‹ Ulysse: tragédie en cinq actes et en versChapitre 62 sur 88 · SCÈNE IIÏ · texte numérisé non relu

SCÈNE IIÏ

Les Mêmes, PÉNÉLOPE, tenant rare d'Ulywe, et suiTie de ses femmes qui portent le carquois et les anneaux.

ANTINOUS

Pourquoi tient-elle un arc à la main?

AMPHINOME

Écoutons.

Vous qui siégez, mangeant nos bœufs et nos moutons, Buvant le vin d'Ulysse et poursuivant sa veuve, Prétendants, je vous viens proposer une épreuve. Je me suis décidée à choisir un époux, Pour que mon fils enfin soit délivré de vous; Mais lequel choisirai-je, et comment, à quel signe, Saurai-je distinguer lequel est le plus digne? Si je m'en rapportais à mes yeux, j'aurais peur

De juger faussement > car Taspect est trompeur.

Que faire donc? — Kh bien ! je vous ouvre la lice ;

Disputez-moi : celui qui tendra l'arc d'Ulysse,

Et qui fera passer un trait bien décoché)

Par douze anneaux d'airain , sans qu'aucun soit touché »

Celui-là deviendra mon mari ; pour le suivre

Je quitterai ce toit où j'aurais voulu vivre,

Ce toit qu'en mon exil je pleurerai souvent,

Et que je n'oublirai jamais , même en rêvant.

Elle regarde Ulysse, qui rencourage d'un signe^

— Il faut pour tendre l'arc, il faut pour viser juste, Être adroit comme Ulysse, et comme lui robuste; Mais je ne puis sans honte, après Ulysse mort. Choisir un autre époux moins adroit et moins fort.

AMPHINOME

Reine, nous acceptons l'épreuve proposée; Car le prix sera beau , si l'œuvre est malaisée.

Les prétendants se lèvent et se consultent.

TÉLÉHAQUE, Tenant vers Pénélope.

Ma mère, vous pouvez rester à mon foyer; Je suis loin de m'en plaindre et de vous renvoyer. Tous les honnêtes gens m'appelleraient impie , Si je renvoyais celle à qui je dois la vie.

Vous pouvez donc rester ici comme chez vous.

S'il vous plaît cependant de suivre un autre époux, Je ne puis m'opposer, ma mère , à votre idée , Car la saine raison vous a toujours guidée.

— Allez donc, prétendants, montrez votre vigueur. Le prix est de nature à vous donner du cœur;

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