‹ ude sur les mammifs du Congo fransChapitre 8 sur 153 · CoLOBCs Tholloni. (A. M.-Edw.) (Nov. spec · texte numérisé non relu

CoLOBCs Tholloni. (A. M.-Edw.) (Nov. spec

Colobus Thûlloni. A. Milne-Edwards. Rev. scient., 3^ sér., t. XII, p. 13, jiiil.

Piliocolobus TJiolloni. De Ilochebrune. Faune de la Sénégambie (Suppl.),

p. 110, pi. V, 1886-1887.

a. çf semi-adiilte. M. de Brazza. Congo, 188o (probablement rive gauche).

b. Ç adulte. M. Thollon. (Rive gauche du Congo, près Brazzaville, 1890.)

Le premier spécimen adressé au Muséum en 1885 par M. de Brazza, fui décrit succinlement par M. A. Milne-Edwards, qui dédia cette nouvelle espèce à M. Thollon, l'un des plus actifs collaborateurs de M. de Brazza. C'était la dépouille d'un jeune mâle parvenu à la j)ériode du cliangement de dentition. En 1890, une magnifique femelle complètement adulte nous fut rapportée directement par M. Thollon. Ce deuxième exemplaire, différanl du lype par le sexe et par Tàge, présente avec lui une ressemblance presque absolue pour la coloration du pelage. Cette heureuse circonslance venait confirmer de la manière la plus formelle, les vues de mon savant et vénéré maître M. A. Milne-Edwards, en affermissant la validité de la nouvelle espèce qu'il avait créée.

Le C. Tholloni prend place parmi les Colobes roux, mais se distingue facilement des espèces déjà connues de cette couleur.

Le jeune mâle [a) type de l'espèce, mesure l",!? de longueur totale, dont 59 centimètres, c'est-à-dire un peu plus de moitié, pour la queue. La tête est petite, le museau mince et assez proéminent. L'oreille bien développée, complètement nue et noire, émerge totalement du pelage court et couché du dessus de la tête. Les membres sont longs et grêles, et le moignon du pouce antérieur très peu saillant.

Toutes les parties supérieures du corps, le front, la nuque, les épaules, le dos, les flancs, la face externe et postérieure des membres, présentent une teinte générale d'un roux ardent. Cette couleur est légèrement renforcée de brun sur la nuque et les épaules ; cet aspect est dû à la double colora-

tion fauve à la base, brun marron sur le dernier tiers d'un grand nombre des poils qui couvrent ces parties. Sur les mains, à partir seulement de la région métacarpienne, et sur la moitié terminale de la queue, la couleur rouge brique s'assombrit également, et passe au brun marron vers leur extrémité distale. Aux membres postérieurs, les poils conservent leur teinte rousse jusque sur les plialanges ; à peine remarque-t-on une légère ombre brune sur la région métatarsienne. Le front est bordé en avant d'un étroit liséré de poils rigides, d'un noir profond qui tranche sur le fond roux du dessus de la tête. Ce bandeau part en divergeant de chaque côté de la racine du nez, dessine les arcades sourcilières, et se prolonge sur les tempes en s'élargissant un peu jusqu'à la base de l'oreille. Sur les joues, les côtés du cou, le devant des épaules et la portion inférieure des lianes, les poils sont d'une couleur roux orange qui passe graduellement au jaune blanchâtre sur le menton, la gorge, la poitrine, le ventre et la face interne des membres. Les favoris, d'un roux orangé, sont très-peu fournis et dirigés d'avant en arrière. La peau de la face est nue, de couleur brune; sur le bord des lèvres se trouvent quelques poils noirs irrégulièrement disséminés. Derrière l'oreille, tout à fait à découvert, et tranchant sur le fond roux du sommet de la tête, on remarque une large plage complètement glabre, de couleur blanc jaunâtre sur la peau sèche, et d'autant plus visible que les poils qui la bordent ne s'allongent pas en une aigrette circumauriculaire comme c'est le cas chez le C. Pcnnanti^ où ce même espace nu se trouve ainsi complètement masqué. Sur les parties inférieures, les poils sont très-clairsemés, principalement au menton, à la gorge, aux aisselles, à l'aine et sur la partie supérieure de la face interne des membres. Sur les parties supérieures du corps, le pelage est luisant, bien fourni, mais court et régulier. On ne trouve pas sur les épaules, le dos et les flancs, de ces longs poils formant camail ou manteau ; la queue, mince et cylindrique, manque également de touffe terminale. En fait d'ornements

lo2 E. I>F. POUilAnCilJES».

