‹ Ultima verba mon dernier ouvrageChapitre 29 sur 70 · LA CONCURRENCE LIMITÉS ET SES EFFETS · texte numérisé non relu

LA CONCURRENCE LIMITÉS ET SES EFFETS

s’efforcaient de décourager tes bureaux de placement des travailleurs, tandis qu’ils s'ingéniaient & étendre te placement de leurs produits et à en obtenir ainsi le taux le jllus rémunérateur. La situation a changé aux' dépens des industriels ; les lois sur les coalitions ont été abrogées et les ouvriers sont devenus libres de chercher partout le salaire le plus haut. Ils se sont alors efforcés d’obtenir la part totale des produits de l’industrie : on les voit maintenant tendre & la confiscation des entreprises industrielles et se fier, pour cela, à leur nombre. Pour en arriver & leurs fins, ils dédaignent même tout ce qui, d’autre façon, contribuerait é rendre leur sort meilleur. Les plus radicaux négligent tout ce qui pourrait améliorer leur existence, soit par une consommation plus économique du montant de leurs gains, soit par une élévation partielle de leur salaire. Employant encore d’autres moyens pour atteindre leur but, nous les voyons former des syndicats ou des unions pour obliger les patrons à n’oeouper que des syndiqués; ils vént même jusqu’à interdire la consommation des produits qui sont l’csùvre des non-syndiqués. Enfin, ils ont accaparé les bureaux de placement en mettant à l’index ceux qui voudraient placer des ouvriers nonsyndiqüês. En dernier lieu, üb prohibent les ouvriers de couleur, indiens ou chinois, et même ceux des outres pays fussent-ils blancs. On voit par là que le travail n'a point, comme le capital et les produits, une

UJ.TIMA VERRA

organisation qui élève le taux du montant de leur rétribution et qu’il est inférieur, sous ce rapport, au commerce des produits et du capital. 11 faudrait accroître les salaires de manière à procurer aux travailleurs un bénéfice régulier qui dépasse les frais d’entretien et de reproduction. Mais telle est la condition du travail et son infériorité vis-à-vis du capital, en dépit de l'importance du rôle qu’il joue dans la production, qulon recourt à la philanthropie en cas de baisse excessive du salaire, au lieu d’aviser à son déplacement utile, tel par exempte, que l’émigration temporaire que l'on commence à mettre en pratique en Italie et dans les pays surpeuplés.

Nous avons dit que les résultats de la production se partagent entre le capital et le travail. Les socialistes' les plus intransigeants déclarent qu’ils devraient aller tout entiers au travail et que le capital n’a droit à aucune rétribution. Les socialistes les plus modérés lui accordent une rémunération. Les hommes d’Ktat, M. Milierand entre autres, qui ont fait leur éducation parmi les socialistes, sont d’avis que les travailleurs ne participent en rien aux bénéfices de la production et ils pensent que les capitalistes devraient leur en accorder une pari, Cela prouve qu’ils ignorent en quoi consiste le salaire, faute probablement d’éducation éco-

’< LA CONCUMtEXCE LIMITÉE BT SES EFFETS UB

nomique. Tout entrepreneur pourvu d’un capilal ou de crédit qui organise une entreprise quelconque, agricole, industrielle ou artistique, doit d’abord engager les ouvriers , nécessaires à l'exécution de sès opérations ; il pourrait en partager avec eux lé montant et ainsi en obtenir le rendement le plus élevé. Mais le plus grand nombre des travailleurs ne possède point les ressources nécessaires pour attendre les résultats de la production, ou no peuvent pas en courir les risques. C'est pourquoi le salaire comprend d’abord la rétribution du travail et ensuito la déduction de l'avance faite aux ouvriers jusqu’à ce que le produit soit réalisé et de plus, la couverture des risques auxquels le producteur est exposé, de quelque étendue que soient ces risques, I,o capilal supporte non seulement les risques qui lui sont afférents, mais encore ceux qui concernent les ouvriers, et les salariés supportent le montant de cette déduction comme les obligataires supportant le montant de la rétribution des actions. N'en déplaise it M. Miilerand, les ouvriers n’ont auoun droit it la totalité de3 résultats de la production, car le capilal devrait supporter l'avance et les risques couverts par le travail, ce qui serait injuste et équivaudrait à une charité obligatoire. Voilà cependant le cadeau que M. Miilerand veut faire aux ouvriers aux dépens du capital.

Moltnarl^ 0

ULTIMA VEIIBA

Mais les doctrines économiques paraissent parfois k certains aussi douteuses que sont, à nos yeux, nuageuses les théories socialistes. N’avons-nous pas vu tout récemment un économiste, et non des moindres, abandonner les principes qu’il est chargé d’enseigner au point d'affirmer que les subvétttions et les primes sont nécessaires pour encourager l'accroissement de la principale branche de la population humaine dont il fait lui-mème partie, alors qu’il est d’avis que les subventions sont nuisibles à la marine marchande tout autant que les primes servant à encourager ta multiplication des vers & soie. Les principes ne sont point fautifs mais onpeut trouver erronés ceux qui les exposent.

En définitive, le socialisme n’est autre chose que la guerre au capital. Toutes les réformes dont les socialistes ont pris- l’initiative ont eu pour but de le dépouiller, soit par l'impét sur tes successions qui élève Jusqu'il 30 0/o la part de l'Etat dans les héritages, en attendant mieux, soit par des monopoles, ceux de l'alcool et des assurances, enlre autres, soit en allouant au travail, aux dépens du capital, des pensions et des sub-

Page 1