‹ Ulysse: tragédie en cinq actes et en versChapitre 45 sur 88 · ACTE II · texte numérisé non relu

ACTE II

Et je le défendrai , moi , si quelqu'un Tattaque ; Mais pour vous délivrer de tout sujet d'ennui , Que ne consentez-vous à choisir un appui ?

PÉNÉLOPE, doucement.

Je ne repousse pas un second hyménée, Amphinome. Chacun subit sa destinée.

— J'envie une autre veuve : heureuse en ses douleurs, On lui laisse du moins la liberté des pleurs ;

Après avoir perdu l'époux qui 6t sa gloire,

Elle peut d'un long deuil honorer sa mémoire ;

Nul regard n'épira ses souvenirs secrets ;

Elle pourra dormir seule avec ses regrets.

M(H, traînée aux autels, comme on l'est au supplice,

Je dois voir un autre homme en la couche d'Ulysse ;

— Et pour accroître encor ma tristesse, je vois Que l'on met en oubli toutes, les vieilles lois. Quand ou veut épouser une femme , l'usage N'est pas de l'aborder avec un dur visage ;

Oh craint de lui tenir de trop rudes propos ; On ne consomme pas ses vins et ses troupeaux ; Mais, chacun d'un présent appuyant sa demande, C'est à qui peut lui faire une plus riche offrande.

ANTINOUS

Pénélope, c'est bien. Nous enverrons chez vous Toute sorte d'habits, d'urnes et de bijoux ; Et vous verrez alors, sage fille d'Icare, Qui de nous vous fera le cadeau le plus rare. Mais je le dis encor, -' c'est un point résolu : — Il faudra que demain cet hymen soit conclu.

Les prétendants sortent, après avoir salaé Pénélope.

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