‹ Ulysse: tragédie en cinq actes et en versChapitre 49 sur 88 · Chanté · texte numérisé non relu

Chanté

\fariez-vous ; prenez un époux jeune et beau. Ulysse est mort. — On dit qu'on a vu son tombeau.

PÉNÉLOPE

N'importe! s'il est mort, je me garde à sa cendre.

Tout à l'heure pourtant vous sembliez vous rendre.

PÉNÉLOPE

C'était pour les tromper et pour gagner du temps ; Car j'évite avec soin des refus irritants.

Sans défense, et n'ayant d'autre arme que la ruse, Je feins de consentir, puis j'invente une excuse.

— Mais je suis résolue à ne jamais céder.

Noble femme! vraiment, j'aime à vous regarder. C'est beau de vous voir, faible , à vous même réduite, De cent chefs réunis éludant la poursuite.

Apaisant leur colère, amusant leur ardeur, Victorieuse enûn par la seule pudeur !

PÉNÉLOPE

Hélas ! je suis au bout de tous mes stratagèmes.

J'en trouve un que les Dieux me suggèrent eux-mêmes.

— Ulysse , — ce propos me revient aujourd'hui , — M'a parlé d'un grand arc qu'il a laissé chez lui , Lequel était si raide et difficile à tendre ,

Que nul autre que lui ne pouvait y prétendre.

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