Anomaluri;s fraseri. (Watli
Anomahinis Fras^cri. Wati^rhouse. Proc. Zool. Soc. [.ondon, p. 124, 18'i2.
— Derbyunns. Gray. Ann. of luUiiral bist., X, p. 262, 184-2.
— squamicaiulatus. Scliiiiz. Mammalia, p. 118, 1844. Fraseri. Fraser. Zool. lypica. Te.\te et planche XXII, 1849.
— Deldeni. Du Chaiilu. Proc. Boston Soc. nat. liist., VII, p. 303,
— Fraseri. Alston. Proc. Zool. Soc. London, p. 88-9o, 1875.
— — lliiet. Nouv. Archives du Muséum, 2° série, t. VI, p. 281,
— chrysophœnus. A. Dubois. Bull. Soc. zool. France, t. XIII, p. 23,
— chrysophœnus. Barboza du Bocage. Journ. Se. malii. pliys. na-
tur. Lisboa. 2'^ série, n" 5, p. 1, 1890.
o Ç adulte. M. Marche, 28 décembre 1875. Samkitta-O^ôoué.
b. çf adulte. M. Dybowski, janvier 1892. Bangui.
c. 9 adulte. M. Lecomte, mai 1894. Bords du Quillou.
d. Q fœtus h terme (en alcool). M. Lecomte, mai 1894. Bords du Quillou.
Le spécimen (a) est le même dont M. Huet, dans son mémoire sur le genre Anomali/rifs, a déjà signalé les particularités de pelage dans les termes suivants :
u Chez cette femelle adulle, le dessus de la tète, à partir du bout du nez, est gris foncé; les lèvres, les côtés du nez, le tour des yeux, la base supérieure des oreilles, ainsi que les joues el la gorge sont bruns, mais la tache blanche de la base inférieure de l'oreille, n'exis(e pas cliez ce sujet : elle est cependani un peu iudiquée par quelques poils d'un
Ijriin grisAIre; le cou en dessus ainsi que le dos sont roux marron lerne, la porlion lombaire, les parachules, les membres antérieurs et posiérieurs sont plus sombres, la pointe des poils étant plus foncée ; la partie inférieure du corps est blanc gris bleuté; les avant-bras, ainsi que les parachutes et les jambes, sont garnis de poils bruns, clairsemés ; le tiers postérieur de la queue est brun, la portion terminale brun foncé se termine par un pinceau, les poils s'allongeant de plus en plus vers l'extrémité ; on compte 13 écailles gris jaunâtre ; les incisives sont colorées en rouge orange. »
Cette description s'applique exactement à l'individu mâle [b) chez lequel la tache claire sous-auriculaire est à peine indiquée, tandis qu'elle est au contraire des plus nettes sur le spécimen (c) et presque en continuité avec les teintes blanches légèrement lavées de jaune qui marquent la poitrine. Chez ce dernier individu, les teintes du dessus du corps, mieux délimitées et plus brillantes, rappellent celles que M. A. Dubois attribue à un sujet provenant de Landana, station très voisine du Quillou, et décrit par cet auteur sous le nom de A. chrysophœnKs. « La nuque et le dos sont d'un brun roux doré, les épaules blanchâtres ; le dessus des membres et la membrane alaire ainsi que le bas du dos sont bruns, mais les poils terminés de cendré. )> L'espèce A. chrysojihiemis ne diffère de l'Anomalure de Fraser que par l'extrême brièveté de la queue qui ne mesure que 1 1 centimètres, tandis que la longueur moyenne de cet appendice chez V Anomahinis Fraseri est de 30 centimètres. Mais les détails de coloration consignés par M. A. Dubois dans sa courte diagnose, sont presque textuellement et sans modification, ceux que les auteurs s'accordent à reconnaître chez VAnomaiiirits Fraseri. 11 est difficile, devant une ressemblance aussi frappante, de séparer spécifiquement ces deux formes, et les faibles dimensions de la queue du spécimen qui a servi de type au savant conservateur du Musée de Bruxelles, doivent, à mon avis, être considérées comme
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accidentelles et anormales, ou dues, peut-être, à quelque mulilalion.
