S. ViVERRA PoORTilANNI. (Pchr
Vivcrra PoortmannL Pucheran. Revue et Magasin de Zoolog., p. 304, IS.io.
— — — Arch. du Mus. Hist. liât. Paris, t. X, p. 109,
pi. IX, i858 à 1801.
— civetta, var. Poortmanni. Noack. Zoolog. Jahrbucher, vol. IV,
a. çf très jeune. M. TlioHon, 1891, Brazzaville.
Chez ce jeune spécimen ne mesurant que 59 cenlimètres de longueur totale dont 20 pour la queue, la livrée encore très imparfaite est loin d'avoir acquis ses teintes définitives, mais elle présente déjà certains traits qui permettent de rattacher sans hésitation cet individu à l'espèce décrite et figurée par Pucheran sous le nom de Viocrra Poortmanni.
Les quatre membres et la queue sont noirs, et ce n'est que sur le tiers basai inférieur de celle-ci que l'on découvre quatre petites taches blanches régulièrement espacées, indices des demi-anneaux qui marquent cet appendice chez l'adulte. La base inférieure du cou, le thorax et la parlie antérieure de l'abdomen présentent également une coloration noire, mais légèrement mêlée de gris roussâtre. Le pelage du dessus du corps consiste en un mélange confus de longs poils, les uns gris jaunâtre, les autres noirs. Ceux de la première teinte sont plus abondants sur le haut des cuisses et les flancs, les poils noirs, au contraire, prédominent le long de l'échiné et sur toute la région scapulaire où leur réunion dessine comme une selle dont la portion inférieure se continue avec le pelage noir des membres antérieurs. Tout le pelage du cou est d'une teinte fondamentale gris jaum\tre irrégulièrement nuancée de noir, surtout dans
(1) Proc.Zool. Suc. Loii'lon, p. 247, I8G0.
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sa portion moyenne inférieure, mais on essaierait vainement, de même que sur les flancs, d'y démêler quelque indice des bandes alternativement noires et blanches qui se dessinent si nettement chez l'adulte. Sur le dessus et les côtés de la tète et sur le front, les poils, gris fuligineux à leur base et à leurexlrôme pointe, présentent dans leur portion moyenne un large anneau blanc; il en résulte une teinte gris clair finement tiquetée qui se continue entre les yeux et se prolonge sur la ligne du chanfrein jusqu'aux narines. La large bande noire qui enveloppe le dessous et les côtés du museau se trouve donc coupée et interrompue le long de la ligne médiane supérieure, ce qui répond au caractère exprimé dans la courte diagnose de Pucheran: « vitta ocular't nasum non tmnseunte ». En avant de celte bande noire, de chaque côté du museau, se voit une tache d'un blanc jaunâtre pur, le long de la bordure postérieure de laquelle s'insèrent de longues moustaches, les inférieures blanches, les supérieures noires. La Viverra Poortmanni doit-elle compter comme espècedislinclc, ou ne faut-il, àl'exempledeM.Noack, la considérer que comme une simple variété de la Civette ordinaire? C'est là une question que la non-mal urité du spécimen qui nous occupe ne permet pas d'élucider; la seule conclusion que Ton puisse tirer de sa provenance et de celle de l'individu signalé par M. Noack à Banana, est que celle espèce ou cette race parait localisée dans nos possessions françaises du Gabon et du Congo.
GENRE GENETTA
46, Genetta poensis. (Watli.) Genetta poensis. Waterhouse. Proc. Zool. Soc. London, p. 39, 1838. a. Q adulte. M. Dybowski, 1894. Mayumba.
Sauf sa taille un peu plus faible, cet individu répond pour le pelage à la description du G. poensis, d'une manière si exacte et si rigoureuse, que l'on pourrait croire avoir affaire
au lype même qui servit autrefois à Waterhouse. Sur le fond jaune sombre de la robe, sont disséminées en grand nombre de petites taches pleines et des lignes noires qui aiïectent la disposition suivante : Deux bandes noires symétriques, bien marquées, assez étroites à leur origine derrière les oreilles, mais s' élargissant graduellement, descendent obliquement, une de chaque côté du dessus du cou. Un peu en avant de l'épaule, leur divergence s'accentue, et chacune d'elles s'incurvant en bas et en dehors, traverse la région scapulaire et vient se perdre en s'élalant derrière et au-dessous de chaque aisselle. Entre ces deux larges bandes latérales, on trouve trois autres lignes noires médianes, très étroites, serrées l'une contre l'autre et presque confondues sur la région occipitale, d'oîi elles descendent en divergeant légèrement jusqu'à la base du cou. A partir de ce point, la ligne impaire médiane se continue, plus ou moins distincte et un peu morcelée entre les deux épaules; elle reparaît, plus nette, ininterrompue, mais toujours étroite sur le quart antérieur du dos, puis brusquement s'élargit, et court ainsi le long de l'épine dorsale pour arriver, en se rétrécissant légèrement sur la croupe, jusqu'à l'anneau noir basilaire de la queue. Quant aux deux lignes latérales, elles se bifurquent deux fois, à des niveaux différents sur la région scapulaire, et se résolvent, de chaque côté d'une manière assez symétrique, en un faisceau de quatre bandes d'abord étroites, ininterrompues et divergentes, qui bientôt s'élargissent, prennent une direction parallèle, et courent le long des flancs jusque sur les hanches et la face externe des cuisses, en se morcelant en un grand nombre (1) de petites taches irrégulières parfois confluentes, surtout celles de la ligne interne supérieure qui côtoie immédiatement la bande spinale jusqu'à la naissance de la queue. Celle-ci bien développée est noire, coupée sur ses deux tiers proximaux de cinq anneaux blanc jaunâtre nettement dessinés, et de trois
(1) Sur l'une de ces lignes parallèles, je n'ai pas compté moins de dix^ huit taches, depuis Fépaule jusqu'au bord postérieur de la cuisse.