en panache on ne trouve, cliez le C. Tholloni, qu'une touffe anale formée par les poils qui garnissent le dessous et les côtés de la base de la queue. Ces poils prennent un grand développement, et atteignent 10 centimètres de longueur ; ceux qui ornent le dessous de la base de la queue sont roux sur toute leur longueur, mais la plupart des poils latéraux, roux dès la base, présentent ensuite, à partir de leur portion moyenne jusqu'à leur extrémité, une teinte brun noirâtre. L'ensemble de ces poils forme une sorte de houppe retombante dont l'aspect ne rappelle en rien celui des poils redressés et frisottants qui ornent les mêmes parties chez certains Cercopithèques, tels que le Grivet et le Callitriche. Pour avoir une idée exacte de la position et de la direction de ces poils, toute question de couleur étant écartée^ qu'on se figure un C. guereza dont les longs poils blancs du manteau auraient disparu, à l'exception de deux mèches au croupion, séparées par la racine de la queue.

Chez la femelle adulte (/;) on compte 61 centimètres de longueur pour la tête et le corps, et la même mesure pour la queue. Son pelage diffère à peine de celui du jeune mâle type. La teinte générale rousse du dessus du corps est un peu plus sombre, et la région métacarpienne plutôt fauve que brune. La teinte brun noirâtre est moins envahissante sur la queue et ne se distingue nettement qu'à partir de son dernier tiers. Au-dessus des yeux et de la racine du nez, les poils noirs du liséré frontal sont dressés et plus abondants; par contre, les mèches anales sont moins longues et moins fournies. Celte particularité est-elle une conséquence de l'usure de ces poils par le frottement dans la position assise, ou bien ne faut-il pas plutôt en conclure que cet ornement n'acquiert toute sa beauté et son développement que chez les mâles? Une dépouille de mâle adulte pourra seule nous fixer sur ce point.

Dimensions du corps en millimèlres :

cT

Longueur du corps et de la tète

— de la queue

— du pied (du talon à l'extrémité du médius). .

— de la main (du poignet à l'extrémité du mé-

dius)

Hauteur de l'oreille desséchée

Caractères crâniens. — Comme je l'ai signalé plus haut, l'exemplaire mâle type est loin d'avoir atteint son complet développement, ainsi qu'il ressort de l'examen de sa dentition. A la mâchoire supérieure, les incisives etles deux prémolaires de remplacement, et les deux premières molaires sontbien développées de chaque côté et en pleine activité fonctionnelle; mais les caninesde lait adhèrent encore solidement àla paroi alvéolaire externe, etleurs racines, incomplètement résorbées, sont pressées et refoulées en bas et en dehors sous la poussée de la canine de remplacement, dont la pointe vient raser le bord érodé de l'alvéole. La dernière molaire est déjà bien formée, mais encore profondément enfouie dans l'épaisseur du maxillaire très peu développé en arrière. A la mâchoire inférieure, la période du remplacement dentaire est moins avancée. Seules, de la seconde dentition, les incisives et les deux premières molaires de chaque côté fonctionnaient ; les canines et les prémolaires de remplacement sont encore recouvertes par les dents de lait correspondantes dont les racines et les bords alvéolaires sont en voie de résorption. Quant aux dernières molaires, elles sont au même stade qu'à la mâchoire supérieure. Vu l'âge peu avancé de ce spécimen, je crois inutile d'insister sur les autres particularités de la télé osseuse, qui ne peut fournir que des caractères de transition et de faible importance, et je passe de suite à l'examen du crâne de la femelle bien adulte.

Chez celle-ci, la portion encéphalique de la tête osseuse est assez courte et ramassée dans le sens antéro-postérieur, mais elle est haute, bien renflée et très globuleuse surtout

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dans ses parties pariétale et occipitale. La face est plus allongée et le museau plus proéminent que chez aucune autre espèce du genre. Cette particularité n'est qu'une conséquence de la longueur des os nasaux, du grand développement du diamètre vertical ou antéro-postérieur des orbites, qui égale le diamètre transversal, et de la forte saillie prénasale des intermaxillaires. Cet allongement et cette proclivité se remarquent d'autant plus que la face est assez étroite par le travers des orbites, et que le museau est mince et comme pincé.

Les canines sont peu développées tant en épaisseur qu'en longueur, comme chez la plupart des femelles du genre Colobe, aussi, la portion alvéolaire correspondante des maxillaires ne présente-t-elle pas ces renflements volumineux qui, chez les mâles à fortes canines, augmentent de beaucoup la largeur du museau. De plus, par suite du développement des intermaxillaires, les incisives sont implantées suivant une ligne courbe de très court rayon, ce qui allonge mais en même temps rétrécit beaucoup la voûte palatine en avant de la ligne d'implantation des canines. La voûte palatine est étroite, sa plus grande largeur est marquée par la ligne qui joindrait les milieux des deuxièmes molaires. De part et d'autre de celte ligne maximum, le palais va se rétrécissant graduellement de telle façon que la ligne dentaire figure exactement une ellipse allongée, incomplète en arrière. Chez la plupart des autres espèces de Colobes, les incisives sont implantées suivant une courbe de grand rayon, très surbaissée, devenant presque rectiligne chez les vieux individus, les canines sont plus puissantes, la largeur maximum de la voûte palatine se trouve suivant la ligne menée par les intervalles qui les séparent des incisives, et les lignes d'implantation des molaires sont très-peu convergentes en arrière. Par suite de ce mode de conformation, l'ensemble de la ligne dentaire simule presque un rectangle ouvert postérieurement.

