L’ACCAPAREMENT
Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France
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L’ACCAPAREMF.tST
Nous avons aujourd'hui, parmi nos ministres, trois socialistes avérés : MM. Briand, Millerand et Viviani. Ce sont des hommes intelligents. Leurs anciens discours ne devront pas tarder h les gêner. Us comprennent qu’entre les réalisations socialistes et les fonctions gouvernementales il y a une différence. A part M. Viviani, ils craignent de réformer, beaucoup plus que no le feraient les économistes qui, eux, ne sont pas gênés par leurs antécédents. Nous en avons un exemple récent : il y a bien' longtemps qu'il est question de supprimer la taxe du pain, pourtant M. Briand n'hésile-t-il pas ê la maintenir quoi qu’elle soit devenue de moins en moins conforme h la réalité des choses. On pouvait autrefois craindre une coalition des boulangers ; aujourd'hui, cette coalition ne serait plus possible grâce & la multiplication et & la rapidité des moyens de transport.
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Une coalition des boulangers attirerait maintenant la concurrence de quelques localités voisines. Nous en avons eu la preuve lorsqu'un socialiste ami des boulangers a fait prohiber le pain belge dans los départements frontières. La Chambre des Députés, dans son ardeur protectionniste, a confirmé cette prohibition.
Le public se plaint de « la vie chère » ; il part en guerre contre la spéculation et l'accaparement, en théorie, non en pratique t Car ne peut-on assimiler aux accaparements les trusts et les cartels qui, à la concurrence étrangère, opposent des tarifs douaniers prohibitifs et se débarrassent de la concurrence intérieure en ruinant ceux de leurs concurrents qui ne veulent pas se laisser englober dans leurs combinaisons. L’exemple des chemins de fer devenus, aux Etats-Unis, après élimination des petits possesseurs de lignes, une sorte de monopole entre les mains de quelques gros brasseurs d'affaires — ce qui ne les empêche pas de tenir la tête de la statistique des accidents — n’aura pas servi de leçon aux pays d'Europe qui avaient encore jusqu’ici laissé quelqu'e liberté à cette industrie, et l'on peut prévoir que l'Ouest, repris par l’Etat, continuera de multiplier les catastrophes juàqu'à ce que des services d’automobiles — et même d’aéroplanes I — entrent en concurrence pour transporter jusqu’à la mer les touristes peu soucieux de se faire écraser par les chemins de fer. Qu’il s’agisse de monopoles d’Etat ou de particuliers, la
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le de France