‹ Un accident typique du skiChapitre 11 sur 15 · MECANISME · texte numérisé non relu

MECANISME

Il n’est pas sans intérêt d’essayer de comprendre le mécanisme de la fracture, car nous verrons qu’il est possible d’en déduire certaines notions pratiques susceptibles d’en diminuer les risques dans une certaine mesure.

Depuis la première description de ce type de fracture faite par Blauel en 1909, on a beaucoup discuté de son mécanisme de production, mais l’ac cerd »’a pu être encore fait, sauf cependant sur ce point indiscutable qu’elle est sous la dépendance directe de l’usage du bâton.

La première hypothèse, due à Blauel, reprise par Schlatter et d’autres, est la suivante :

Le skieur, en course rapide, serre avec la main le bâton près de son extrémité supérieure, maintenant la rondelle et la pointe inférieure soulevées

Long

au-dessus du plan de la neige. Dans ce geste, les métacarpiens sont bien fixés au carpe, non seulement par leurs liens anatomiques normaux, mais en outre par la courroie de cuir du bâton qui, dans une position moyenne, enveloppe le dos de la main au niveau même de l'articulation carpo-métacarpienne. D'autre part, les phalanges, fortement fléchies, avec leurs ligaments propres en tension, cons tituent un puissant bras de levier qui transforme en force de torsion (vu la direction oblique des métacarpiens par rapport au bâton) tout choc ou tout brusque mouvement qui vient à se produire et ne peut s’amortir par un mouvement de flexion et d’extension des articulations voisines.

Ainsi, que l’extrémité inférieure vienne à rencontrer un obstacle qui la retienne, pendant que le corps (et par suite la main et Fextrémité du bâlon) poursuit sa course, deux forces divergentes sont transmises au métacarpe. Il s'ensuit un mouvement de torsion avec comme conséquence la fracture spirale du I° métacarpien que suivra éventuellement celle du IT et ainsi de suite.

Deuxième hypothèse ralliant la majorité des auteurs -(Saar, Bernhard; Biedermann, Brenner, Hellauer, Vacchelli, Oller, Vergasser,- Spielberger, Steimmann, etc.) : À ;

Qi,

Le skieur tombe sur un terrain gelé ou débarrassé de neige et heurte le sol du dos de la main mise en avant pour protéger le visage sans avoir

eu le temps ni le moyen d'ouvrir les doigts et

d'abandonner le manche du bâton (fig. 6). Le corps suivant sa force de propulsion exerce une force de torsion qui explique ses effets avant tout sur les derniers métacarpiens, de là sur les autres.

Ces deux mécanismes sont, éroyons-Rous, de fréquence tres inégale.

Contre le premier on peut en effet arguer que si le choc du bâton dans la position décrite est, sans conteste, un phénomène fréquent, il doit rarement aboutir à la fracture, car la souplesse du bras et des mouvements de prosupination semble devoir amortir facilement le mouvement de torsion invoqué. D'autre part, ce mécanisme devrait logiquement aboutir à la fracture spirale du 1] métacarpien, suivie éventuellement de celle du IIF et ainsi de suite. Or, nous avons vu que la première place dans l’ordre de fréquence est tenue par le IVe métacarpien et non le IE.

Enfin, tout semble prouver que le traumatisme est secondaire à la chute, et non le traumatisme primitif et la chute provoquée .par la douleur, comme il faudrait le supposer.

Par contre, la seconde hypothèse se défend aussi selon nous par le fait que des fractures de luge ou de bobsleigh, tout à fait semblables à celles que nous venons de décrire, se voient spécialement chez le freineur, quand dans la chute il n’abandonne pas la poignée du frein où le montant de la luge, mais va heurter la neige glacée avec la main encore serrée autour de la tige de bois.

Si donc ce deuxième mécanisme semble devoir être de beaucoup le plus souvent invoqué, on doit, croyons-nous, les admettre tous deux. En faveur de cet éclectisme qui est aussi celui de Logroscino, plaide le fait que la spiroïde ne s’enroule pas toujours dans le même sens, ce qui serait en rapport précisément avec les deux mécanismes différents.

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