Manis tricuspis. (Raf
Manis tricuspis. Rafinesque. Ann. Gén. Se. phys. Bruxelles, p. 214, 1820.
— midtiscutata. Gray. Proc. Zool. Soc. London, p. 22, 1843.
— — Fraser. Zoolog. typic. (Planche coloriée), 1849.
— tridenlata. Focillon. Rev et Magas. de zool., p. 472, pi. XI, 1850.
— tricuspis. Jenlink. Not. fr. Leyden Mus., vol. IV, p. 208, 1882.
— — Rarboza du Bocage. Jorn. Se. natur. Lisboa, 2"= série, no lj>.
Extrait, p. 30, 1890.
— — Maischie. Sitzberg. Ges. naturf. Freunde. Berlin, p. 1,
0. ( M. J. Dybowski. Brazzaville. — Peaux préparées par les indigènes du b. '. Kasaï, rive gauche du Congo.
Bien que ces doux dépouilles proviennent d'une localité située en dehors de la zone géographique dont je me suis proposé d'étudier la faune, j'ai cru néanmoins devoir les mentionner ici ; car l'espèce qu'elles représentent se rencontre également au Nord du Congo, comme le prouvent les spécimens recueillis par Du Cliaillu sur le territoire d'Ascliango.
De ces deux dépouilles. Tune {a) est mutilée de la tête et de l'extrémité de la queue, l'autre, au contraire (d), est bien intacte et mesure 41 centimètres pour la tête et le corps, et 54 pour la queue, soit 95 centimètres de longueur totale. Chacune d'elles compte sur le tronc 23 séries longitudinales d'écaillés, dont la teinte est d'un blond feuille tnorle pour employer l'expression de Focillon. Les écailles du dos étroites, allongées et arrondies en arrière, sont lisses sur leur tiers postérieur, ornées au contraire de nombreuses
stries longiludinales sur leurs deux tiers basilaires en partie recouveris et protégés par la portion terminale des écailles immédiatement aniérieures. Ces stries deviennent de plus en plus marquées et étendues à mesure que l'on s'éloigne de la ligne médiane; en effet, sur le bas des flancs et la face externe des membres postérieurs, les écailles plus étroites, lancéolées, sont striées sur toute leur longueur et de plus renforcées, le long de leur axe, d'une carène saillante qui se prolonge en une pointe acérée au delà du bord libre plus ou moins échancré et denticulé latéralement. Il en résulte une forme irrégulièrement tricuspide plus nettement appréciable pour les écailles des cuisses et des jambes. Sur la queue, les écailles moins longues, mais plus larges et plus épaisses, sont dépourvues de carène et couvertes de stries sur les quatre cinquièmes basilaires de leur longueur. Leur pointe libre est mousse, limitée de chaque côté par une échancrure large, mais peu profonde. Des cinq rangées sériâtes d'écaillés imbriquées qui garnissent le dessus de la queue, la médiane n'en compte que 34 ; et, comme chez les autres espèces de Pangolins africains, s'interrompt ou plutôt se termine à une certaine distance de l'extrémité. Chez le spécimen (ô), cette distance est d'environ 4 centimètres, occupés par deux séries latérales contiguës et symétriques, chacune de cinq écailles. Quant aux écailles marginales diédriques, elles sont au nombre de 38.
Les divers ornements, carène, stries et pointes qui caractérisent les écailles chez le Manis tricuspis^ doivent indubitablement être plus marqués dans le jeune âge, puis perdre de leur relief et s'émousser graduellement par l'usure pour disparaître finalement, à l'âge adulte, sur les parties du corps les plus exposées au frottement, tandis qu'ils gardent àpeu près toute leur intégrité sur celles qui ont moins à souffrir sous ce rapport, comme le bas des flancs et les membres postérieurs. A l'appui de celte assertion, je ne puis citer de meilleures preuves que les particularités observées par Focillon sur des spécimens semi-adultes, considérés par cet auteur comme
E. DE POUSARGUES».
constituant une espèce distincte, le Blanis tndentata. Le plus grand de ces individus ne mesurait que 64 centimètres de longueur totale, dont 34 et demi pour la queue. A cet âge, toutes les écailles sont entièrement couvertes de stries; le milieu de leur bord libre se prolonge en une pointe aiguë
flanquée latéralement de deux échancrures profondes, limitées elles-mêmes en dehors par une denticulation assez accusée, d'où une forme nettement tridentée; enfin la carène des écailles des flancs et des cuisses est très accentuée el fortement saillante. Pour ces détails de structure, les excel-
lentes figures (1) publiées par Focillon sont très démonstratives et valent mieux que toute description.
Le Manls ir'icuspis a été indiqué par quelques auteurs, Focillon enlre autres, comme se rencontrant sur les côtes de Mozambique, près de l'embouchure du Zambèze [M. Iri-
AFRIUUE OUEST
GENRES
AFRIQUE EST
AFRKJUE SUD
Ouest
Entre
du Niger.
Niger et Cuiiénc^
/E. 0. œthiopi-
cus. (Sund.)
S. 0. senegalensis. (Less.)