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ULTIMA VERRA

aussi longlemps quo le progrès diminua officacemenl, et d’une manière définitive les frais de] la production. Dans l'industrie cotonnière, par exemple, les frais et les prix diminuant des deux tiers, il en résulta l'apparition d’une nouvelle couche de consommateurs auparavant réduite è des étoffes rudes et incommodes léguées de père en fils. Les nouvelles étoffes fabriquées à la mécaniques élaient protégées contre les étoffes de l’Inde, produites è bon marché, et contre celles quo fournissait l’Angleterre, grâce aux inventions de Watt et d'Arkwrîght, La sortie d’Angleterre des machines était prohibée, sous des peines sévères. On ne pouvait s'en procurer que par contrebande s je l’ai constaté moi-même 4 l’époque où leur sortie était encore interdite, quoique la multiplication des machines e&t fait baisser te bénéfice de la fraude.

Mois il n’était pas question, en celle période, de pro- 1 téger les ouvriers ; on s’efforcait seulement de ravir 4 l'Angleterre ses industries plus en avance que celles du Continent. Autant la sortie des machines était durement réprimée, autant celle des ouvriers était libre, même désirée par les gouvernements étrangers qui accueillaient avec faveur les industriels et les ouvriers anglais lorsqu'ils apportaient des procédés plus économiques de travail. D'une enquête commencée en 1828,

4 propos de Ir répercussion du tarif de 1822 sur l’industrie du fer en France, il ressortait, outre l’aggrava-

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OUERRE DE TAHUS

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lion do frais de bÜ millions sur une production qui pouvait alors y 'être obtenue à aussi bon marché qu’en Angleterre (I) la constatation de ce fait extrêmement curieux : a que le nouveau capital engagé depuis 1822 dans la production du fer, avait servi principalement à salarier des ouvriers anglais. Cela s'explique aisément. La loi do 1822 accordant une prime considérable à la production du fer i la houille, la plupart des usines qui s'étaient établies depuis cette époque avaient adopté les procédés anglais; elles fabriquaient au coke ou à la houille, ou bien encore avec un mélange de combustible végétal et de combustible minéral, Mais pour pratiquer ees procédés à peu près inconnus en France, il fallait des travailleurs exercés. Les maîtres de forges en firent venir à grands frais d'Angleterre. Nous '-v .ns dans l’enquête (2) que les salaires des ouvriers anglais t> Haït) Histoire ou tarif 1 le! Fers, les Houilles, les CMales, par- O. os Molinabi. Guillaumin et Cie, éditeurs, Palis, 1847.

(2) Témoignage de M. Boignes, propriétaire des mines de Eourchambault !

D. — Entretenez-vous des ouvriers anglais 4 et dans quelle proportion !

R. — Nous entretenons aujourd'hui vingt ouvriers anglais, savoir: dix pudleurs, dix lamineurs ou machinistes. Nous en avons eu proportionnellement un plus granl nombre; ce nombre décroîtra encore, è mesure que les ouvriers français deviendront plus habites.

D. — Quelle est la différence des salaires pour les uns et les autres ?

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chés à nos forges étaient de moitié plus élevés quo ceux des ouvriers français. Ainsi, chose digne de remarque, la protection accordée à l’industrie du fer eut pour résultat de procurer de larges bénéfices aux travailleurs anglais

R. — Nous donnons: aux pudleurs anglais, t3 francs par 1.000 kilogrammes; aux pudleurs français, 9 franca: aux lamineurs anglais, 7 francs ; aux lamineurs français, B francs.

D. — La différence dans les résultats du travail compense-telle la différence du prix ?

R. — Ou! ; les ouvriers français, ayant moins d’habitude et de dextérité, nous font perdre, en consommation plus grande de combustible, et en plus grand déchet de fonte, au delà de ce que nous leur donnons de moins.

D. — Croyez-vous les ouvriers français propres à obtenir les mêmes qualités f

R. — Les ouvriers venus d’Angleterre, ayant été élevés dè3 l’enfance dan3 les forges, ont acquis, tn se jouant, une habitude qui leur profite. Quand les enfants d'ouvriers français auront la force de supporter le travail, ils seront aussi bons ouvriers que les Anglais ; mais ceux que nous avons appliqués à ces opérations avaient de 22 à 25 ans quand nous les avons pris. «

(Enquête, page 65.)