Le spécimen [d) esl un fœlus femelle encore muni de son cordon ombilical terminé par un placenta discoïde. 11 mesure 27 centimètres de longueur totale, dont 1 1 pour la queue. Toute la face supérieure du corps est revêtue de poils très doux, d'un gris brunâtre, assez longs et abondants sur la lêle et les épaules, devenant de plus en plus courts et rares ù mesure qu'on se rapproche des parties postérieures du corps, pour disparaître à peu près complèlement de la croupe, de la portion inter-fémorale du parachule, des extrémités des membres et de la queue sauf sa pointe garnie d'un bouquet de long poils noirâtres. Sur le bord aniérieur du parachute immédiatement en arrière de la baguette cartilagineuse émanant de l'olécrâne, le pelage est déjà très fourni, mais il diffère par sa nature de celui du reste du corps, et consiste en longues soies, d'un noir profond sur leur plus grande étendue, roux à la pointe, très résistantes et en même temps très élastiques, et cpii doivent probablement jouer un rôle protecteur, et amortir les chocs par leur élasticité. A la face inférieure du corps, la poitrine, le ventre, la face interne des membres et la portion inter-fémorale du patagium sont complètement glabres. Sur les lobes latéraux du parachute on ne trouve que quelques poils roux très clairsemés. Le menton, la gorge, le dessous du cou jusqu'à la naissance des épaules, sont au contraire abondamment velus et d'un roux ardent. Le parachute est déjà bien développé et très ample ; j'ai pu sur ce jeune exemplaire, relever très exactement ses lignes d'attache. Les deux lobes antérieurs ou prébrachiaux naissent des côtés du cou, et suivent l'arête antérieure du bras et de l'avant-bras ; leur bord libre assez peu étendu rejoint en ligne droite la base interne du poignet, les mouvements d'extension du bras et de lavant-bras sont, de la sorte, assez étroitement bridés. Chacun des deux lobes latéraux du parachute prend son origine à la jjase externe du poignet, au même
niveau que le lobe prébrachial, et s'insère le long de la face postérieure de l'avant-bras et du bras. Il est soustendu, dans cette région, par un long stylet cartilagineux renfermé dans son épaisseur, et qui partant de l'olécrâne, se prolonge obliquement en avant et en dehors jusqu'au bord libre du parachute. De l'aisselle au pli de la cuisse, le lobe latéral prend son attache le long des flancs mais à un niveau assez élevé, car, chez le fœtus qui nous occupe, sa ligne d'insertion vers le milieu du tronc et sur sa face dorsale, n'est séparée de celle du côté opposé que par un intervalle de 16 millimètres. De la hanche, le parachute suit le bord supérieur de «la cuisse, mais ne larde pas h s'en écarter pour passer obliquement en dehors du genou qu'il laisse assez dégagé, puis revient longer l'arête antérieure de la jambe, et le côté interne du pied pour se terminer à la face supérieure du doigt interne. Dans sa plus grande largeur correspondant au milieu du tronc, chaque lobe latéral mesurait déjà 7 centimètres. La portion inter-fémorale du parachute prend naissance de chaque côté à la face externe de l'avant-dernière phalange du cinquième doigt postérieur. De là, sa ligne d'insertion passe sur la face supérieure du pied, puis file en dehors et au-dessus du talon qu'elle laisse complètement libre et revient ensuite longer l'arête postérieure de la jambe et de la cuisse, pour arriver sur le dessus de la base de la queue. Les connexions de cette portion du parachute avec l'appendice caudal ne sont pas directes, mais s'effectuent à l'aide d'une lame membrane verticale perpendiculaire au parachute. Cette lame, qui mesure à peu près 5 millimètres de hauteur maximum, s'insère, d'une part le long de la ligne médiane inférieure de la membrane inter-fémorale, d'autre partie long de l'arête supérieure de la queue depuis sa base jusqu'au niveau des dernières écailles sous-caudales, c'est-à-dire, pour le fœtus qui nous occupe, sur une longueur de 5 centimètres. La queue est donc plus dégagée et plus indépendante qu'on ne pourrait le croire au premier abord, et n'est nullement ren-
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fermée dans l'épaisseur du parachute, à la manière du slylet olécranien ; elle est libre sur la plus grande partie de son pourtour et n'est rattachée à la membrane inter-fémorale que par cette sorte de frein assez lâche qui frange son arête dorsale, et se prolonge même en arrière un peu au delà du bord postérieur du patagium. L'envergure totale de la membrane inter-fémorale compte 4 4 centimètres d'un pied à l'autre, en suivant son bord libre.
