‹ Ulcre Gastrique et TuberculeuseChapitre 11 sur 37 · OBSERVATION II · texte numérisé non relu

OBSERVATION II

P,.. Jules, 41 ans.

Le malade entre salle A.-Bonnet (service du docteur Delore) le 30 octobre 1920 parce qu'il souffre de lestomac depuis trois ans. À

Personnellement à été bien portant pendant sa jeunesse, sauf cependant une pneumonie qui dura un mois environ et fut assez grave. À fait trois ans de service militaire sans maladie. Mobilisé pendant la guerre au 75° d'infanterie, fut blessé en décembre 1914 d'une plaie en séton de l'omoplate gauche par balle qui nécessita un séjour de six mois dans diverses formations hospitalières, mais ne s’accompagna pas de lésions pulmonaires au dire des billets d'hôpitaux du malade. Fut versé ensuite dans une usine. Pas de signes de syphilis.

Aucun antécédent héréditaire ou collatéral à signaler.

Marié depuis 14 ans. Pas d'enfant.

L'affection gastrique semble remonter à trois ans environ, et dès le début se manifeste par des douleurs abdominales survenant deux ou trois heures après le repas, et durant une heure environ, sans vomissements, mais accompagnée d'éructations très acides.

Il fit un premier séjour à l'Hôtel-Dieu dans le service de M. le Prof. Roque, en 1918, et y fut soigné par M. le Docteur Cade.

Le traitement médical qui lui fut appliqué améliora peu son état, et après un mois il rentre chez lui souffrant toujours. Depuis quatre ou cinq mois, les symptômes se sont aggravés. Les douleurs sont nettement localisées dans le creux épigastrique avec irradiations dorsales et abdominales, survenant assez régulièrement quatre ou einq heures après le repas et se lerminant presque toujours par un vomissement. Pas de constipation.

Il y à quatre mois, à la suite de « rhumes prolongés », le malade eut une hémoptysie assez abondante (un verre de sang) et un médecin consulté trouve une lésion du sommet gauche.

Depuis ce temps, le malade tousse et expectore des crachats muco-purulents.

LTÉE

Le malade a maigri considérablement, surtout ces derniers mois, et malgré son appétit conservé, ne peut s’alimenter à son désir.

L'examen abdominal est à peu près négatif. Pas de signes de sténôse. On trouve un point douloureux assez net au niveau de la petite courbure. L'examen des poumons montre des signes de tuberculose au sommet gauche : exagération de vibrations, matité, respiration soufflante, avec quelques râles humides. Malgré son état pulmonaire, on décide d'intervenir, suivant en cela la demande du malade pour qui les douleurs gastriques deviennent intolérables.

Intervention le 3 octobre 1920 (Docteur Delore). Laparotomie sus-ombilicale. On trouve un ulcus de la petite courbure adhérant au foie et au pancréas. L'estomac est très épaissi et congestionné (aspect constant chez le tuberculeux). Large gastro-entérostomie postérieuré transmésocolique à la suture à trois plans. Pas d'incident.

Suites opératoires. — D'abord normales les deux premiers jours. Le malade commence à s’alimenter et ne souffre plus. . Le 5, ascension thermique à 39°5. Le malade est dyspnéique, tousse et expectore abondamment. A l’auscultation, on trouve à gauche de la matité dans les deux tiers inférieurs, avec souffle intense aux deux temps.

Les signes se précisent le lendemain : souffle à caractère tubaire à la partie moyenne du poumon droit, entouré de râles ‘humides à timbre gargouillant. Crachats purulents abondants non teintés. Dyspnée. Un peu de cyanose. Pouls régulier et bien frappé à 90.

Le 16 octobre : Les signes physiques persistent sans grosse modification. La température qui s'était abaissée à 38°, remonte à 39°5 sans grandes oscillations. Une ponction exploratrice est négative, ce que vérifie l'examen radioscopique (Docteur Japiot).

Malgré cet état pulmonaire, le malade s’alimente abondamment (il mange plusieurs œufs par jour, des flans, des purées) et ne souffre plus du tout de l'estomac, son moral est excellent, et l’on est obligé d’insister pour modérer son alimentation et l'empêcher de se lever.

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Le 23 novembre : Les signes pulmonaires s'atténuent, mais la respiration reste soufflante avec de nombreux râles humides. Au sommet on constate les mêmes signes stéthoscopiques qu'avant l'intervention. Le malade se lève, s'alimente bien et engraisse manifestement. La température est encore subfébrile à 37°8-38°, avec même 38°2 certains soirs.

Le 3 décembre : Malgré les conseils, le malade veut rentrer chez lui se déclarant guéri et n'ayant plus souffert du tout de son estomac depuis l'intervention.

OBSERVATION Ill (Inédite)

G.. Joseph, 67 ans, salle Saint-Jean (docteur Cade).

Le malade entre le 3 septembre 1919, parce qu'il souffre de l'estomac.

Antécédents héréditaires: Rien à signaler.

Antécédents personnels: Fièvre typhoïde à 24 ans, compliquée de pneumonie et de bronchite. Deux enfants morts à 10 ans, l’un de la poitrine, l’autre aurait eu le carreau.

Depuis quinze ans, fréquentes hémoptysies, plusieurs fois par an.

Depuis ce temps, hyperacidité traitée par le bicarbonate de soude.

A l’entrée : Température, 38°2. $e plaint de souffrir intensément et presque continuellement.

Estomac tendu, douloureux à la palpation. Clapotage à jeun. Tension intermittente.

Aux poumons : respiration soufflante et moins forte ef quelques fins craquements secs au sommet gauche. Respiration emphysémateuse et sibilances dans le reste des poumons. Expectoration muco-purulente.

A la radio, obscurité du sommet gauche. Les deux poumons renferment des zones pommelées.

Meyer positif.

On intervient. Laparotomie sus-ombilicale. On trouve une adhérence du côté de la petite courbure. On fait une gastro.

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