‹ Ulysse: tragédie en cinq actes et en versChapitre 16 sur 88 · ACTE I · texte numérisé non relu

ACTE I

Eût noyé dans la mer de Crète Et ramante et le ravisseur 1 La jenne épouse abandonnée, Foulant sa robe d'hyménée , Ne pleurerait pas son mari; Et le vieillsffd, d'nn ceil inerte.

N'eût pas vu sa maison déserte , ■ Où son premier-né fut nourri !

ULYSSE, à Eomëa.

Ami , quel était donc ce riche et vaillant homme

Dont tu pleures la mort? dis^moi comme il se nomme ;

Car je Tai vu peut-être aux lieux où j*ai passé,

Et je pourrai te dire alors ce que je sai.

Tel que Ton croyait mort est plein de jours peutrétre ;

C'est quand on Ta pleuré qu'on le voit reparaître.

EUMÉE

vieillard, ne crois pas nous abuser. Souvent

Des voyageurs ont dit qu'Ulysse était vivant ;

Car tous les étrangers sont prodigues de fables ,

Pour être bien reçus et se rendre agréables.

Ma maîtresse écoulait leurs récits mensongers,

Puis de riches présents chargeait ces étrangers ;

Et peut-être veux-tu tromper aussi la veuve,

Pour troquer tes haillons contre une robe neuve.

Mais Ulysse est bien mort, et, privés d'un tombeau.

Ses restes ont servi de pâture au corbeau.

C'est un deuil pour tous ceux qui l'avaient pu connaître,

Et plus encor pour moi qui perds un si bon maître.

— Mais bois en paix. — Les morts ne peuvent revenir. —

Bois, et n'éveillons plus ce triste souvenir.

il ULYSSB.

ULTSSE.

Ami , quand tu devrais les prendre pour des fables, Je te dirai pourtant des choses véritables.

Je fais serment, et prends Jupiter à témoin Qu*Ulysse vit encore et même n'est pas loin.

Mouvement parmi les porchers qui se rapprochent d'Uljsse.

Je Tai vu de mes yeux au pays des Tbesprôtes ; — - Car la nef où j'étais échoua sur leurs côtes, Et je trouvai chez eux des liâtes oomplaisants Qui , m'ayant accueilli ^ me firent des présents.

— Or, Ulysse était là ; je le vis en personne. Il avait consulté Toracle de Dodone ,

Et préparait déjà, pour revenir chez lui.

Ses vaisseaux qui sans doute ont fait voile aujourd'hui.

— Tiens donc pour assuré, si le vent est propice, Qu'avant la fin du mois tu reverras Ulysse.

LE CHOEUR '

Écoute ce vieillard , Eumée. Il n'a pas l'air D'un menteur ; il a pris à témoin Jupiter.

Pour moi, je crois vraiment qu'il a vu notre mattre, Et je sens dans mon cœur l'espérance renaître.

EUMÉE

J'ai tant vu d'étrangers qui nous parlaient ainsi !

LE SERVITEUR

D'autres ont pu mentir et non pas celui-ci.

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