‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 6 sur 153 · COLOBUS ANGOLENSIS. (Sclat · texte numérisé non relu

COLOBUS ANGOLENSIS. (Sclat

Colobus angolensis. Sclater. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 24o, 1860.

— — Barboza du Bocage. Jorii. Se. natur. Lisboa, 2« série,

■> — — Sclater. Proc. Zool. Soc. London, p. 97, 1892.

— — De Pousargues. Ann. Se. nat., p. 267, 189b.

a. rf adulte. M. Thollon, 1890. Rive gauche du Congo, en face de Brazzaville.

Les deux espèces décrites, l'une par Sclater, sous le nom de C. angolensis, l'autre par Peters sous le nom de C.palliatus, sont-elles réellement identiques, comme la plupart des auteurs l'ont admis jusqu'ici; ou bien cette dernière espèce, propi^e à l'Afrique orientale, ne doit-elle pas être regardée comme une forme représentative mais distincte du type que

l'on rencontre dans le Sucl-Oueslafricain?G'est celle dernière hypothèse qui me parait la plus acceplahle, après le sérieux examen comparatif que j'ai pu faire du spécimen [a] de C. aïKjolensis de la rive gauche du Congo, que nous devons à M. Tliollon, et de quatre exemplaires de C. palliatiis de l'Afrique orientale, dont trois de provenance certaine, envoyés au xMuséum, l'un de Bagamoyo par les U.R. Pères de la Mission du Saint-Esprit, les deux autres par M. Gierra, du district d'Ousambara sur la rive nord du Pangani, On retrouve manifestement, chez ces quatre derniers individus, tous les caractères mentionnés et figurés par Pelers chez son C.paUiatiis. Le bandeau fronlal blanc est large et nettement tracé, et tous les poils de la tête sont couchés et dirigés d'avant en arrière. Sur le spécimen rapporté des bords du Congo, il n'existe pas la moindre trace de bandeau frontal blanc ; les poils noirs du dessus de la tète partent en rayonnant d'un tourbillon placé au milieu du vertex entrâtes oreilles ; ceux qui se dirigent en avant se prolongeut au delà des arcades orbitaires et leurs extrémités simulent des sourcils rigides et horizontaux. Quant aux poils qui se dirigent latéralement, leur orientation est perpendiculaire à celle des panaches temporaux blancs, qu'ils surplombent visiblement. Ces particularités donnent à ce Colobe une physionomie bien différente de celle des spécimens du Zanzibar; il y a là comme une calotte, qui, sauf la coloration, rnppelle un peu celle des Macaques bonnet-chinois. Aucun de ces caractères du pelage n'avait encore été signalé depuis la courte description forcément incomplète donnée par M. Sclater du spécimen type du C. angolensls mutilé de la face. Une autre différence aussi importante existe dans les longueurs respectives de la queue chez les deux espèces. Chez le spécimen de C. a ngoiensis qui nous occupe, la queue, mesurant 59 centimètres jusqu'à l'extrême pointe des poils blancs de la touffe terminale, est plus courte que la tête et le corps qui ensemble comptent 63 centimètres. Ces dimensions concordent bien avec celles que M. Sclater donne du type de l'espèce :

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corps el tête mutilée 24 pouces, soit 61 centimètres, et autant pour la queue. Celle-ci es! bien autrement développée chez les quatre spécimens de C. palltatus du Zanzibar que j'ai pu mesurer. L'un d'eux a 68 centimètres de longueur pour la tête et le corps, et sa queue incomplète compte néanmoins 80 centimètres. Les deux dépouilles provenant de rOusambara, parfaitement intactes, m'ont donné 59 et 61 centimètres pour la tête et le corps, 79 et 83 pour la queue. Enfin, le quatrième sujet de Bagamoyo mesure 63 centimètres pour la tête et le corps, et la queue, bien complète, n'a pas moins de 86 centimètres jusqu'à l'extrémité de la touffe blanche terminale, soit 27 centimètres de plus que celle de son congénère de même taille du Sud Ouest africain. A un pareil écart dans les dimensions relatives de la queue doit certainement correspondre une différence notable dans le nombre des vertèbres caudales, mais je n'ai pas pu m'assurer du fait sur ces dépouilles dépourvues de leurs squelettes. Si, d'autre part, les particularités que j'ai signalées pour l'orientation et les teintes des poils de la têle sont constantes chez le C. angolensis, on conviendra qu'il existe de sérieuses raisons en faveur de sa distinction d'avec le C. paUiatus. Tels sont les faits que je n'ai malheureusement pu observer que sur un seul individu, mais que j'ai déjà signalés à l'attention des zoologistes (1), car ils remettent en question le tracé des limites des aires d'habitat jusqu'ici confondues des deux Colobes noirs à panaches temporaux et scapulaires blancs. Vu le grand nombre de spécimens vivants de Colobus angolensis apportés par les caravanes venant de l'intérieur jusqu'à Cassange, sur la rive gauche du Coango, M. Barboza du Bocage conclut avec raison à l'existence de cette espèce dans le Mouata-Yamvo, et les immenses régions arrosées par le Kassai et ses nombreux affluents, dont ces animaux descendraient le cours pour atteindre la rive gauche du Congo,

(1) De Pousargues, ^ur quelques Singes appartenant aux genres Colobus et Cercopithecus [Ann. se. nat., p. 267, 1895).

ainsi que le prouve la capture faite par M. Thollon en face de Brazzaville.

Mais jusqu'où s'étend vers l'Est l'aire de distribution de cette espèce?

D'autre part, le C. pallïatus reste-t-il confiné dans cette portion de l'Afrique orientale qui borde la côte de Zanzibar ? A laquelle des deux espèces doit-on rapporter les individus signalés par M. Sclater dans le pays montagneux de Kondé à l'extrême pointe Nord du lac Nyassa? Ce sont là autant de questions, qui, vues sous ce nouveau jour, réclament une solution soit différente, soit confirmative de celle que l'on a admise jusqu'ici sans preuves bien fondées.

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