ACCAPAREMENT
preuve est faite que la concurrence est indispensable pour avoir raison do la routine et de l'inertio inhérentes à tout monopole.
te gouvernement s'attribue le plus qu’il peut de monopoles; il s'attaobe aussi à renforcer les lois qui asservissent la spéculation et tes accaparements, quoiqu'elles soient devenues de plus en plus inutiles. On conçoit que l'accaparement était possible lorsque les marchés étaient peu nombreux. Il suffisait qu’un spéculateur avisé et bjen pourvu do capitaux achetât aux cultivateurs les grainp que, pour le paiement de l’impét, ils étaient obligés de vendre, même en baisse, et profitât plus tard de la hausse pour les revendre. Mais quoique ces tentatives d'accaparement fussent souvent favorables aux consommateurs imprévoyants, c’était un genre de spéculation qui pouvait tourner mal pour le spéculateur, lorsque des grains provenant d'une autre source faisaient subitement baisser les prix. Cela me rappelle que Fourier était, avec juste raison, fort indigné parce qu'un accapareur, pour retarder l'abaissement des prix, avait fait jeter du blé & la mer; il ne se doutait pas que des navires apportant du blé d’Odessa étaient proches et rendaient ainsi cet acte abominable inutile. Plus récemment, les accapareurs de blé et de sucre ont subi de grosses pertes, la hausse des prix sur laquelle ils comptaient ayant attiré la concurrence sur laquelle ils ne comptaient pas.
L'LTIMA VÜItllA
En France même, les tentatives d’accaparement ont causé des désastres dont ont souffert tes consommateurs d’abord et les producteurs ensuite. Mais do celtes-ci on peut faire remonter la cause au proteclionnnisme : témoin le monopole de fait concédé à l’armement français, avec ce dangereux correctif de l’embauchage obligatoire des inscrits maritimes, dont tes producteurs algériens do primeurs n’ont pas eu moins à se plaindre que los consommateurs français, et les armateurs à maintes reprises. Les seuls moyens d’y remédier seraient do ne plus empêcher la navigation étrangère de faire le sprvico entre la France et l’Algérie et d’abolir ce régime suranné qu’est l’inscription maritime. Mais qui y songe à la Chanibre par ce temps de prohibitions et d'entraves aux libres transactions.
En dernier lieu, ce sont les syndicats ouvriers qui ont commis les pires tentatives d’accaparement. En 1903, ils ont obtenu de la Chambre la suppression de l’industrie du placement libre qui leur faisait concurrence. Iis se sont efforcés de placer les syndiqués et de faire renvoyer les non syndiqués ; même, au Havre, il y a quelques années, ils ont réussi à empêcher les patrons de se procurer à Péris, des ouvriers pour remplacer les grévistes — un fait récent, qui s'est passé dans cette ville, a prouvé que les travailleurs n’ont pas tort de se laisser effrayer par les menaces de ceux dont ils viendraient prendre la place désertée. Les syndicats
Source gallica.bnf.fr / Bib I iothèqi
de France
i'acoapahement
sont devenus beaucoup plus influent» mai» aussi très féroces ; ils ont imaginé la « chasse aux renards » pour la répression de laquelle le gouvernement a employé des mesures insuffisamment sévères. En Angleterre, on a dé recourir, contre les apaches, au « chat à neuf queues », ce ne serait pas inutile en France ; on pourrait même étendre son application à ceux qui n'hésitent pas è infliger à leurs semblables des supplices barbares pour les pupir de vouloir gagner leur pain quotidien et cçlui de leurs familles. Mais on a opposé, h son emploi, des arguments sentimentaux, on dit l’usage du fouet conlraire à la dignité humaine. N’est-il donc pas coniraire è la dignité do l'homme que l'on coupo la tête è ceux qui commettent des crimes analogues & ceux que des grévistes ont récemment commis au Havre où ils ont piétiné à mort un ouvrier qui voulait travailler malgré les grévistes.
Mais les radicaux et les socialistes comprennent de singulière façon la dignité humaine ! N’avons-nous pas vu, pendant son passage au pouvoir, SI. Clémences leur faire cadeau du ministère du travail, que les contribuables ne demandaient point, puis aller, en Argentine, affirmer, dans une série do conférences qu’une démocratie doit viser & la simplification du gouvernement au point de n’être plus qu’un simple conseil d’administration, sans paraître se douter de l'illogisme qu’il y a entre ses actes et ses paroles, puisqu’en France il
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Source gallica.bnf.fr / Bibliothèque nationale de France