‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 119 sur 168 · Garât. De la Consp. d'Orléans · texte numérisé non relu

Garât. De la Consp. d'Orléans

tresse, M'"^ de Barniel-Beauvert, Avant le lO aciùt, il écrivit deux fois a La Fayette pour repousser Taceusation d'orléanisine. Après sa trahison, il donna les mêmes assurances à Fersen, dt^clara qu'il méprisait le duc d'Orléans, autant qu'il chérissait et estimait le duc de Chartres, « qui ne ressemblait en rien à son père ». Il s'efforçail dv faire valoir le jeune prince, de lui créer un rolc, attirant sur lui, aux dépens de Miranda, tout l'Jionneur de la bataille de Jemmapes. M^'' de Genlîs, accompag^née de M"® Adélaïde, était allée d'Ang^Icterre à Tournay, en passant par Paris, rejoindre son ancien élè>e. Elle se qualifiait d'« émigrantc jact>bine », écrivait h son mari de défendre obstinément la constitution et déclarait qu'on n'avait pas été trop loin, mais trop vite. Elu h la Convention, Sillery se fit en>oyer, après Valmy, on mission à l'aniiée où se trou>ait son j^endre, le général Valence. Ses amis girondins étaient ceux de Dunîouriez. A Tournay, celui-ci faisait rendre les honneurs militaires à M"'' d'Orléans. Un émissaire jacobin le trouva chez M'"" de Genlis, qu'il vit « sourire malignement ». Cette femme intrigante espérait-elJe rentrer h Paris, derrière l'armée, pour y voir couronner, peut-être sans tarder, celui qui l'appelait sa seconde mère ? C'est chez elle, que, le 2 avril, Dumouriez, après avoir levé l'étendard de la révolte, réunit ses officiers les plus dévoués. Une sous-gouvernante de M"'' d'Orléans, en arrivant de Tournay, déclara que M*"'' de Genlis avait conservé tout son ascendant sur le duc de Chartres, qui « chantait les vêpres du matin au soir », qu'elle lui peignait son père « sous les couleurs les plus affreuses » et qu'elle avait employé « jusqu'aux larmes » pour l'entraîner sur les pas de Dumou-

riez *. 11 est en tout cas certain qu'en arrivant à Paris, Dumouriez eût tout d'abord proclamé Louis XVII.

La nouvelle de sa trahison fut accueillie avec curiosité par le public, avec terreur par la Convention. Après sa fuite, cette terreur devint rage et les partis se ruèrent furieusement l'un sur Tautre. Le 6 avril, fut créé le comité de Salut public. Tout ce qui touchait aux traîtres de près ou de loin devint suspect. La Gironde et la Montagne se reprochaient Tune à l'autre Dumouriez et duc d'Orléans. La Montagne se hâta de se débarrasser de son prince. Le vide se fit instant<anément autour de lui. Camille Desmoulins, l'organe de Danton, Tancien commensal de Bellec"hasse,écri>it V Histoire des Brissotins^YvhiAXe sanjruinaire, où il appelait les vengeances populaires sur les tiirondins, partisans d'après lui de d'Orléans. Barère, le tuteur de Paméla, lui faisait écho et Marat demandait la mort d'Égalité. Le 4 avril, la Convention ordonna l'arrestation du prince ; le 8 avril, on décida de l'envoyer à Marseille pour y être incarcéré. Dans la circulaire, qui fut adressée par les Jacobins de Paris a leurs sociétés affiliées, étaient dénoncées les manœuvres de Comeyras, « l'imperturbable ami de Laclos^. » Le nom de Laclos était inséparable de celui de Philippe d'Orléans. Les opinions républicaines qu'il affichait depuis un an, ses récents services militaires n'avaient rien fait oublier de ses

1 . Lu trace de celle déposition existe toujours uux Archives de la police, mois le procès-verbal u disparu, comme presque tous les documents de nos archives publiques, qui touchent à la famille dOrléans. Les mémoires deBrissot, II, p. 330 nous en ont conservé le sens.

2. Aulard, Jacobins, IV p. 411. Comeyras, avocat du duc d'Orléans dan» l'affaire du 5 octobre, gérait à présent ses biens avec Merlin de Douai et Guillaume, tous deux conventionnels.

intrigues. Dès lo 31 mars, le Comité de Sûreti*' générale le décréta (rarrestation * avec une fournéf de prétendus orléanistes : les deux fils Egralité, Ja citoyenne Sillery, Valence, Lemaire, officier de Philippe-Egalité, Bonne-Carrère, Westermann, Gouy d'Arsy, d'Espagnac, etc..

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