Témoignage de M. Wilson, administrateur des mines du Creusot.

D. — Quel nombre et quelle espèce d'ouvriers entretenezvous pour la fabrication du fer» quelle était la proportion des ouvriers anglais et des ouvriers français?

R. — 126 ouvriers, savoir: 28 pudleurs, 6 chauffeurs, 12 lamineurs et 80 servants. La première année de Rétablissement* à l’exception des simples manoeuvres, tous ces ouvriers étaient Anglais. La seconde année, nous avons commencé à employer des pudleurs français qui se sont assez bien formés. Dès 1827,

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que nos fabricants se disputaient, et, en même temps, d’accroître la misère de nos ouvriers, à qui les bras étrangers venaient faire concurrence. Et cependant, on avait voulu (on l’affirmait du moins) protéger le travail national. On avait, en vérité, bien réussi. Remarquons encore que les travailleurs, ainsi embauchés en Angleterre, ne fixaient point leur demeure dans le pays. Par ce fait même que leurs salaires étaient élevés, ils pouvaient réaliser, en quelques années, des économies considérables et aller vivre, dans L'aisance, parmi leurs

nous employions. moitié d'ouvriers français pour le pudlage, mais nous n’ayons jamais employé à Charenton des ouvriers français pour le. laminage. Les pudleurs anglais gagnaient 14 francs par 1,000 kilogrammes, et les pudleurs français 10 francs. Le pudleur anglais peut faire 800 kilogrammes dans Ea journée de 12 heures, le pudleur français en fait 700. Ainsi le pudleur anglais gagnait il fr. 20 par jour, et le pudleur français 7 francs. Le lamineur anglais était payé h raison de 10 francs par 1.000 kilogrammes de fer ; il en produisait 80.000 kilogrammes par semaine. 11 recevait ainsi 800 francs par semaine, sur quoi il avait h payer tous les frais de servants et d’aides ; j’estime qu’il lui restait pour son salaire environ 100 francs par semaine.

D. — E$t«ce quo le salaire des ouvriers français s'est élevé au taux des ouvriers anglais, ou le salaire des ouvriers anglais est-il descendu au taux des ouvriers français ?

R. — Il y a eu au contraire diminution sur le salairo des ouvriers français eux-mêmes \ et les uns et les autres ne gagnent plus que 8 francs pour le pudlage de 1.000 kilogrammes de 1er.

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compatriotes. On sait, au reste, que telle est la coutume dès ouvriers anglais que le système protecteur attire journellement sur le Continent, tantôt pour fabriquer le fer ou les machines, tan lit pour fabriquer le coton et le lin. Ils retournent chez eux, en emportant leur benne part des profits extraordipaires de ces industries, que nous nous faisons gloire d’ayoir ravies à V Angleterre. Sans doute, on n’aurait pas à se plaindre du concours de ces aventuriers du travail, s'ils venaient féconder des industries qui ne coûtassent rien au pays ; mais, nous le demandons, n’est-il pas absurde de créer des privilèges, des monopoles nationaux, dont les étrangers profilent? Pour que les lois dites protectrices du travail national cessassent d’être un non-sens, no faudrait-il pas qu’elles protégeassent le travailleur aussi bien que le produit, le capital? Y avait-il justice, par exempte, à protéger les capitaux et l’industrie de nos maîtres de forges contre les capitaux et l’industrie de leurs concurrents d’Angleterre, sans protéger en même temps le travail de nos ouvriers contre le travail des ouvriers anglais? Nous ne serions pas fâché de savoir quelle est, sur ce point, l’opinion des partisans de la protection (1)? »

(t) Les ouvriers américains ont parfaitement compris que l'on produit l'élévation des salaires non point en rarélient les produits, mais en raréflant les bras, Aussi la parti des natifs a-t-il demandé qu’un droit de 10 dollars (55 fr. 50) par télé, fût prélevé, b t'entvée, sur chaque émigrant européen.

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