L.l G. LechcL (Thos
D' G. Dœrlingi. (Thos.)
M.IG. Mechorvi (Pet.)
(Gm.), et des déserts de l'intérieur, Gcorijchus ; soit les terres meubles des plaines ou des [)lateaux [Gconjehiis^ Ilcliophobius)] soit enfin les pentes des hautes montagnes (R/dzomijs, Heterocephalus).
Si maintenant nous procédons également par voie d'éli-
122 E. DE POUSAIieUES.
mination pour les divers types qui forment la longue série des Muridés africains, nous devrons rayer de la faune de rOuesl, d'abord les deux genres si particuliers Acomys et Saccostomus, celui-ci propre à l'Afrique orientale et sud-centrale, celui-là, longeant toute la côte orienlale, du Cap à rislhme de Suez, et passant même en Arabie; puis ceriains types de la sous-famille des GcrbUlinés, tels que les Otomys^ Malacolhnx et Myslromys de l'Afrique australe, les Pachyiiromijs et les Psammomys^ dont les diverses espèces participent un peu des mœurs des Gerboises et se rencontrent tant dans les plaines désertiques de l'Afrique australe que dans celles du Nord et de l'Est du Sahara.
Il nous reste alors un noyau constitué par les différents genres Gerbillus, Dasymys, Dendromys, Steatomys, Deomys, Lophuroniys, Cricetomys, Golimda, Isomys, Blalacomys^ Mus et Nannomys, tous représentés dans nos possessions congolaises par une ou plusieurs espèces que nous devons étudier dans les rapports plus ou moins étroits qu'elles présentent avec celles des autres régions du continent africain. L'unique espèce du genre Cricetomys^ C. gamhianus^ dispersée sur toute l'Afrique interlropicalc, ne peut nous fournir aucun caractère faunique bien tranché. Tout autres sont les deux genres également unispéci Piques Deomys et Malacomys^ le premier cantonné près de la côte depuis l'embouchure du Congo jusqu'au Cameron, le second s'étendant au contraire vers l'Est, du Cameron et de l'Ogôoué jusqu'aux sources de rOubangui. Aucun représentant de ces deux types bien définis n'a été observé ni au Sud du Congo ni à l'Ouest du Niger, et on peut les considérer comme caractéristiques de la faune du Congo français. Le genre Lophuromys compte une espèce commune au Congo et à la Guinée supérieure, L. sikapusi (Tem.), mais aussi une autre espèce dans l'Est, L. fîavo-pimctatus (Thos.). Le sous-genre Nannomys relie également d'une manière intime la faune du Congo à celle de la Guinée supérieure; car, ainsi que nous l'avons vu, tout porte à croire que l'on doit établir l'identité entre le
N. setuiosus (Pet.) du Congo et du Cameron et le Mus rnusridoides (Tcm.) des côtes de Guinée, ces deux types fusionnés ayant comme représentant à l'Est et au Sud le Mus Nannomi/s minutoidcs (A. Smith).
Différentes formes du sous-genre Isomys sont répandues sur toute l'Afrique: l'espèce que nous avons vue au Congo, M. Isomys pulrlwllus (Or,), habite également la Guinée supérieure et se propage en même temps vers l'Est jusqu'à la région des Lacs; nous pouvons dire cependant qu'elle esl spéciale à la zone équatoriale, car, au Sud, elle ne dépasse pas le Congo (Barboza du Bocage). Les espèces représentatives du M. Isomys pulcheHus sont : dans le Sud, le Sud-Est et l'Est, M. Isomys pumilio (Brants), M. Isomys dorsalis (A. Smith) et M. Jsomys variegatus (Licht.); dans le Nord, le type si voisin i)/. Isomys harharus (L.),
Le genre Mus se fait remarquer par l'extrême et facile dispersion de ses espèces dont la plupart, M. nle.xandrïnus (Geoff.), M. maurus (Gr.), M. mkrodon (Pet.), ne prêtent nullement à des aperçus de faune spéciale ; deux formes cependant n'ont encore été observées qu'entre le Congo et le Niger; ce sont le Mus unïviltatus (Pet.), que l'on suit à l'Est jusqu'au district de Monbullu, et le M. hypoxantJius ^ plus littoral. Une autre espèce, M. erythroleucus (Tem.), non observée par nos voyageurs, descend cependant de la Guinée supérieure jusque dans le Gabon; d'autre part, le M. marungensis (Noack) est peut-être identique au M. Am-hietse (Boc.) observé au Sud du Congo.
