‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 12 sur 153 · AFRIQUE AUSTRALE · texte numérisé non relu

AFRIQUE AUSTRALE

?fifs, c. vellerosKs , dont les étroites affinités réciproques sont bien connues. Mais, sans prétendre unifier ces deux types, je ferai observer que l'aire d'habitat du C. vellerosini coïncide à très peu près avec celle du Colobe roux C. rufotnger, tandis que d'autre part, le C. ursiiius s'associe au C. rufo-fiiUguius ; le Colobe brun C. verus étant commun à ces deux sous-provinces delà région située à l'Ouest du Niger.

172 E. »E POUSARCiUES.

GENRE CERCOPITHECUS.

Avant de donner la liste des différentes espèces de Cercopithèques, si variées et si nombreuses, dans ces régions de l'Ouest de l'Afrique équatoriale visitées par nos voyageurs français, je crois nécessaire de reprendre ici la révision d'un groupe renfermant un certain nombre de formes caractérisées par la présence, sur l'extrémité du nez, d'une tache pileuse de forme nettement circonscrite, et le plus souvent de couleur blanche. Comme il arrive souvent, les zoologistes ne se sont pas toujours entendus sur l'identité des divers représentants de cette petite famille, et, soit à cause de l'excessive brièveté ou du défaut de clarté et de précision que l'on peut reprocher à certaines descriptions, soit par manque de termes de comparaison assez nombreux et assez typiques, les mêmes espèces ont été souvent décrites sous deux et même plusieurs noms. Les importantes collections rassemblées par nos voyageurs ont notablement accru le fonds déjà si riche de la série des Singes du Muséum de Paris, et à l'aide de ces précieux matériaux d'études, j'ai pu enlreprendre la tâche de débrouiller la synonymie si obscure des Cercopithèques Blancs-nez. Cette diversion, sera utile, en ce qu'elle fixera définitivement, je l'espère, le nombre et les affinités des espèces connues de ce groupe ; en tous cas, je la crois indispensable pour prévenir tout malentendu et déterminer le sens précis des dénominations spécifiques que j'aurai à employer dans la suite de ce catalogue.

RÉVISION DES CERCOPITHECl RHINOSTICTI.

L'intéressante famille des Guenons à nez blanc, nommées ^ussi Bia}îcs-?iez ou Pains à cacheter par les voyageurs et les colons français, renferme un certain nombre de types bien distincts ; mais les zoologistes descripteurs se sont plu à les multiplier outre mesure, et il en est résulté dans ce petit groupe une inexprimable confusion.

Déjà, en 187G, Sclilegel(l) avait réagi contre cette funeste tendance, et en réduisant notablement le nombre des espèces, avait apporté quelquelumière au milieu de cette obscurité. Depuis celle époque, de nouvelles espèces, les unes valides, les autres défectueuses, ont été créées, et leur révision a été entreprise tout récemment par M. Scîater (2) qui réunit tous les Cercopithèques blancs-nez dans une section spéciale sous le nom très judicieusement choisi de Cercopitheci rhinosticti.

On peut distinguer deux parties dans le travail de 31. Sclater, la première oii sont décrites et rangées par sections les espèces que l'auteur a pu contrôler de visu; la seconde, comprenant une liste avec Tindication des affinités des espèces dont il n'a pu se procurer les dépouilles. Le savant Secrétaire de la Société zoologique de Londres laisse ainsi aux naturalistes en possession de documents précis, le soin de combler cette lacune. On ne peut, certes, que le louer de cette sévère retenue, et chacun conviendra que cette méthode d'examen direct est le plus sur garant de l'exactitude des observations. Mais c'est là une méthode opùma d'une application rigoureuse difficile, pour ne pas dire impossible; et j'ai tenté, en examinant avec soin es nombreux spécimens réunis au Muséum de Paris, ou en suppléant à l'observation directe par l'étude sérieuse et approfondie des descriptions et des figures laissées par les auteurs, de compléter et de mettre au point la classitication des Cercopithèques rhinosticti (3).

(1) Schlegel, Mus. des Pays-Bas {Singes), 1876.

(2) Sclater, On the genus Cercopithecus P.Z.S., p. 243, 1893.

