‹ Ulysse, ou, Les porcs vengésChapitre 30 sur 40 · QUELQUES ÉPISODES DES COURSES · texte numérisé non relu

QUELQUES ÉPISODES DES COURSES

Les règlements hippiques qui déterminent les conditions exigées des candidats, hommes et chevaux, qui se présentent pour faire le tour du Champ-de- Mars sont très sévèrement exécutés.

Les jokeis doivent peser exactemet le même nombre de grammes ; ceux qu’on aurait su maigrir outre mesure sont obligés de garnir leurs poches d’un ou de plusieurs morceaux de plomb. — Il leur est défendu de lancer ce métal à la tête de ceux de leurs

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concurrens qui seraient en train de gagner de l’avantage sur eux.

Il est pareillement interdit aux jockeis d’essayer d’entraver la marche de leurs rivaux par aucun moyen et notamment en s’accrochant à la queue de leur cheval.

Cet événement a eu lieu en Angleterre en 1827? elle coupable, traduit devant le jury spécial d’Epsom, a été mis à pied pour trente ans : — il n’aura la permission de remonter à cheval qu’en 1857, mais peut être alors reconnaîtra-t-il qu’il est un peu vieux pour exercer la profession dejockei.

A Paris, une fois lancés, les jockeis qui ont entrepris de faire trois fois le tour du Champs-de- Mars ont la permission, pour charmer les ennuis du voyage, de siffler ou de chanter des airs d’opéra-coinique ; — il leur est formellement interdit de déclamer à haute voix des tirades de tragédie et surtout le récit de Théramène : — cela pourrait effrayer les chevaux, et des malheurs sont bien vite arrivés?

Il va sans dire que les jockeis ne doivent pas convenir qu’ils partageront entre eux le prix réservé au vainqueur : — cette associatiou fraternelle n’est pas tolérée au Champ-de-Mars.

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Ce n’est qu’à l’Hippodrome que les écuyères ont le droit de prendre cet arrangement à l’amiable : — mais comme là il ne s’agit que d’un bouquet, il est bien juste que chacune d’elles le reçoive à son tour.

Les Parisiens qui assistent aux courses ont aussi de graves devoirs à remplir : — on leur fait savoir à l’avance qu’ils ne doivent pas aller à ce spectacle pour s’amuser.

Toutes les personnes qui assistent à ces exercices équestres doivent garder l’immobilité la plus complète : — il est défendu d’encourager les chevaux de la voix ou du parapluie : — il est surtout défendu d’adresser aux cavaliers des citations latines. Avant qu’on n’eût établi ce sage règlement, les Parisiens qui avaient fait leurs études ne manquaient jamais de crier au jockei en faveur duquel ils faisaient des vœux : — Macte animo, Cj ener ose puer !

Ce mot d ’animo, mal interprété, donnait presque toujours lieu à des méprises fâcheuses, et il s’ensuivit même quelquefois des rixes qu’il n’était pas facile de calmer.

Le jockei français est susceptible, — c’est là son

moindre défaut.

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Une autre recommandation bien importante est faite aux Parisiens, c’est de n’amener jamais aucun chien pour assister aux courses du Champ-de-Mars ; — le chien est naturellement possédé de la plus noble émulation, il ne peut pas voir courir un quadrupède sans vouloir se mettre delà partie.

Le plus petit carlin français tient à prouver que ses

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jambes valent celles d’un cheval anglais pur sang. — Où l’amour-propre va t-il se nicher !

Un caniche mal tenu en lesse et qui pénètre dans l’intérieur du Champ-de-Mars peut entraîner après lui trente personnes, — donc, ee qu’il y a de mieux à faire, dans les années de courses , c’est de n’avoir de chien ni au Champ- dc-Mars ni chez soi.

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