Avec les genres Gcrbillus^ Dasymys^ Demlromys, Steatomys et Golumla, la faune congolaise se différencie de celle de la Guinée supérieure, et montre de réelles atfinités avec celle du Sud et de l'Est africains. Deux espèces de Gerbilles proprement dites ont été rencontrées par nos voyageurs dans la région de l'Oubangui; l'une, G. validus (Boc), existe aussi dans l'Angola et n'est peut-être qu'une variété géante de G. hucogaster (Pet.) du Mozambique ou de l'espèce du Cap, G. Schlegeli (Smuts.), tandis que, dans l'Est,
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elle est représentée par le G. macropus (Hengl.) ; le second type, G. Emini (Thos.), a d'abord été signalé dans le bassin du Psil, au Ouadelaï, et ne diffère peut-être pas des espèces G. dongolanus (Heugl.), G. stigmonix (Heugl.), G. vicinus (Pet.), représentatives dans la région des Lacs, du G. tenuis (A. Smith) de l'Afrique australe.
Le Dasymys niloticus (E. Geoff.) de l'Oubangui, du Niam- Niam, de la région des Lacs et du Haut-Nil est l'homologue, dans l'Afrique orientale et centrale, du D. Gue'inzi (PeL) du Sud, mais se rattache également à une espèce de la Guinée supérieure, JV. rufinus (Tem.), qui doit probablement lui être identifiée.
J'arrive enfin aux trois nouvelles espèces Dendromys Pecilei {AM.-Edw .) , Sleatomys opimus (nob.), Golunda Dybowskii (nob.), qui, plus que toutes les formes que nous venons de passer en revue, rattachent la faune des Miu^idés de nos possessions congolaises à celle de l'Afrique orientale et australe, les seules régions où l'on ait signalé jusqu'ici des représentants de ces trois genres. On peut donc affirmer aujourd'hui que l'aire d'Iiabitat de ces intéressants Rongeurs remonte dans l'Afrique centrale et dépasse le Congo au Nord. Ce fait nous laisse entrevoir quelles richesses zoologiques encore ignorées réservent à la science les explorations de cette partie de l'Afrique limitée au Nord par les immenses boucles que forment le Congo et son principal affluent de droite l'Oubangui.
Dans la tribu des Hystricomorphes (1), la famille des Octodonlidés ne nous fournit, en réalité, que des caractères négatifs. En effet, le seul genre, Aulacodm^ que l'on trouve dans le Congo français, compte une espèce, A. swinderejuanus (Tem.) qui habite indifféremment toutes les régions de la zone intertropicale; et nos explorateurs n'ont jamais rencontré l'autre forme, A. semipalmatiis (Heugl.), qui, par le Niam-Niam, paraît cependant toucher celte partie du bassin
(1) Voir la carte n" 13, vol. IV, p. 34.
de rOubangui el de la Kemo, visitée par M. J. Dybowski. Quant aux autres types africains de la même famille, Ctenodaclylus^ Peçtmaloi\ Petromys^ ils recherchent les régions désertiques et rocailleuses ; le premier sur les confins méridionaux de la Barbarie et dans la Tripolitaine, le second près des côtes de la mer Rouge et du pays des Somalis, le troisième sur les collines rocheuses du pays des Namaquas, dans l'extrême Sud-Ouest.
