Par M. Germain Bapst. 1 vol. in-8o. Paris, Pion
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portraits ressemblants, de curieuses anecdotes et les souvenirs inédits d'un grand nombre de témoins oculaires.
Il n'est pas difficile de se représenter par la pensée l'image du champ de bataille. Sur une ligne d'une vingtaine de kilomètres, sur un terrain coupé de ravins et de bois, deux grandes armées face à face : l'une, l'armée allemande, presque toujours en mouvement, prenant presque partout l'offensive ; l'autre, l'armée française, immobilisée dans ses positions ou battant en retraite dans la direction de Metz.
Ainsi, par un revirement aussi brusque qu'inattendu, en a décidé le commandant en chef de l'armée du Rhin. Quelques heures auparavant, à la fin de la journée du J6, si les troupes françaises avaient été vigoureusement commandées, elles auraient pu remporter un succès éclatant. Elles avaient senti à ce momentlà que la victoire leur échappait, mais elles espéraient la ressaisir par un effort énergique^ et dans la soirée du 17 au 18 elles se couchaient pleines d'élan et de confiance dans le lendemain.
Grande fut la surprise, grand le décourage-
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'Mi'iit lorsque le maréchal Bazaine, à la stupéfarlion (le son état-major, decifla qu'on se rotinMait sous Metz. Celait exacleFntmt le contraire de ce (juil avait promis à l'empereur, de ce ({n'attendait de lui le ministre de la Guerre. 11 prétextait, pour abandonner la partie, la nécessité de se ravitailler dans la ville, en même temps que par une étrange contradiction il faisait monter de Metz sur Gravelotte quatre cent cinquante voitures et qu'il obtenait du ministère de la Guerre qu'on réunît sur la route qu'il devait suivre, de Longuyonà Verdun et à Sedan, d'énormes quantités de munitions et de vivres. Alors se présente une première cause de difficultés et d'embarras. Les voitures de l'intendance se croisent avec les troupes qui vont prendre possession de leurs postes. Il en résulte par moments un effroyable encombrement dont M. Germain Bapst nous retrace le tableau saisissant.
Dans ce vaste ensemble du champ de bataille le maréchal Canrobert avec le 6^ corps occupe à Vernéville une position à peu près centrale au milieu des lignes françaises. Mais il n'y reste pas longtemps, il s'y trouve trop en l'air et il
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demande Tautorisation d'en sortir pour s'installer sur les crêtes de Saint-Privat. Ce n'était pas l'avis du maréchal Bazaine, qui lui reprochait d'avoir quitté une bonne position pour un emplacement moins sûr. Canrobert répondait à à ce reproche que si son chef jug^eait meilleur de le retenir à Vernéville il suffisait de lui en donner l'ordre. L'esprit de discipline était en effet un des traits saillants du caractère de Canrobert.
Dans une armée où l'on commence à murmurer, à juger et àcritiquerles actes du commandant en chef^ le doyen des maréchaux de France considère comme un devoir de donner publiquement l'exemple du respect et de l'obéissance.
Pendant que nos g-énéraux s'immobilisaient dans leurs positions, et que même lorsqu'ils obtenaient un léger avantage, ils n'osaient le poursuivre dans la crainte de paraître tourner le dos à Metz qu'on leur désignait comme objectif, les Allemands prenaient énergiquement l'offensive, comme ils le faisaient du reste depuis le commencement de la campagne. Les ordres de l'état-major étaient formels : s'attacher aux pas de l'armée française. Si elle continue le mouvement en avant qu'elle a esquissé le premier jour, l'acculer à la frontière belge. Si elle se