Chanté
\fariez-vous ; prenez un époux jeune et beau. Ulysse est mort. — On dit qu'on a vu son tombeau.
PÉNÉLOPE
N'importe! s'il est mort, je me garde à sa cendre.
Tout à l'heure pourtant vous sembliez vous rendre.
PÉNÉLOPE
C'était pour les tromper et pour gagner du temps ; Car j'évite avec soin des refus irritants.
Sans défense, et n'ayant d'autre arme que la ruse, Je feins de consentir, puis j'invente une excuse.
— Mais je suis résolue à ne jamais céder.
Noble femme! vraiment, j'aime à vous regarder. C'est beau de vous voir, faible , à vous même réduite, De cent chefs réunis éludant la poursuite.
Apaisant leur colère, amusant leur ardeur, Victorieuse enûn par la seule pudeur !
PÉNÉLOPE
Hélas ! je suis au bout de tous mes stratagèmes.
J'en trouve un que les Dieux me suggèrent eux-mêmes.
— Ulysse , — ce propos me revient aujourd'hui , — M'a parlé d'un grand arc qu'il a laissé chez lui , Lequel était si raide et difficile à tendre ,
Que nul autre que lui ne pouvait y prétendre.