(3) Au moment où je terminais cette révision des Cercopithèques Blancsnez, M. Matschie faisait paraître, sur le même sujet, un travail qu'il eut l'extrême obligeance de m'adresser. {Uebev die iveissnasigen Meerkatzen, in Sitz. Bcr. Gcsellsch. naturf. Frcunde, n° 3, p. 95, 21 mars 1893.)

J'ai été heureux de constater que, sur plusieurs poinls, ma manière de voir concordait avec celle de M. Matschie, et la priorité de certaines rectifications introduites dans la synonymie de quelques espèces revient de droit au savant mammalogiste allemand. Il se trouve au contraire que quelquesunes des interprétations que j'ai émises, diffèrent de celles de M. Matschie. Quelques notes indiqueront brièvement sur quels points M. Matschie et moi sommes tombés d'accord, ou en opposition d'idées.

174 E. DE POU§>.4RftUf:§».

Comme leur nom l'indique, les Blancs-nez se distinguent de tous les autres Cercopithèques en ce que l'espace compris entre les narines, ou, comme le dit Sclilegel, le champ naud^ est revêtu de poils ras, le plus souvent blancs, parfois jaunes ou rouges, mais dont la teinte éclatante se détache toujours vigoureusement sur le fond sombre, soit noir, soit bleu violacé, de la peau nue du reste delà face. La forme de ce champ nasal varie : tantôt, il s'étend très peu vers le haut, et offre l'aspect; soit d'un triangle dont l'une des pointes descend comme un coin entre les deux angles inférieurs des narines, tandis que le côté basai opposé coupe transversalement la ligne du nez un peu au-dessus du niveau des angles supérieurs des orifices nasaux; soit d'un losange très-surbaissé à grand diamètre transversal, débordant sensiblement le nez; tantôt au contraire il est oblong, à grand diamètre vertical, présentant inférieurement la forme que je viens de signaler, mais remontant le long de la ligne nasale jusqu'au niveau des paupières inférieures.

Chez les Cercopithèques dont la tache nasale présente cette dernière forme, la couleur dominante du pelage est le noir relevé sur certaines parties de fines piquetures blanches. Cet ensemble de caractères les différencie nettement des espèces chez lesquelles le diamètre transversal de la tache nasale l'emporle sur le diamètre longitudinal ou vertical. Chez ces dernières, don! le pelage est de couleur brun olive plus ou moins sombre tiqueté de jaune ou de roux orange, la queue est tantôt fortement teintée de rouge sur une étendue plus ou moins grande, el tant dessus que dessous ; tantôt au contraire la queue sur le dessus est de la couleur du dos, tandis que dessous elle présente une teinte d'un blanc grisâtre pâle. Dans ce dernier cas, la tache nasale est nettement triangulaire et d'un blanc pur; dans le premier, le champ nasal est cordiforme oulosangique, d'un blanc plus ou moins lavé de jaune ou d'un rouge éclatant. En tenant compte de ces caractères, nous pouvons, dès à présent, admettre dans les Cercopitheci rhinosticti, trois séries à chacune desquelles

nous donnerons pour plus de commodité le nom de l'espèce la plus ancienne et pour ainsi dire type. Ces trois séries seront :

r La série des Pétaarhtes^ ayant pour type le C. petaurwto(Schreb.), comprenant les espèces à pelage brun olive pâle tiqueté de jaune, dont la queue présente au-dessus la couleur du dos et au-dessous une teinte blanc grisâlre ; et dont la tache nasale, d'un blanc pur, ofîre nettement la forme d'un triangle.

2° La série des Ascagnes^ ayant pour type le C. ascam^s (Aud.), dans laquelle viennent se ranger les espèces à pelage brun olive sombre tiqueté de roux orange, dont la queue est rouge rutilant et la tache nasale cordiforme ou losangique, blanche ou rouge.

3" La série des Hocheurs, ayant pour type le C. nklitans, dans laquelle il faut admettre les espèces chez lesquelles le diamètre transversal du champ nasal est inférieur au diamètre vertical et dont le fond du pelage est noir sans en excepter la queue tant dessous que dessus.

En répartissant chacun dans la série qui lui convient, et suivant leurs aifinilés respectives les divers Blancs-nez décrits jusqu'à ce jour nous aurons le tableau suivant :

l'*^ SÉRIE

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