‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 115 sur 153 · ANTILOPE · texte numérisé non relu

ANTILOPE

Col. Dybowski.

1 l^jusqu'àroriRinedes Lon" du crâne depuis ) cornes.

l'ouccs.

Millim.

Millim.

Textr. de la mâchoire i 2° jusqu'à rocciput

( (en ligne droite). . .

Largeur maximum du crâne au niveau des

orliite'

Diamètre de loi bite.

[lauleur du sommet du ciànc à l'angle de la mâchoire inférieure

Longueur des os nasaux

Largeur —

Lnii"iieur de la série des molaires

Distance entre le condyle de la mâchoire inférieure et la symphyse

Hauteur de l'angle de la mâchoire au sommet de l'apophyse cnronoide

Longueur des cornes suivant la courbure postérieure

Longueur des cornes suivant la courbure antérieure

Distance, en ligiie droite, de la base au sommet

Ecartement à la base

— au milieu

— au sommet

Nombre des anneaux

El d'abord, pour ce qui est de la direction des cornes, il existe entre le KoIj de Bufîon el le Kob des auleurs une différence bien sensible. La description et la figure données par Daubenton assignent aux cornes du Kob une direction telle, que |)0ur la corne droite vue de profil, on obtient la ligne supérieure de courbure ci-après (lig. 3). Ce tracé, d'ailleurs, traduit cette pbrase de H. Smith (1) : « iliey forin onlij one single curve lo the front. » Desmarest (2) , sur ce point, est aussi explicite et dit que les cornes du Kob « nont quhine seule courbure concave en avant. » Ce mode de conformation avait à ce point frappé Cuvier (3) qu'il rangeait le Kob de

(1) H. Smith, toc. cit.

(2) Desmarest, Mammologie, p. 4S7.

(3) Cuvier, Règne animal, t 1, 1887, p. 263.

Buffon parmi les Éleotragues. Le témoignage des deux célèbres naturalistes français sur ce point est précieux; car, à n'en pas douter, ils ont eu entre les mains la tête osseuse rapportée par Adanson, et je puis moi-même confirmer de visu l'exactitude de leur assertion. En effet, les cornes, dès leur origine, se dirigent en arrière et en dehors suivant le prolongement de la ligne du chanfrein et ne présentent à leur base qu'un faible bombement en avant (fig. 3j. Celte

Fis. 3.

conformation explique également pourquoi la longueur des cornes suivant la courbure antérieure, 340 millimètres, est moindre que suivant la courbure postérieure, 3oO millimètres. Pour le Kob des auteurs, la direction des cornes est toute différente. Le tracé que j'en ai donné plus haut (fig. 2) concorde entièrement avec les ligures données par IL Smith, Fraser et Gray et traduit fidèlement ces mots bien précis de H. Smith : « TIte honis ivere seated above the orbïts^ ai base nearhj vertical to the plane of the face^ then bemiinçj back, and the tips almost imperceptlbhj forwards. » 11 s'ensuit, pour le Kob des auteurs, une longueur de cornes plus grande suivant la courbure antérieure, 370 millimètres, que suivant la courbure postérieure, 350 millimètres.

Outre ces différences dans la courbure et la direction des cornes, il existe encore une disparité évidente, entre le Kob de Buffon et le Kob des auteurs, dans le rapport du nombre des anneaux à la longueur des cornes.

C'est un fait admis qu'avec l'âge, la longueur des cornes et le nombre des anneaux qu'elles présentent augmentent en raison directe l'un de l'autre jusqu'à un maximum assez

62 i:. uE Pou^iARCiUEfi.

constant pour chaque espèce. C'est l'idée émise par Seba (i), mais un peu modifiée; car je ne prétends pas affirmer avec cet auteur l'accroissement continu du nombre des anneaux et de la longueur des cornes, ni la concordance parfaite du nombre des anneaux avec celui des années.