Aucun de nos voyageurs ne nous a rapporté de dépouilles de VAtherura africana (Gr.), mais l'on sait que cet Hystricidé fréquente le Gabon aussi bien que la Guinée supérieure; par contre, le genre Hystrix semble exclu de nos possessions de l'Ouest africain entièrement contournées, à une grande distance, par l'aire d'habitat de VHi/strix africœ-australis (Pet.), qui, de l'Angola descend jusqu'au Cap, remonte ensuite la côte orientale jusqu'au pays des Somalis et de là se dirige directement vers l'Ouest en longeant le Sud du Sahara jusqu'au Sénégal en poussant quelques incursions dans la Guinée supérieure.
Pour terminer ce qui a trait aux Rongeurs, je ferai remarquer que la présence du Lepus capensis (L.) dans la région de rOubangui rattache par l'Afrique centrale notre faune congolaise à celle de l'Est et du Sud de l'Afrique.
La faune des Rongeurs du Congo français présente comme on le voit des caractères mixtes : par l'abondance et la variété des espèces arboricoles [Sciuromorphes)^ elle est inséparable de celle de la Guinée supérieure ; d'autre part la présence des Léporidés et de certains Muridés typiques la rattache, mais par des liens moins nombreux et moins étroits, aux faunes de l'Est et du Sud-Ouest.
T ONGULÉS ARTIODACTYLES.
Le mode de répartition géographique des représentants de ce sous-ordre relie étroitement la région du Congo à celle de la Guinée supérieure. Les types spéciaux à chacune de
126 E. DE POU»AUGUE§>.
ces provinces sont peu nombreux et unis d'ailleurs par des affinités très élroites, les formes communes sont au contraire en assez grand nombre; enfin une dernière particularité marque la faune de ces deux l'égions d'un seul et même cachet, c'est l'absence d'une multitude de genres et de quelques familles dont les représentants ne se rencontrent que dans les autres régions de l'Afrique.
Tragulidés. — Si nous examinons tout d'abord les caractères positifs, nous voyons que le Congo et la Guinée, ou en d'autres termes, l'Ouest africain seul possède YHyœmoschus aquatkus (Og.) (1). La présence en Afrique de ce type complètement isolé du reste de la famille des Tragulidés, constitue un fait éminemment caractéristique, comparable en tous points à celui que l'on a constaté pour le genre Pitta parmi les Oiseaux. Une seule espèce de Brève en effet se rencontre en Afrique, c'est la Pitta cuigolensis; toutes les autres sont spéciales à l'Inde continentale etarcbipélagique.
Bovidés. — Pour cette famille, nous avons déjà signalé l'extrême abondance dans l'Afrique occidentale des représentants du genre Cephalophus (2). Sur 18 espèces admises par M. 0. Thomas, 13 sont exclusivement propres à l'Ouest africain. De ces 13 espèces, certaines sont spéciales à la Guinée supérieure, C. Jentinki (Thos.), C. rufilalus (Gr.). C. Boriœ (Og.), C. coronatus (Gr.); d'autres caractérisent exclusivement les contrées comprises entre le Niger et le Congo, C. nigrifrons (Gr.), C. melcmorheus (Gr.), C. leucogaster (Gr.), C. callipygus (Pet.); les cinq autres sont communes aux deux régions. C. sylvicultor (Afz.), C. niger (Gr.), C. dorsalis (Gr.), C. Maxwelli (H. Smith) et C. Ogïlbyi (VVaterh.); cette dernière très probablement identique au C. leucogaster et au C. callipygus.
Bien qu'aucun des voyageurs, dont j'ai étudié les collec-
(1) Voir la carte n° 18, p. 88.
(2) Voir la carte n° 14, p. 46.
lions, ne nous ail fait parvenir de dépouille de Nanotragus pi/gmseus (L.), cette charmante Antilope naine, très répandue le long des côtes de la Guinée supérieure, a été également observée au Gabon, et le Muséum de Paris en possède un spécimen envoyé autrefois de cette localité par M. Laurein.
