LE PROBLÈME DE LA DÉPOPULATION
Ou ne connall qu’epproximativement le problème de la population dans l’enliquité. Lee peuples anciens ont presque tous disparu. On ne sait qu'à pou près l'hisloiré > inlime des Assyriens et mémo dos Grecs et des RomàinB les hommes d’èliles qui brillaient autrefois, philosophes ou guerriers, n'ont pas laissé de descendance. On ne peut dire si ces populations ont succombé dans des ■■■fi guerres oiviles ou étrangères. Elles ont été remplacées ■par d'autres peuples, tant Bourguignons,' Vandales,
Golhs, etc,, sortis de la Germanie, que Huns et Magyars provenant de l'Asie. Le passé nous montre ainsi : une succession de nations qui se sont communiqué les unes aux autres les bienfaits de la civilisation.
Aujourd'hui, le problème da la dépopulation se présenta un peu partout, mais' particulièrement en France, avec une grande acuité. On cherche tes moyens d'enrayer la décroissance de la natalité. G’esl ainsi que nous
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CLT! MA. VGRBÀ
voyons un médecin éminent et un économiste distingué s’efforcer de fixer certaines populations, tout au moins la population française qu’il serait dommage de voir disparaître et remplacer par d’autres races. Les procédés qu'ils.préconisent pour remédier à la diminution des naissances consistent en définitive, en un accroissement do l'impôt.
Actuellement, la population française est d'environ 39 millions. Ils voudraient la voir augmenter d’un million chaque année. Et pour atteindre ce but, on propose il profitant du goût des Français pour les fonctions publiques, de réserver absolument, toutes ces fonctions aux pères ou mères rte trois enfants (vivants). ou davantage > sans s’inquiéter s’ils sont. aptes ou non è' les remplir, puis d'allouer « une prime de 500 francs, payable en deux annuités, pour la naissance du troisième enfant vivant et de ok&qUe enfant au delk, par ménage de souohe française ; cela pourrait coûter au Trésor de 150 è 175 millions. »
Mais d’abord Ils no réfléchissent pas que le nombre d'hommes sortis de l'enfance et en voie de devenir valides se comptent par initiions pendant 10 et 15 années pendant lesquelles ils coûtent sans rapporter, La population serait appauvrie du montant de l’impèl évalué è 173 millions, Eli» devrsit réoupérer celte avance et on n’a jamais vu que l'augmentation do l'impôt enrichisse la nation.
.. V'le PnOBLiatE de la dépopulation
Et ce sérail un appauvrissement progressif, car même une somme cle 200 millions serait insuffisante pour compenser les frets d’instruction supérieure qu’exige la préparation aux professions libérales : médecin, avocat, ingénieur, eto., et même fonctionnaire. Le pays la regagnerait peut-être plus tard par une augmentation dé ses ressources mais celles-ci sont beaucoup plus limitées que Celles de l’Amérique ou de là Russie; le sous-sol de la France est peu abondant et il est douteux que son commerce puisse s’étendre d’une manière indéfinie. Sa population est donc forcément limitée et les remèdes proposés contre sa décroissance ne pourraient que l’accélérer.
A notre avis, le gouvernement est le plus parfait artisan de la dépopulation et nous croyons que t’injpât qu’il devrait établir, à moins d’être excessif, n’aurait aucune efficacité sur les rangs supérieurs de la population, Il en coûte de 28 à 30.000 francs, au moins, pour former les jeunes gens aux professions libérales. Assurément une partie de celte somme est gaspillée, l’enseignement supérieur étant généralement organisé dans des grandes villes telles que Paris où les distractions abondent, mais aussi les programmes d’études sont parfois arriérés ; on oblige de future avocats ou médecins àapprendre lé latin, voire le grec, et même la totalité de leur science, tandis qu’il leur suffirait souvent de connaître la pratiqua de leur art ou de la spécialité
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ÛLTIMA VEMIA
qu’ils auraient choisie. Le reste de la science' pourrait. Otre économiquement négligé,' et ainsi une partie de |a somme nécessitée pour leur instruction serait épargnée.
Mais' les frais de l’éducation imposée aux jeunes hommes réagit sur l’autre sexe en provoquant la haussé des dots compensatrices de ces avances et dé leur mise en œuvre (I), —Et oii voudrait, en sus, lui imposer la fatigue des maternitês rêpétéesl — On ne se rend pas , toujours compte des répercussions de la philanthropie de l’Etat et des lois qu’elle inspire.
Mais la philanthropied’Elat occasionne d’autres perles de population ; dans les classes inférieures eh abrégeant le temps où les parents peuvent user des services de leurs enfants : i° par l'obligation scolaire jusqu’à un âgé 'fixé ; 2" par la limitation de la durée du travail ; 3? par lo service militaire. L'instruction, aussi bien prirhairè que supérieure, est devenue d’autant, plus coûteuse qu’on à érigé, un peu partout, des palais scolaires; les inconvénients des lois Sur la durée du travail dés
(tj Qui n’auralt quelque preuve à donner de cette assertion ? Et combien sont nombreux les jeunes gens qui aimeraient S se montrer désintéressés en matière de mariage mais, élevés en vue de devenir un jour notoires, avoués, ou pourvus d’une charge quelconque, sont obligés dé prier les amis et connaisesnees de leur trouver ta femme dont la dot la leur procureront 1 Leur éducation ne les pousse-t-elle pas ainsi vers l'arrivisme t
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femmes ol des Durants sont bien connus et ont privé la classe ouvrière d'un appoint de ressources, qui lui était fort utile ; quant au service militaire» il est si impopu- . taire (1), particulièrement chez les paysans, que beaucoup se mutilent pour c'y soustraire.
Des primes de bOO francs ne peuvent avoir une influence quelconque que suc les éléments inférieurs dtj la’ population, les moins désirables, que leurs vices el leur imprévoyance ne portent que trop à se multiplier sans frein, assurés qu’ils sont de toujours s'entendre à exploiter la bienfaisance publique ou privée.
L'impôt qu’il faudrait établir devrait être excessivement élevé, nous l’avons déjà dit, pour compenser les pertesqn6 la pliilanllnopied'Ëtatoccasionne aux classes inférieures, sans parler du’ renchérissement, artificiel qu’il causerait aux classes supérieures. C'est pourquoi nous avons pu dire que le gouvernement est le principal artisan de la dépopulation. Et qu’il suffirait peut-être que le gouvernement n’abrégeàt pas, par des charges trop lourdes, la durée de l'existence normale du peuplo qui lui. est confié, pour remédier & la dépopu- . lation.
Le vrai moyen, c’est la diminution générale de t’im-
(1) D'après le rapport adressé par le ministre de la Querre eu Chef de l'Etat, le nombre des. insoumis qui, en 1907, ôtait de 4.905 fut, en 1903, de 11.782 i en 1909, le chiffre des réfractaires atteignit 17.253.
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ULTIJU VERRA
p6l, Mais celui-ci est regardé comme intangible (I). Cependant sa diminution' provoquerait l'augmentation de la population jusqu'à la limite marquée par le contingent des ressources du pays et par l'activité de ses habitants.
(t) Nj>a* ne mentionnone que pour mémoire l'abaissement des tarifs d$ douane.
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