‹ Ultima verbaChapitre 27 sur 32 · I.A UATAUJ.K DK SAINT-Plt I \AT · texte numérisé non relu

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retire sous Metz, l'y enfermer en la coupîint «le Tliionville et de toute communication avec; le dehors, en tout cas empocher la jonction possible entre l'armée qui se forme à Chcilons et l'armée de Bazaine.

En attendant, un ennemi aussi avisé, qui nous observe de près, n'a pas manqué de découvrir le point faible de la ligne que nous occupons en face de lui. iNous sommes très forts à notre g-auche où plusieurs corps d'armée sont rapprochés dans un espace restreint et se relient d'ailleurs aux forts de Metz. Mais notre extrême droite de Saint-Privat à Roncourt paraît avoir moins de consistance. C'est de ce côté que va se porter l'effort des Allemands par une triple manœuvre. Le feu d'une puissante artillerie couvrira de projectiles le village de Saint-Privat à l'assaut duquel sera lancée la garde prussienne, tandis que les Saxons, par un large mouvement tournant, essayeront de nous déborder à notre droite. En face de ces formidables préparatifs, quelle est la situation du 6® corps et du maréchal Canrobert? Aucun des corps d'armée n'offre moins de force de résistance. 11 est privé de ses

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états-majors, de la moitié de son artillerie, de ses troupes du génie et de ses services administratifs. Depuis l'avant-veille, il est sans vivres et presque sans munitions.

Représentons-nous tant de circonstances défavorables avant de juger la conduite du maréchal Canrobert. On ne peut lui reprocher que d'avoir compris un peu plus tard Timminence du danger. C'est la faute de l'indifférence de Bazaine qui ne répond à aucun de ses appels et qui, déjà résigné à la défaite, lui fait simplement dire de se retirer s'il est trop vivement attaqué.

Une fois le feu commencé, l'admirable soldat de Crimée et de Solférino se retrouve tout entier. Son calme au milieu des obus qui pleuvent autour de lui arrache des cris d'admiration à ses soldats. Les Allemands du reste lui rendent un hommage solennel en traçant le tableau de Saint-Privat, tel qu'il le leur abandonne.

(( Aussi loin que s'étendait la vue, écrit l'un d'eux, le terrain était couvert de morts et de nombreux groupes refluaient comme un torrent sur la grande route. De partout apparaissaient des isolés tout sanglants ou mutilés. Par terre, on voyait une quantité de cadavres, comme s'ils avaient été semés dans les champs. »

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Jusqu'h. la dernière iniiiulo, le maréchal voulait tenir. Aux instances pressantes que faisait auprès do lui son état-major, il répondait qu'un maréchal de France ne recule pas. Ce tut la dernière parole qu'il prononça dans la soirée.

Le souvenir de sa retraite lui restait profondément douloureux. Il en parlait avec tristesse comme de la plus mauvaise journée de sa vie militaire. Un jour cependant lui arriva une consolation inattendue. Après la campagne, M. Thiers en le recevant le félicitait de la belle conduite que lui et ses soldats avaient eue à Saint-Privat. (( — Hélas î bien inutile, monsieur le Président, répondit le marécbal. — Inutile, oh ! non, s'écria M. Thiers en se levant et en lui prenant les mains. Savez-vous que la ligne frontière acceptée par des arbitres des deux pays avait laissé Saint-Privat à la France ? Quand l'empereur d'Allemagne l'apprit : « C'est impossible ! « s'écria-t-il. Je veux posséder le sol où est « tombée ma garde. Je veux l'avoir pour y élever (( un tombeau à mes soldats. Je céderai en « échange un terrain double ou triple... celui (( que voudra la France. »

Si nous avons obtenu quelque chose de plus autour de Belfort, nous le devons par conséquent à la vaillance du maréchal qui, abandonné

de son chef, ne s'abandonna pas lui-même. ^

L'ouvrage de M. Germain Bapst établit les J

responsabilités et met chacun à sa vraie place \

devant l'impartiale Histoire. ^

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