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L’AUTOMOBILE EST-ELLE UNE IUCHESSE

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l'Automobile est-elle une richesse

L'automobile est-élle une richesse ? Il ne semble qu’on puisse ért douter. Cependant, comme toutes inventions, celle-ci n’est pas née, sàns causer des dommages immédiats à un certain nombre d’intéréts. De mémo que les chemins de fer, en remplaçant les diligences cl en enlevant leur clientèle aux aubergistes des grandes routes, les métiers mécaniques en se substituant aux métiers à la main, l'éclairage au gaz en mettant Aie vieille ferraille, les quinquets, les lanternes et les moUohettea, etc., etc., ont' été dommageables propriétaires, aux capitalistes et aux ouvriers des tries ainsi révolutionnées par le progrès, l’automobilisme ne s’est pas fait sa place dans le monde déranger des situations acquises. Un changement s’elt opéré dans les habitudes de la consommation, et la distribution dès dépenses des consommateurs. Ceux dont le revenu ne s'était pas augmenté depuis l’invention

l'automobilisme, ont dû en modifier la répartition. Après avoir reconnu, ii tort ou à raison, qu’une automobile leur serait plus utile ou leur procurerait plus d’agrément que d’autres articles de leur dépense ordinaire, ils ont consulté leur budget et se sont décidés à faire des économies compensatrices aux dépens de quelques-uns de leurs fournisseurs accoutumés, bijoutiers, orfèvres, antiquaires, marchands de tableaux, couturiers, elc, Ceux-ci n’ont pas manqué de jeter les hauls cris et do protester énergiquement contre tes félicitations officielles que tes ministres ont adressées aux inventeurs et aux fabricants d'automobiles, en déclarant qu’ils avaient ouvert une nouvelle source de richesse :

a Ce n’est point vrai, disent-iis, l'automobile n'est point une source nouvelle de richesses pour ie payai on s’illusionne; sa prospérité trompe; on ne voit qu’ello, mais on ne voit pas tes ruines qu’elle fait à ses côtés; sa prospérité est faite de ces ruines; ce que la France gagne d’un côté, elle le perd de l’autre, a Un curieux a voulu savoir si ces protestations étaient fondées, el il a interwievê, pour en avoir le cœur ne! un fabricant d’automobiles et trolB économistes. Nous laisserons de côté l’opinion de l’auiomobilisle, It qui ,on pourrait dire : « Vous êtes orfèvre, monsieur^Josse. » Mais les économistes qui ue sont pas orfèvres ont émis une opinion mo'i ns contestable. Aux yeux de M. Lèroy-

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