Toutes ces Antilopes de petite taille se plaisent particulièrement dans les forêts, aussi leur aire de dispersion est-elle assez étroitement limitée; il n'en est pas de même d'espèces de plus haut port et de mœurs bien différentes, que l'on rencontre dans le Congo, la Guinée et l'Afrique centrale, A. annnUpes (Gr.), et dont l'aire d'habitat s'étend jusqu'au Darfour, àl'Abyssinie et à la région des Grands Lacs, comme c'est le cas pour un représentant du genre Cobus, l'Antilope onctueuse, C. defassa (Riipp.) (I).
Les Antilopes limnophiles (2), affectionnant le voisinage des cours d'eau, comptent des espèces communes aux deux régions de l'Ouest africain, Tragelaphiis einijceros (Og.), . Tragelaphus gratus (Sel.) ; quant au Guib proprement dit, Tragelaphus scnptus typkus (Pall.). à plus large dispersion, il s'étend au Sud aussi loin que le Tragelaphus Spekei (Sel.) du haut Zambèze, espèce dont M. de Brazza a rencontré des individus sur la rive droite du Congo. Enfin nous avons vu que dans la tribu des Bovines, le Bubalus pumilus (Turt.) = brachyceros (Gr.) caractérise nettement tout l'Ouest africain.
Ce rapide aperçu montre les connexions qui existent entre le Congo et la Guinée supérieure sous le rapport de la faune des Bovidés, connexions si étroites, qu'il est impossible à ce point de vue de séparer ces deux régions.
Il est à noter d'autre part que les tribus, et même les genres répandus dans l'Ouest africain comptent quelques formes représentatives dans les autres parties de l'Afrique. Pour le Guib, nous trouvons comme espèces parallèles le Tr. décida (Riipp.) en Abyssinie, le 7V. Roualeyni
(1) Voir la carte n° 15, p. 70.
(2) Voir la carte n° 16, p. 80.
\2S E «E POtSARCJUES.
(G. Ciim.), dans l'Est africain, et le Tr. sylvaticus (Sparrm.) dans l'Afrique australe; pour les grands Tragelaphiis, le Tr. Angasi (Ang.) du Sud et de l'Est rc'^pond au Tr. euryceros de la Guinée et du Gabon. Comme l'a fait remarquer avec raison J. Murrie, le Cobus ellipsiprymnus (Og.)
et XAdenota lechè (Gr.) ne sont que les prototypes Est et Sud africains du C. clefassa et de V Adenoia annuUpes (Gr.). Les BubaJus C(7/(?r (Sparrm.) et Dubalus œqu'moctialis (Blylh.) jouent le même rôle vis-à-vis du D. piimilus (Turt.) et du B. centralis (Gr.). Quant aux diverses espèces de l'Afrique
orientale, australe et sud-occidentale appartenant aux genres Calotrarjus^ ScopopJwrus, Pediotragiis et Nesolragus^ elles sont si bien représentatives de l'Antilope naine ou royale de l'Ouest, que Sir Y. Brooke (1), et après lui M. 0. Thomas (2) ont proposé avec raison de les fusionner toutes en un seul
GENRES
AFRIQU
Ouest du Niger.
E OUEST
Entre Congo et Niger.
AFRIQUE EST
AFRIQUE SUD
Neotragus.
N. Kirhi.
(Giinth.) iV. Guentheri
(Thos.) iV. saltianus.
(Blainv.) iV. Philipsi.
(Thos.) N. Swaynei.
(Thos.)
D. N. damarensis (Gïinth.)
■a te
T' P. Neiimanni (Matsch.)
T. P. tragulus.
(Licht.)
D tu
H. 1 N. pygmœus. (L.)
Z. N. moschatiis (Diib.)