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ou quatre autres do plus en plus indislincts cl incomplets sur son tiers distal cpii csl presque entièrement noir à sa face supérieure. Le front, les joues et les cotés du cou sont brun gris jaunâtre; entre les yeux bordés de poils noirs, se trouve une bande longitudinale noire assez peu accusée qui vient se perdre dans la large plage de même couleur qui occupe le dessus elles cotésdumuseau. Au-dessous de l'angle anlérieur de l'œil, on remarque une large maculature d'un blanc jaunâtre vif, et au-dessus, une petile lâche sourcilière de même teinte, plus vaguement dessinée. De chaque côté du nez et en avant de la plage noire du museau, la lèvre supérieure est marquée d'une zone blanchâtre. Le menton, la gorge et le dessous du cou sont teintés de gris jaunâtre. Sur les côtés du cou sont disséminées quelques taches noires, punctiformes en avant, oblongues en arrière, qui deviennent plus rares sur le devant des épaules, et disparaissent vers le haut des bras. La poitrine et le ventre d'un jaune sombre, sont aussi finement mouchelés de noir. Enfin la plus grande portion distale des quaire membres est teintée de noir brunâtre sombre.
Comme le fait très justement remarquer Waterhouse, la Genetla poensis ressemble, à beaucoup d'égards, à la Genetta pard'ma (L Geoff.) (1). On trouve, en effet, dans la disposition des lignes noires de la nuque et des épaules, et dans la configuration de la bande noire spinale et des anneaux de ]a queue, de grandes analogies entre ces deux espèces. Ajoutons de plus, comme autre caractère commun, que les maculatures qui marquent les flancs chez la Genelle panthérine sont également disposées de chaque côté, suivant quatre séries longitudinales parallèles. Mais, outre la forme annulaire et non pleine que présentent ces taches, ce qui a valu son nom à la Genetta pardina^ leur nombre est beaucoup plus restreint, en raison même de leurs plus fortes dimensions, et celles des rangées supérieures avoisinant la bande spinale ne sont nullement confiuenles. D'aulre part,
(1) 1. Geoffroy Saint-Hilaire, Magas. de zoologie, 7« livraison, cl.I, pi. VIII, I8:J2.
la couleur des membres diffère, surtout aux pattes antérieures sur la face externe desquelles on observe, jusqu'à la naissance des doigts, un pelage gris jaunâtre clair parsemé de mouchetures noires.
Sans attribuer plus d'importance qu'il ne convient au plus ou moins d'intensité de la teinte jaune qui forme le fond de la robe, il y a lieu, je crois, dêlre plus réservé en ce qui concerne la forme, les dimensions et le mode de distribution des taches : ce sont là autant de particularités sujettes, il est vrai, à quelques variations de détail, mais dont le plan général d'ensemble présente assez de fixité pour être considéré comme caractère éminemment spécifique.
Etant donné l'état bien incertain et plus que provisoire dans lequel J. E. Gray (1) a laissé la classification des Genettes, j'ai cru devoir m'abstenir de toute synonymie pour les animaux de ce genre, et m'astroindre rigoureusement à la dénomination spécifique qui, d'après les descriptions, convenait le mieux aux individus que j'avais à examiner. J'espère de cette façon éviter tout malentendu, sans perdre l'occasion de fournir quelques documents précis qui puissent présenter une utilité, si minime qu'elle soit, au travail de revision qui s'impose pour le groupe si intéressant des Genettes.
Le spécimen type de la Genetta poensis provenait de Fernando-Po ; mais ce lieu d'habitat ne doit être admis que sons toute réserve, comme j'ai déjà eu l'occasion de le faire remarquer pour les Colobus Pennanli, Colobus satanas, Cercopilhecus erythrotis et Cercop'dhecus Martini, décrits par Waterhouse d'après des peaux plates le plus souvent mutilées, et très probablement importées dans cette île des côtes voisines du continent africain, oii toutes ces espèces ont été rencontrées depuis.
Le spécimen de G. poensis qui fait l'objet de cet article
(1) J. E. Gray, On the Vivcrridœ. {Proc. Zool. Soc. London, p. ol8, 1864.)
ANN. se. NAT. ZOOL. . Ill, 19
290 E. DE POUSARGUES.
mesure 56 cenlimètres de longueur pour la têle cl le corps et 46 pour la queue.