

(2) Sclater, P. Z. S. London, p. 869, fig. 1895. — Neumann, P. Z. S. London, p. 192, 1896.

E. »E POUSARCiLIES.

vidus de la Guinée supérieure ne doivent pas être identifiés, soit au type de l'Afrique orientale, ce qui me paraît assez improbable, soit plutôt au véritable Kob de ButTon, comme on est en droit de le préjuger de l'origine sénégalienne du type d'Adanson.

Sur ce point délicat, il est impossible de se prononcer sinon pièces en main et par comparaison directe; et je me contenterai d'énumérer ici les espèces bien reconnues du genre Adenota en indiquant leurs principaux caractères différentiels.

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