Chez le C. Tholloni, la mâchoire inférieure est loin de

présenter la puissance qu'elle acquiert chez les autres Colobes, et sa forme est aussi bien difîérente. Le menton est Irès-fuyant, et la branche horizontale de la mandibule relativement faible et peu élevée. Quant à la branche montante, elle ne présente qu'une médiocre largeur et forme avec la branche horizontale un angle très-ouvert. Cette obliquité est telle, que, si l'on suppose une perpendiculaire abaissée du sommet de l'apophyse coronoïde sur le bord inférieur de la mandibule, celle perpendiculaire aboutit juste à l'angle de la mâchoire^ et forme avec le bord postérieur montant vers le condyle un angle de près de 35". Chez la plupart des autres Colobes, la branche montante de la mandibule est excessivement large et perpendiculaire à la branche horizontale. Le talon de la mâchoire est repoité bien plus en arrière, et la ligne menée perpendiculairement du sommet de l'apophyse coronoïde sur le bord inférieur de la mandibule est parallèle au bord postérieur montant vers le condyle.

Comme à la mâchoire supérieure, les canines inférieures chez le C. Tholloni 9 sont faibles, et les molaires manifestement convergentes en arrière. L'apophyse coronoïde est bien développée, sensiblement arquée de dedans en dehors, et séparée du condyle par une gorge profonde.

En résumé, les caractères crâniens les plus saillants du C. Thollonï sont : la grande sphéricilé de la porlion cérébrale; l'étroitesse, l'allongement et la proclivité de la face et du museau; la faible largeur de la voûte palatine; le peu de développement des canines ; la faiblesse relative et l'obliquité de la mandibule.

e. nE l>OU«AKGUES.

Mesures du crâne en millimètres :

adulte.

semi-idulle.

Longueur maximum du crâne (en ligne droite de lu crête occipitale à l'extrémité des prémaxillaires)

Longueur curviligne du bord postérieur du trou occipital à la suture naso-frontale

Longueur en ligne droite de la suture naso-frontale à l'extrémité des prémaxillaires

Longueur des os nasaux .

— du museau (du bord antérieur de Torbite à l'extrémité des prémaxillaires)

Diamètre orbitaire vertical ou antéro-postérieur

— — transversal

Largeur maximum du crâne aux arcades zygomatiqucs.

— — aux arcades orbitaires

Espace interorbitaire

Longueur de la face inférieure du crâne (du cond^le occipital à l'extrémité des prémaxillaires)

Longueur totale de la voûte palatine

Largeur du palais à l'extérieur des dernières molaires.

— — maximum à l'extérieur des deuxièmes

molaires

— — devant les canines

Longueur recliligne de la mandibule (du bord antérieur de la ''vmphyse au condvle^

Longueur rectiligne de la mandibule (du bord antérieur de la symphyse à rani,de de la mandibule)

Hauteur de la branche horizontale de la mandibule derrière la dernière molaire

Hauteur de l'apophyse coronoïde au-dessus du bord inférieur de la mandibule

Largeur maximum de la branche montante de la mandibule

Distance entre le bord postérieur de la dernière molaire et l'angle de la mandibule

Hauteur totale de la tète osseuse au-dessus de l'angle de la mâchoire inférieure

(1) Celte mesure est prise sur le bord externe de l al nière molaire encore enfoncée dans l'épaisseur de la m

(2) La largeur maximum du palais chez le jeune mâle premières molaires.

(3) Cette mesure est prise derrière la deuxième mola

(4) Cette dimension est prise du bord postérieur de dernière molaire non apparue.

véole de ichoire.

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l'alvéole

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Je ne puis malheureusement fixer d'une façon précise la provenance du jeune mâle type. Il n'en est pas de même du deuxième spécimen femelle que M. Thollon a capluré sur la rive gauche du Congo, en face de Brazzaville. D'après les renseignements très-précis que m'a fournis ce courageux explorateur qui depuis plus de dix ans parcourt nos possessions françaises du Congo, je puis affirmer que le C. Thollonï n'a jamais été rencontré sur la rive droite.

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