ACTE II
PÉNÉLOPE
Je sais.
Il alignait souvent sur le terrain Douze anneaux suspendus à deâ piliers d'airain ; Puis sa flèche lancée , adresse peu commune ! Passait dans chaque bague et n'en touchait aucune.
PÉNÉLOPE
C'est vrai.
Présentez-vous aux prétendants demain , Grande reine, tenant l'arc d'Ulysse à la main, Et dites : « Prétendants , je vous ouvre la lice ; « Disputez-moi. Celui qui tendra l'arc d'Ulysse, a Et qui fera passer un trait bien décoché , a  travers douze anneaux, sans qu'aucun soit touché , « Celui-là deviendra mon mari; pour le suivre « Je quitterai ce toit où j'aurais voulu vivre. « Mais je ne puis sans honte , après Ulysse mort, a Choisir un autre époux moins adroit et moins fort.
PÉNÉLOPE
Et si l'un des rivaux sort vainqueur de l'épreuve 1
Ulysse auparavant reviendrait vers sa veuve.
Personne, m'a4-ildit, ne peut faire plier La corne de son arc à lui seul familier.
PÉNÉLOPE
Merci 1 la ruse est bonne et vient d'un esprit sage.
Surtout , ne manquez pas demaiiwd*en faire usage.
PÉNÉLOPE
Je n'y manquerai pas , mon cher hôte.
Cest bien.
Dormez en paix.
PÉNÉLOPE
J'ai fort goûté cet entrelien ; Si vous le prolongiez sur la même matière, Je vous écouterais pendant la nuit entière.
Mais demain , n'estpce pas, vous reviendrez causer? — C'est rheure de dormir ; allez vous reposer. Moi , je vais retrouver, de mes chagrius suivie , Mon lit baigné de pleurs , où la paix m'est ravie.
Puisse un songe riant charmer votre sommeil 1
Pënëlope sort. — Uljsse la regardant sortir.
Dors, chaste épouse, dors! jusqu'au joyeux réveil.