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ANCIENS ET NOUVEAUX ARGUMENTS DU PROTECTIONNISME

Le mobile auquel obéissent les protectionnistes en se servant de leur influence pour faire établir des droits de douane, c’est l’intérêt ou ce qu’ils croient l'intérêt de leur industrie. Seulement, toute entrave K ta liberté des échanges ayanhpour effet de nuire à d’autres intérêts particuliers, ils éprouvent le besoin de démontrer que leur intérêt est conforme à la justice et à l'intérêt général de la nation. De là les arguments dont ils se servent pour le justifier.

Sans remonter au delà des premiers développements de ('industrie moderne, nous trouvons dans le système mercantile un argument qui a longtemps paru décisif, en faveur do la prohibition ou des droits d'importation des marchandises étrangères, c’est la oroyanee que les métaux précieux constituent seuls la richesse, d’oà il résulte qu’une nation ne s’enrichit qu’en important des métaux précieux en échange de ses marchandises et en

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détendant de les exporter. II est assez singulier que celte croyance ait pu naître à une époque où la richesse se composait presque exclusivement de biens immobiliers tels que les terres, les demeures seigneuriales, les esclaves ou les serfs attachés à la glèbe, et où les métaux précieux sous formé de monnaie n’étaient guère employés qu’à l’achat des objets d’armement et d’un petit nombre d’articles de luxe. Mais il ne faut pas oublier que l’industrie de la fabrication do la monnaie était entre les mains du détenteur du pouvoir royal et des principaux seigneurs, et que les bénéfices du seigneuriage qu’ils en tiraient était une branche des plus importantes de leurs revenus. Ils étaient donc intéressés à se procurer au meilleur marché possible la matière première de ’a monnaie et à augmenter ainsi le profit du seigneùriage. En conséquence, ils usaient de leur pouvoir souverain d'une part pour interdire l’emploi de monnaies étrangères, et défendre l’exportation des métaux précieux, d’une autre part pour en favoriser l’importation à l’exclusion des autres produits. Lo monopole de la fabrication de la monnaie ayant cessé aujourd'hui d’étre pour les gouvernements une source importante do revenus, on ne recherche plusguère les raisons des pratiques auxquelles ils avaient recours pour augmenter les profits de ce monopole, en sorte qu’une des causes originaires du protectionnisme est demeurée dans l’ombre.

La nécessité de la défense de l’Etat a continué, en

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