L'existence de cette relation intime entre l'âge de l'animal, le nombre des anneaux des cornes et leur longueur a pourtant été niée par Gray (2). Si j'ai bien compris la pensée du célèbre naturaliste anglais, pendant la crue des cornes, par suite de mues et de desquamation, les anneaux supérieurs disparaîtraient successivement, ce qui augmenterait d'aulant l'étendue de la partie terminale lisse. Dès lors, le nombre des anneaux augmentant par le bas, mais diminuant d'une même quantité par le haut, demeurerait à peu près invariable à tous les Ages. Je ne prétends pas entamer ici la question de la mue de l'étui corné, ni affirmer que tous les ornements (stries, vallonnements et anneaux) se retrouvent amplifiés sous les écailles cornées qui éclatent et tombent sous l'effort de la ])oussée interne; je me contente de signaler le fait suivant. Dans les nombreuses cornes que j'ai eu l'occasion d'examiner, j'ai toujours trouvé, d'une part que la partie lisse terminale des cornes, après avoir atteint pendant le premier âge une longueur maximum variant suivant les espèces, demeurait ensuite à peu près invariable pour l'espèce, quel que fût l'âge ; d'autre part, que le nombre des anneaux augmentait au fur et à mesure de l'accroissement de la corne jusqu'à un maximum donné pour chaque espèce. Pour n'en citer qu'un exemple, j'ai

(1) Seba, Thésaurus rerum naturalium, t. I, p. 60. « Cormia... quœ singulis annis nova spira aucta, œtateni animalis produnt. »

(2) Gray, « The upper rings of the growing horn fall off in large thick flakes, as Uie horn increases in size beneath : this explains how Ihe exlent of the smooth tapering part of the horn increases in lenglh as the horn grows, and how the number of the rings are found to be nearly the same in the varions âges and différent individuals of the varions species. (Knowsley, Ménagerie, p. 14, et P. Z. S., p. 130, 1850.)

réuni dans le tableau suivant des mesures comparatives prises sur quatre spécimens d'âge différent du Kob des auteurs. »

Mesures en millimètres.

Longueur totale de la corne en suivant la courbure

Longueur de la partie terminale lisse.

Nombre des anneaux

|-")()mm

130mm

Ces mesures montrent le parallélisme parfait entre l'accroissement des cornes en longueur et l'augmentation du nombre des anneaux, et l'invariabilité à peu près complète de la longueur de la partie lisse, dès l'apparition des premiers anneaux. Les figures mêmes de YAdenota Âob, jeune et adulte, données par Gray, viennent à l'appui de ce que j'avance, et fournissent un argument contre leur auteur.

L'augmentation du nombre des anneaux des cornes me paraît suivre les mêmes lois que celles de la torsion spiralée, lyriforme ou autre, nulle dans le jeune âge, commençant à se dessiner à une époque déterminée et s'accentuant de plus en plus avec les années pour arriver à un degré maximum (1). De toutes ces considérations, un point me paraît acquis : c'est que, chez tous les individus d'une même espèce il existe entre la longueur des cornes, leur degré de courbure et le nombre des anneaux qu'elles présentent, une relation si étroite, qu'étant données dos cornes normalement développées, de même longueur et de même calibre, il est nécessaire qu'il y ait même courbure et même nombre d'anneaux

(1) A l'appui de cette assertion, voir P. Z. S'., p. 2. 1889, On the Catoblepasgnu (F. E. Blaauw.).

E. »E POU§»ARCiUE«.

pour pouvoir alïirmer leur idenlilé spécifique (1). Ces trois facteurs sont dans une enlière dépendance réciproque, et l'un quelconque d'entre eux ne peut varier normalement d'une façon appréciable sans que les deux aulres ne participent à celle modification, chacun suivant son mode.

J'ai montré plus haut, qu'à longueur et calibre à peu près égaux, les cornes du Kob de Bulfon et celles du Kob des auteurs différaient notablement de courbure. Les rapports du nombre des anneaux à la longueur des cornes sont également hors de proportion. Si l'on se reporte au tableau de mesures que j'ai donné plus haut, on peut voir que, pour une longueur de 350 millimètres en suivant la courbure, les cornes du Kob de Bulfon ne présentent que 8 anneaux ; tandis que, pour un représentant du Kob des auleurs, nous trouvons 14 anneaux pour 370 millimèlres de longueur de cornes.

8 14 Or, jamais les deux rapports — et — ne pourront ôlre

reliés par le signe de l'égalité ni élablir une pio|)Oition. Voici d'ailleurs les chiffres s'appliquanl aux Kobs des différents auteurs et ceux que j'ai obtenus moi-même par des mesures direcles :

Nombre des anneaux

Longueur des cornes (en milluriétres)

KOB DES ALTEUIIS.

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