LES PLAISIRS DU STEEPLE-CH ASE
Pendant tout le dix-huitième siècle il fut d’usage de ne faire courir les chevaux que sur le terrain le plus uni que l’on pouvait avoir à sa disposition. — La plaine d’Epsom, en Angleterre, fut meme longtemps réservée à l’usage spécial des quadrupèdes : — tout bipède qui était aperçu se promenant sur ce domaine des chevaux était pourchassé par des gardes spéciaux qui avaient pour mission de veiller pendant toute l’année à ce que les pieds de quelques paysans lourdauds ne vinssent faire de légers trous que l’on aurait considérés comme des fondrières.
Mais les Anglais, qui sont curieux d’émotions fortes et qui vont au besoin en chercher jusque dans le
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nœud coulant d’une corde, se lassèrent à la longue de ces courses plates dans lesquelles ils voyaient tout au plus trois ou quatre jockeis passer par dessus la tête de leurs chevaux; — encore la plupart du temps tombaient-ils légèrement en grenouilles, — puis ils se relevaient tranquillement en n’avant pour tout souc1 que d’épousseter les quelques grains de sable qui avaient pu s’attacher à leur casaque de satin.
Un amateur, ayant longtemps réfléchi au meilleur moyen à mettre en usage pour arriver à faire culbuter des chevaux et des hommes dans les postures les plus variées , se décida à essayer de mettre à la mode les stceple-chases , — toujours bien entendu sous l'ingénieux prétexte d’améliorer les chevaux.
Un Charles Dupin anglais a calculé, l’an dernier, que dans un steeplc-chase bien organisé un cheval a cent trente-trois manières de se casser les reins.
Le même savant est actuellement occupé à additionner le nombre des accidens qui sont réservés au cavalier, mais il ne pense pas avoir fini son travail avant huit ou dix mois : — il compte lire ce mémoire au commencement de 1853, dans une des séances publiques de la société royale de statistique de Londres.
fondrières, monticules, barrières, fosses, murailles, eaux stagnantes, haies vives, que sais-je encore?