Anomalurus erythronotus. (A. M.-Edw
Anomaliirus erytliroKotns. A. Milne-Edwards. C. H. Acad. des sciences.
Paris, p. 771, d879.
— — — Le Naturaliste, I, p. 131, 1879.
— — J. Iluet. Noiiv. Arch. du Muséum, 2'' série, t. VI,
p. 28y, pi. IX et XXI, 1884.
a. df adulte. De Brazza, 1885. Congo français.
Ce spécimen présente sur le dessus du corps, les teintes brillantes du type de l'espèce rapporté du Gabon par Laglaize et décrit par M. A. IMilne-Edwards dans les termes suivants :
<( Cet Anomalure se rapproche par la taille de A. Fraseri, mais il est facile de l'en distinguer par ses caractères extérieurs. La tète porte en dessus, une large bande longitudinale d'une teinte qui rappelle celle de l'Ecureuil petit-gris; une bande noirâtre naissant en arrière des oreilles, entoure celle-ci;, et s'étend jusqu'au museau. Les conques auditives sont grandes et entièrement nues. Les joues sont d'un gris plus foncé que le front. La nuque et le dos sont d'une couleur châtain très vif et lustré, due à la teinte de l'extrémité seule du poil dont la base est ardoisée. Le manteau ainsi formé, est bordé sur les côtés et en arrière par une large zone d'un gris, noirâtre par places, qui occupe la face externe des pattes, les membranes latérales, et toute la région lombaire. Le lobe antérieur du parachute porte des poils foncés et très rudes, qui semblent jouer le rôle d'un revêtement protecteur. Les parties inférieures sont blanches; cette teinte se mélange de gris dans la région cervicale et sur la face interne des membres postérieurs. Les ongles sont robustes etenpartie cachés par de longs poils noirs qui s'implantent au-dessus d'eux. La queue est grise à sa base, noire dans le reste de son étendue; les écailles sous-caudales sont fortes et allongées. »
Les affinités de cette espèce avec V Anomalurus Fraseri'sowi indiscutables, et même très étroites. Chez cette dernière espèce, le manteau dorsal brun marron sombre tranche moins
vivement sur le fond noir fuligineux de la croupe et du palagium, mais il n'en existe pas moins une différence bien sensible entre les teintes de ces parties, différence énoncée d'ailleurs par Waterhouse en termes très explicites dans sa description du type de l'espèce : <( the fur on tJie iipper parts is sooty black, but, except'ing on tlie membranes ^ most of the hairs are ralher broadli/ tipped ivith yelloivish r us t col or ». Sous ce rapport, la ligure donnée par Fraser ne peut que donner une idée fausse de la véritable livrée typique de l'A. Fraseri, car elle n'indique aucune différence de coloralion entre le pelage du dos et celui du patagium, qui sont représentés comme uniformément teintés l'un et l'autre de brun roussâtre. La variété décrite sous le nom de A. chrysophœnus paraît êlre la forme intermédiaire qui permet de relier entre eux A. F?yjseri ei A. erythronotus. D'après la diagnose de M. A. Dubois, la nuque et le dos sont d'un brun roux doré, c'est-à-dire moins brillants que chez l'A. erythronotus^ mais plus vifs que chez l'A. Fraseri; d'autre part cbez l'A. chrysophœnu.s^ la croupe, le dessus des membres et la membrane alaire sont bruns comme chez l'A. Fraseri, mais les poils de ces parties, dit M. Dubois, sont terminés de cendré, ce qui constitue un acheminement vers les teintes grises marquées de taches noirâtres de la face supérieure du parachute et des membres de l'A. erythronotus.
D'un autre côté, la teinle brune uniforme du dessus du corps et du parachute chez les sujets figurés par Fraser, présente une concordance singulière avec celle que Peters attribue à son e?>^ece Anomahirus orienialis^ ei, abstraction faite de la teinte rouillée du pelage du dessous du corps chez cette dernière espèce, on pourrait croire avoir afîaire à un A. Fraseri, dont les teintes brun jaunâtre du dos auraient envahi la tête et la face supérieure du paracbute. Les atfinités de ces deux types ont du reste été affirmées récemment par M. 0. Thomas (1). Chez VAnomaiurus orientalis, il est
(1) 0. Thomas, Proc. Zool. Soc. London, p. 446, 1890.
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vrai, les dimensions de la queue (300 millimèires) comparées à celles du corps (215) l'emportent légèrement sur celles de l'A. Fraseri ; mais cette discordance ne saurait êlre considérée comme un obstacle sérieux à l'identification possible des deux espèces, si l'on lient compte de l'incomplète maturité du type de l'A. orientalis auquel se rapportent les mesures ci-dessus, circonstance qui peut intluer sur les proportions relatives des diverses parties du corps. Quant à la teinte de rouille delà poitrine et du ventre chezl'A. o?''tenla- I/s ou la retrouve, suivant Temminck (1), chez certains individus d'A. Fraseri dont le dessous du corps est « plus ou moins roussâtre »; et j'ai signalé plus haut un fœtus de celte môme espèce dont lepelage du dessousdu couétaitd'un roux ardent. Devant ces considérations, on est en droit de se demander s'il ne faut pas regarder Y Anomalurus Fraseri commeune cspèceéminemmcnt variable, revêlant, suivantles localités ou sous l'intluencede quelque autre agent modificateur, des Hvrées diverses dont les extrêmes seraient, d'une part la forme A. eri/lhronotus à double coloration si nette et si brillante, de l'autre le type A. onentalU aux teintes fondues et à livrée sombre et uniforme; et les intermédiaires, la variété A. chrysophxnus et V Anomahtrus Fraseri type. L'aire de répartition de l'espèce unique résultant de celte fusion s'étendrait à travers tout le continent africain, du Sénégal et des côtes de Guinée (A. Fraseri) à l'embouchure du Congo (A. chrysophxnus, A. erythronotiis)^ jusque dans la région des Grands Lacs, MtsNgurufA. orientalis). Malheureusement cette dernière espèce n'est encore basée que sur un nombre trop restreint d'individus (2), et dans l'état actuel de nos connaissances, il serait prématuré de tirer aucune conclusion définitive. Cette question ne pourra être trancliée, en
(1) Temminck, Esquit^. zool. Côtes de Guinée, p, 148, 18o3.
(2) Les seuls spécimens connus de VAnomdlwus orientalis sont : le type de l'espèce, de provenance incertaine, acheté par Fischer dans les rues de Zanzibar, et un second sujet tué à Tétat sauvage par Emin-Pacha à Monda, sur le versant oriental des monts Ngurii, limitant au Nord le bassin du Ouami, à eilviron 140 kilomètres de la côte de Zanzibar.
faveur deFiinilé ou de la pluralité spécifique, qu'à l'aide de colleclions plus impoiianles et de séries de sujets de différentes robes rassemblées sur divers points de la zone d'habitat que je viens de signaler.