Les écailles sous-caudalesj au nombre de 14, assez peu consistantes encore, sont cependant déjà bien formées et relevées en soc à leur extrémité postérieure. De la base de chacune d'elles, immédiatement sous la pointe redressée de l'écaillé précédente, sortent deux soies raides et élastiques, dont la longueur égale celle des écailles.
Les tubercules palmaires et plantaires offrent la disposition décrite et figurée par Alston. Aux pattes antérieures on trouve cinq tubercules sous-articulaires des doigts, l'externe petit et arrondi, les autres plus forts et ovalaires, l'interne renforcé sur sa face interne d'une petite excroissance cornée, sessile, seul vestige du pouce. Dans la région moyenne de la paume il existe deux petits tubercules arrondis, l'un central, l'autre près du bord externe. En arrière de ceux-ci, on remarque deux larges tubercules obliques, très développés, l'externe atteignant presque, en avant, le tubercule moyen externe, et se fusionnant parfois avec lui, comme il y a lieu de le supposer d'après la figure du mémoire de Alston qui ne représente qu'un seul tubercule moyen, le central. Aux pattes postérieures, on retrouve une série transversale de tubercules sous-arliculaires des orteils, mais au nombre de 6, les deux extrêmes assez réduits et punctiformes, les quatre médians oblongs et à peu près égaux; puis, au milieu de la plante, un petit tubercule tout à fait central flanqué de chaque côté d'une large callosité sous-tarsienne qui s'étend depuis l'extrémité nue de la plante jusqu'à la base des tubercules sous-articulaires des orteils. Alston signale deux tubercules moyens plantaires;
il ost probable que sur certains sujets, comme le fœtus qui nous occupe, il y a fusion entre les tubercules médianexterne et postéro-externe, c'est-à-dire une modification inverse de celle que j'ai signalée plus haut pour les tubercules palmaires. Mais ce sont là des écarts de faible importance, qui ne dénaturent en rien le plan général tracé par Alston. En arrière des surfaces nues palmaires et plantaires, il existe une sorte de châtaigne ou pseudo-tubercule limité antérieuremeni par un repli de la peau, d'où s'écbappe un bouquet de longues soies élastiques, analogues à celles que j'ai signalées dans l'interstice basilaire des écailles sous-caudales. Cette particularité, peu appréciable chez l'adulte, principalement sur les spécimens desséchés au milieu du pelage qui couvre le dessous des régions carpiennes et tarsiennes, s'observe au contraire avec la plus grande netteté sur la peau encore glabre du fœtus (r). Un peu au-dessous de l'aisselle on constate déjà la présence de chaque coté de deux mamelles pectorales, très rapprochées l'une de l'autre.
Depuis sa découverte à Fernando-Po, VAnomalurus Fraseri a été rencontré sur toutes les côtes avoisinant cette île : à Libéria, sur les côtes de la Guinée supérieure, au Cameron, au Gabon et dans tout le Congo français. La limite orientale de son aire de dispersion est encore à fixer, et la station de Bangui {spécimen h) est jusqu'à présent le point extrême Est oi^i sa présence ait été signalée. Au Sud, VAnomalurus Fraseri ne dépasse pas le Congo; du resie, dit M. Barboza du Bocage, aucune des espèces connues de ce genre singulier de l'ordre des Rongeurs, n'a encore été aperçue sur la rive gauche de ce fleuve dans les possessions portugaises de l'Angola.
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