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LA CONCURRENCE LIMITÉE ET SES EFFETS

Supposons qu’aucuns nation ne soit entourée d'une muraille douanière, en un mot, que les douanes n’existent pas, quel sera le résultat? C’est que les hommes qui peuplent ces nations recevront Ie3 produits agricoles et autres au meilleur marché possible et que chacun des objets qui font partie de leur consommation sera ie fruit d'une moindre quantité de travail et d'effort. Et chaque fois qu'un progrès abaissera le prix des choses, la quantité du travail nécessaire pour les obtenir diminuera. Mais il n’en est point ainsi. Il n’est pas de contrée qui ne possède des douanes, tantôt pour augmenter ses revenus, tantôt pour ajouter à ceux des producteurs. Ces douanes sont mobiles, parfois on élève celles qui accroissent les revenus de l’Etat, parfois on les abaisse. Il en est de même pour les taxes qui exhaussent ou réduisent tes droits protecteurs sur certaines industries. On ne peut donc pas dire que les eon-

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sommateurs obtiennent les produits qu'ils utilisent eu meilleur marché possible puisqu'ilssont surchargés des impôts que perçoit l’Etat et de ceux.que s’attribuent les bénéficiaires de la protection. Mais les douanes ont un. autre inconvénient: elles renchérissent les articles protégés et par conséquent augmentent les prix des matières consommées dans l’intérieur aussi bien qu’au dehors. En sorte que les producteurs sont obligés d’abaisser leurs prix & l’étranger pour soutenir la concurrence des articles produits par les autres nations. Môme il arrive que les consommateurs indigènes paient plus cher les choses qu’ils consomment que leurs industriels ne peuvent les vendre à l’èlranger. De plus les gouvernements accordent des primes à ces articles et par là contraignent les acheteurs du pays à payer en sus l’impôt qui correspond à la prime d'exportation, De manière que les consommateurs indigènes sont taxés pour que les étrangers payent leurs produits à meilleur marché. Les douanes sont encore nuisibles dans leur mobilité parce que tantôt on les élève, tantôt on les abaisse pour des motifs qui n’ont rien d’économique. Aussi voit-on éclater des guerres économiques pour dés raisons politiques. Une partie des produits de la nation avec laquelle on est en querelle sont surélevés: il en résulte qu’une partie du capital et du travail deviennent inactifs. Comme la même déperdition existe pour les contrées qui ont déclaré la guerre; c’est

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et court des risques qui doivent être compensés par une rémunération qui constitue l’intérêt. Si cette rétribution est inférieure & la privation et aux risques, on cesse de l’employer ou de la prêter. Si elle est supérieure, le taux pourra d’exhausser d’autant plus que le capital est plus rare ou qu'on peut l’utiliser avec un plue gros profil. C’est ainsi qu’on explique que dans l'antiquité ou dans tes pays neufs on ait vu s’élever le taux de l'intérêt au-dessus du montant du capital. De nos Jours, la production des capitaux s’est multipliée. Ils dépassent actuellement le montant de ce qui est employé dans certains pays, tels que la France et l'Angleterre, et sont exportés au dehors. Toutefois, cette exportation est limitée. Si elle est libre à certains égards, les gouvernements l'empêchent k d'autres. Ils se bornent, par exemple, à autoriser des émissions d’eni- , prunts à certains gouvernements, tandis qu’ils tes favorisent k d'autres. On peut constater que la plus grande partie de ces emprunts est utilisée à augmenter les appareils de guerre, alors qu'il ne reste qu’une part plus ou moins réduite pouf les œuvres de production. Si l’on évaluait le montant du capital qui est employé par le gouvernement et par les gouvernements d’autrui, on devrait restreindre une part plus considérable de celle qui est employée chaque année ê la production indigène et à l’exportation des œuvres productives.

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La production est l'œuvre du capital et du travail, Nous venons de voir en quoi consiste le capital, voyons maintenant ce qu’est le travail.

L'employé ou l’ouvrier ne peut travailler qu'à la condition d’entretenir ses forces productrices. La production exige l'emploi de ces forces et le repos pendant une partie de la journée. En échange, il obtient une rétribution qualifiée ordinairement de salaire. Comme, d'ha hitude, il ne possède rien ou parfois seulement un faible appoint do capital, sa rémunération lui est avancée et assurée contre les risques. Telle est la situation. Si le salaire dépasse les frais de nourriture et d’entretien, il peut y pourvoir et se reproduire. Si son gain est Inférieur à ce qui est nécessaire à sa subsistance, il soulfre et finit par s'éteindre. Le capitaliste qui entreprend une industrie et qui a besoin d'ouvriers doit donc leur fournir un salaire qui dépasse plus ou moins leurs besoins, et ii est obligé do leur accorder une quantité plus ou moins forte des produits, si même il ne les partage point aveo eux. Notons cependant que la somme qu'il obtient doit dépasser le montant des frais qui sont afférents au capital, sinon 11 est obligé de renoncer à l'industrie, car il n’oblient pas un profil. La rétribution

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du travail est, de la sorte, bornée par celle qui est nécessaire au capital.

Sous l'ancien régime de la production, le travail était, à l'origine, approprié au possesseur du capital. Plus tard, il est devenu libre, & charge pour le travailleur de pourvoir lui-même h ses Irais d'existence et d'entretien. Le. capitalisté qui entreprend une industrie est intéressé à n’abandonner que la plus faible quantité des résultats de la production aux travailleurs, car sa part en est d'autant diminuée, tandis, au Contraire, que l’ouvrier s’efforce d'en retenir une somme plus élevée. Tel a été depuis le début la dissentiment qui a éclaté entre les capitalistes employant des ouvriers et les ouvriers eux-mémes. Cette ancienne leotique des employeurs est aujourd'hui celle des ouvriers. Lés en. trepreneurs plaçaient leurs industries au milieu d'une population ouvrière nombreuse et usaient d’abord de tous les moyens pour réduire le taux des salaires en raison du nombre des ouvriers qui avaient besoin de travail pour subvenir h leurs frais d'entretien, lis combinaient toujours leurs efforts’ afin d'èmpêoher les ouvriers d'aller chercher ailleurs du travail, en vue de prévenir, la hausse du salaire, ou bien ils interdisaient, sous de rigoureuses pénalités, aux ouvriers de s’associer pour exiger une plus forlé paye, et dans ce but, ils usaient de leur inlluenco auprès du gouvernement pour interdire les coalitions, Pour parvenir h cette fin, ils

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