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renée ;i lu joie dans les deux pays, (l.ilherine de Médieis, qui a tant contrihu»' à la loitune de ce lils prcleré, veut lui prépai'er un accueil Irionipliai dans riîtatoii elle l'envoie et elle entreprend la con(|uète des ambassadeurs polonais venus à l*aris [)our apporter la couronne. Klle leur ofl're aux Tuileries des tètes maji;-nin(jues, <'lle lait déliler devant eux dans des ballets allégoriques les plus belles personnes de son royaume, qui leprésentent les seize provinces de France, et l'emet à cbaque envoyé une plaque d'or oii sont gravés les attributs de cbaque province. La Pologne ne veut pas être en reste de magnificence. Le nouveau souverain est accueilli avec transports. Les plus grands seigneurs vont au-devant de lui dans les plus riches costumes. Le primat n'a pas dépensé pour cette chevauchée moins de dix mille ducats. L'or et l'argent ruissellent sur les vêtements de velours des deux cents cavaliers équipés par lui pour la circonstance.
Cette lune de miel ne dura que quelques mois. Habitué aux traditions d'une royauté absolue, le duc d'Anjou s'étonna du rôle un peu effacé qui lui était réservé dans une royauté élective. Il ne put s'accoutumer non plus à une certaine grossièreté de mœurs si différente des raffinements de la cour des Tuileries. Dès qu'il apprit que
son frère était mort, après l'avoir fait proclamer lui-môme roi de France, sa résolution fut bientôt prise. Une nuit, il sortit par une petite porte de son palais et s'enfuit à toute bride, en ralliant sur son passag'e quelques-uns des Français qui l'avaient accompagné en Pologne. Les Polonais coururent inutilement après lui. Il aima mieux se remettre entre les mains de l'empereur Maximilien, son ennemi, que rentrer dans son royaume. Échappé comme d'une prison, il éprouve une sorte de soulagement^ il se sent délivré d'un grand poids. Cette expression de contentement, Henri III la porta avec lui partout où il passa pour regagner la France. Tiepolo la saisit à Venise, qui fut une des stations du voyage, et la reproduisit dans une fresque magnifique que Mme Edouard André avait achetée en Italie et qui décore une des ailes de l'hôtel qu'elle a légué à l'Institut. Telle est pourtant la puissance de la vanité humaine que ce fugitif, qui a si cavalièrement abandonné ses sujets, se pare encore de son titre et se proclame à la fois roi de France et de Pologne. Avec des notions très vagues, il reste alors dans l'imagination populaire le souvenir d'un événement après tout honorable pour la France. « C'était un grand honneur pour nous et pour lui, dit Montluc,