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Tel était l'idéal de sa réforme ecclésiastique et civile. Telle était la pensée dominante de son patriotisme chrétien.
Ilse consacra à cette œuvre de rénovation patriotique avec d'autant plus d’ardeur et d’honnêteté que les résistances étaient plus fortes et plus délicates. Au commencement, pour tranquilliser sa famille inquiète, il publia (1522) son Sermon sur la Vierge, où, à côté du plus profond respect pour la mère de Jésus-Christ, la souveraineté rédemptrice du Sauveur est excellemment appréciée. En envoyant ce traité aux siens du Toggenbours, il laccompagna de cette lettre : «Tant que Dieu me le permettra, je m’acquitterai du travail qu’il m’a confié , sans craindre le monde ni ses tyrans superbes. Je sais tout ce qui peut m’arriver. Il n’est pas de danger, pas de malheur que je n’aie dès longtemps envisagé avec soin. Mes forces sont le néant même, et je sais la puissance de mes ennemis; mais je sais que je puis tout en Christ qui me fortifie. Si Je me taisais, un autre serait contraint de faire ce que Dieu fait maintenant par moi, et moi je serais puni de Dieu. Rejetez loin de vous, à mes chers frères, toute votre sollicitude. Si j'ai une crainte, moi, c’est d’avoir été plus doux et plus traitable que notre siècle ne le comporte. Quelle honte, dites-vous, ne rejaillira pas sur toute notre famille, si tu es ou brülé, ou mis à mort de quelque autre manière! O frères bien-aimés! l'Evangile tient du sang du Christ cette vertu étonnante, que
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les persécuteurs les plus violents, loin d’arrêter sa marche, ne font que la hâter. Ceux-là seuls sont de . vrais soldats du Christ, qui ne craignent pas de porter en leur corps les blessures de leur Maitre. Tous mes travaux n’ont d'autre but que de faire connaître aux hommes les trésors de bonheur que le Christ nous a acquis, afin que tous se réfugient vers le Père, par la mort de son Fils. Si cette doctrine vous offense, votre colère ne saurait m'’arrêter. Vous êtes mes frères, oui, mes propres frères, les fils de mon père, et le même sein nous a portés; mais si vous n’étiez pas mes frères en Christ et dans l’œuvre de la foi, alors ma douleur serait si véhémente que rien ne saurait l’égaler. Adieu. Je ne cesserai jamais d’être votre véritable frère, pourvu seulement que vous ne cessiez pas vous-mêmes d'être les frères de Jésus-Christ. » Frère de tous en Christ, par Christ, selon Christ, dans la famille agrandie des confédérés, Zwingli s’efforça de l’être toujours mieux en déployant à cette fin une fermeté, un désintéressement, une loyauté, un républicanisme incorruptibles.
Pour être moins étendue que celle de Luther ou celle de Calvin, l’œuvre réformatrice de Zwingli n’en est pas moins considérable comme humaniste, comme théologien et comme patriote. Si, dans le domaine de la pensée, le novateur zuricois n’a pas la logique impitoyable du dialecticien de Genève, il n’en à pas non plus la tyrannie. S'il n’a pas
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l’obstination du docteur de Wittemberg, il a pourtant quelque chose de sa ténacité. De l’un et de l’autre, il possède l'éducation antique, la passion du vrai, la ferveur religieuse. Plus qu'eux, il conserva sa sereine générosité et cette humilité toute chrétienne qui, au début (Archétélès, 69) ainsi qu’au terme de son activité publique, le portait à dire : « Quant à moi, Ô Jésus, tu sais que j'ai en horreur les troubles et les discussions ; tu m'as. entraîné malgré moi dans la lutte ; mais Je te supplie de faire triompher la vérité. Si je devais poser un autre fondement que toi, Seigneur, tu le démolirais. »
Chrétiens et républicains du XIXe siècle, pourrions-nous vouloir autrement notre civilisation ? A l'exemple d’Ulrich Zwingli, le réformateur suisse, dans le sentiment de tout ce que réclament de nous nos privilèges et nos devoirs de citoyens protestants évangéliques, fermement appuyés sur Dieu, regardant à Jésus, le chef et le consommateur de la foi, ne perdons pas de vue, ne séparons point, aimons l'Eglise et la nation, la religion et la culture, le christianisme et la vie sociale, l'Evangile et la patrie.
Lausanne.— Imp. Georges Bridel.
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* BW2366 .C72 Ulrich Zwingli, le reformateur suisse.
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