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COMME QUOI LE BAL CHAMPÊTRE EST ESSENTIELLEMENT PARISIEN

L’empereur de Russie se procure tant qu'il veut des ténors italiens, des pianistes français, des violonistes suédois, des clarinettistes allemands; au besoin même, et s’il l’ordonnait sous peine de knout, il trouverait des Russes qui lui joueraient parfaitement des tragédies; mais malgré toute sa puissance, le czar n’est point encore parvenu à faire établir à Saint-Pétersbourg un bal champêtre à l'instar de France.

Et pourtant le plus grand désir de l’empereur Nicolas est de voir danser le cancan ; — Horace Vernet

Manière dont on danse au Raneia.l

LES BALS CHAMPETRES.

a bien essayé quelquefois de lui eu donner une idée, mais en réalité il ne savait danser que la Monaco.

Il est probable qu’un de ces jours le général Guédéonoff prendra sur lui d’engager à prix d’or tous les premiers sujets du Château-Rouge, puis il les fera partir en poste pour Saint-Pétersbourg en les faisant suivre par une vingtaine de fourgons renfermant les musiciens de l’orchestre; 4es jeux de billard, les chevaux de bois, le fauteuil à peser, la grosse tète de Turc sur laquelle on essaie la force du poignet, — enfin tout l’attirail obligé d’un bal champêtre.

La Belgique, ce pays de contrefaçon, a essayé d’imiter la fête d’Asnières, mais on ne parvient pas â faire comprendre aux danseurs qu’ils doivent danser, ne fut-ce que de temps en temps ; — ils s’obstinent à passer toute leur soirée à boire de la bière.

De grandes discussions se sont élevées nombre de fois sur le mérite des différents bals parisiens : — Mabille a de nombreux partisans et le Chàteau-d’ Asnières possède des amateurs idolâtres : — les commis en nouveautés ralfolent du Château-Bouge, elles étudiants trouvent qu’on ne danse véritablement bien qu’à la Closerie des Lilas.

Toutes les opinions sont également respectables et

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Un rafraîchissement entre deux contredanses.

nous serions désolés de contrarier un seul de nos lecteurs en assignant lin rang à ces divers établissemens. — Nous reconnaissons volontiers que le feu d’artifice d’Asnières a son prix, que les bosquets du Château-Rouge ne manquent pas de charme, que l’é-

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clairage étincelant de chezMabille est fait pour plaire et que les montagnes russes de la Grande-Chaumière ont bien leur agrément.

Un étranger qui séjourne dans la capitale doit aller

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un peu partout, c’est le meilleur moyen de s’instruire et de se former aux belles manières parisiennes.

Nous avons parlé des montagnes russes de la Grande- Chaumière, c’est tout ce qui nous reste des anciennes traditions des jardins publics de la restauration, — le Sorcier, qui était encore un des principaux attraits de

i Au Lai Malillè : rr quand darne un premier fujet,

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ces établissemens, a complètement disparu. — Les t lorettes de notre époque sont devenues sceptiques, elles n’ajoutent plus foi aux prédictions faites 1 par un personnage orné d’une grande robe, d’une grande barbe et d’un chapeau pointu, elles ne croient plus qu’aux somnambules, — ce qui est bien différent î Soyons philantrope, ne quittons pas les bals publics sans accorder un souvenir de gratitude aux infortunés musiciens qui, de six heures à minuit, ne

Le père Sou l'fle-T ou jours.

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peuvent pas une seule minute quitter leur instrument, — jugez de la fatigue lorsque cet instrument est un cornet à piston ou, pis que cela, un trombonne !

Et 1 on s étonné ensuite que ces musiciens aiment quelquefois à boire ! — Que celui qui n’a jamais été altéré leur jette la première pierre.

Le bal d’Asnières en lemps d orage.

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