‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 5 sur 153 · COLOBUS GCEREZA. (Rupp · texte numérisé non relu

COLOBUS GCEREZA. (Rupp

Colobus gurreza. Rùppell. N. Wirbelthiere. Abyss., 1835-1840.

Guereza Iliipjwlli. Gray. Catal.,p. 19, 1870.

Colobus guereza. Schlegel. Sing. Mus. Pays-Bas, p. 2:j, 1876.

Guereza uccidentalis. De Uochcbriine. Faune de la Sénégambie ( Suppl. ),

Colobus guereza. 0. Thomas. Proc. Zool. Soc. Lond., p. 5, 1888.

a. (j' adulte. \

b. adulte. V M. de Brazza, 188o. Bassin supérieur de rOgôoué.

c. adulte. )

d. çf adulte. M. Brusseaux, 1890. Bords de rOgôoué.

!.■ ^ ''^îl"!,^^' ! M. Thollon, 1890. Bords la rivière Alima. f, Ç adulte. \ '

^ , 1, , M. Dybowski, 23 décembre 1891. Village de Benibé,pays des

j^ 9\ „ 1 if^" \ Banziris, rive droite de rOubangui au point extrême nord h. Q adulte, i , ' t . tvt .^ ^^

+ \ de son cours. Lat. N. o° 6 .

'• cf ^ peine parvenu à la moitié de sa croissance, mais possédant déjà la livrée de l'adulte. M. Dybowski. Mêmes date et localité que les précédents.

j. Ç adulte. M. Dybowski, décembre 1891. Makobou, au nord de Bembé.

[ M. Dybowski, décembre 1891. Dans la grande brousse, près k. Ç adulte. J de Yabauda. Lat. N. 6° 23', vers la limite des bassins du /. (^ adulte, j Congo et du Chari, plus quelques peaux plates provenant ( du pays des Ouaddas.

Cette magnifique série de Colobes guérézas démontre combien les individus de cette espèce sont abondants sur la rive droite du bas Congo et dans le bassin de l'Ogôoué. Leur pelage ne présente que très peu de variations ; chez la plupart, le manteau blanc est bien développé, le panache blanc terminal de la queue très touffu, varie comme dimensions entre le quart et le tiers de la longueur totale de la queue. Ces ornements sont donc loin d'acquérir un épanouissement comparable à celui que M. 0. Thomas (1) a signalé chez le C. guereza caudatus, variété locahsée sur les pentes du Kilima-Njaro. Tout au contraire, deux de ces exemplaires du

(1) 0. Thomas, Proc. Zool. Soc. Lond., p. 219, pi. XII, 1883.

ÉTUDE SUR LES MAxMMIFÈRES DU COiNGO FRANÇAIS. 145

Congo {a, e) se font remarquer par des parures plus modestes encore que chez les représentants ordinaires de l'espèce en Abyssinie et, sous ce rapport, répondent à la variété C. occidentalis (Rochbr.). Les poils blancs du camail sont très-clairsemés et de faible longueur même sur la croupe, la queue ne présente pour ainsi dire pas de touffe terminale; les poils qui garnissent son dernier quart prennent la teinte blanche habituelle, mais conservent la même longueur que les poils noirs des trois quarts proximaux. Sur quelques-uns de ces spécimens les mieux ornés, les poils noirs de la face externe des cuisses sont plus ou moins abondamment mêlés de poils blancs, comme chez le Colobus vellerosus (I. Geoff.).

La dispersion du Co/o^//.y(7w^r^s« sur le continent africain (1 ) offre un parfait parallélisme avec celle du Colobus angolensis. Ce dernier, comme nous le verrons, se rencontre dans la boucle du Congo, depuis rx\ngola jusqu'à la région des Lacs, et la limite Nord de son aire de répartition paraît être le fleuve du Congo. Quant au Colobus guereza, depuis sa découverte par Riippell en Abyssinie, il a été signalé dans le Massai, au voisinage et sur les flancs du Kihma-Njaro, par les voyageurs Thomson et Johnston ; dans le Niam-Niam par Schweinfurth et Emin-Pacha ; sur la rive droite de rOubangui et du bas Congo par tous nos explorateurs français et dans les possessions allemandes du Cameron (Matschie). Aucun représentant de ces beaux Colobes n'a été rencontré dans l'Angola, du moins, M. Barboza du Bocage n'en fait aucune mention dans sa faune mammalogique de ces régions ; le Congo serait donc la barrière Sud de la zone de dispersion du C. guercza et l'isolerait du C. angolensis.

Cette aire d'habitat correspond ta l'ensemble des aires partielles des trois variétés que quelques auteurs ont considérées comme spécifiquement distinctes; ce sont C. guereza ^^v.iypicus (Riipp.) cantonné dans l'Abyssinie, C. guereza

(1) Pour ce Golobe et les autres espèces du genre voir carte n° 2, p. l'O.

ANN. se. NAT. ZOOL. III, 10

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var. cdudatm (Thos.) spécial à la région du Kilimanjaro, et enfin le G. guereza var. occidentalis (Hoclibr.), qui se rencontre dans des stations intermédiaires aux deux précédentes, et se répand de là vers l'Ouest jusqu'au voisinage de l'Atlantique.

Ces prétendues espèces ont toutes un pelage fondamcnlal noir, orné de longs poils blancs formant des panaches et des touffes qui affectent rigoureusement les mêmes formes et les mômes positions. La seule dilVérence appréciable, mais d'imporlance minime, que l'on a admise comme spécifique réside dans le plus ou moins de développement des panaches pleuraux et de la touffe terminale de la queue, atteignant leur maximum de longueur chez le C. caudatus, leur minimum chez le C. occidentalis; le C. tf/picxs, sous ce rapport, étant intermédiaire entre ces deux extrêmes. Mais ce sont là des variétés locales, et non de véritables espèces; la diversité de ces livrées doit être interprétée plus largement et envisagée comme le résultat de l'adaptation d'un seul et même tvpe spécifique à des conditions d'existence variant avec le régime climatérique, la nature et la configuration du sol des différentes régions comprises dans son aîre d'habitat.

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