ACTE IL
Même, c'est singulier, en regardant de près, Je trouve un certain air dTlysse dans vos traits, Et lorsque vous parlez, illusion plus grande I Il semble que ce soit Ulysse que j'entende.
C'est que tous vos esprits de lui sont possédés ; Vous le voyez partout; partout vous l'entendez.
— J'étais bien plus âgé que le fils de Laërte ; Que ne suis-je pareil I je serais plus alerte.
PÉNÉLOPE
Oui , vous avez raison ; partout je crois le voir.
— Laissons cela ; songeons à vous bien recevoir.
A EurycUe.
Nourrice...
Oh ! j'ai besoin de bien peu ; je n'implore Qu'un abri dans un coin où j'attendrai l'aurore.
PÉNÉLOPE
Laissez faire, à mon gré. — Savez-vous, ô vieillard , Ce que me dit Ulysse, au moment du dépari?
Non.
PÉNÉLOPE
Il me dit, ayant mis sa main dans la mienne : Je ne sais si les Dieux voudront que je revienne ; Les Troyens sont , dit-on , adroits aux javelols, Et peu de nos guerriers repasseront Iqs flots.
— Toi , maintiens la maison dans un état prospère; Prends soin , plus que jamais, de Laèïte, mon père.
Et vous avez sans doute agi selon ses vœux?
Oh! oui; j*ai redoublé de soins affectueux.
(^'est une piété, reine, qui vous honore!
PÉNÉLOPE
Élève notre fils, ajouta-t-il encore; Fais en un vaillant chef...
Vous avez réussi.
PÉNÉLOPE
Et si des voyageurs se présentent ici ,
Songe à moi , qui serai loin de tout ce que j*aime ,
Et fais-leur bon accueil par égard pour moi-même.
— Vous voyez donc , vieillard , qu'en m'occupant de vous,
Je me montre fidèle au vœu de mon époux.
ULYSSE, à part , leTant les mains aa ciel.
Jupiter !
PÉNÉLOPE
D'ailleurs je me fais une fête De vous rendre les soins qu'il a reçus en Crête. ~ Écoutez : mieux encor ! Quand vouliez-vous partir?
Demain , vers l'aube.