A. G. Dossier d'Etienne de Laclos
(le la vieillesse, qui voit tout finir avec elle ! L'histoire et la vie ne cessent de courir comme un torrent tumultueux. Tout comme les recrues imberbes, ce vétéran blanchi est saisi dans l'engrenage napoléonien. Jusqu'à la mort, il faut marcher, il faut souffrir pour la gloire du maître; d'autres du moins seront à l'honneur, les vieux comme lui ne sont plus bons qu'à la peine. Le 31 octobre 1802, six mois après son retour d'Italie, il reçoit du ministre l'ordre suivant :
« Vous pîirtirez, citoyen général, aussitôt la récep- » tion de cette lettre pour vous rendre en poste à o Brest, où vous vous embarquerez sur l'escadre de » l'amiral Villaret-Joyeuse, pour prendre le comman- » dément de l'artillerie de l'armée de St-Domingue. »
On envoie là-bîis, sous le soleil tropical, contre les nègres insurgés, toutes les mauvaises têtes de l'armée, les soldats républicains de Moreau, les officiers frondeurs, les politiciens suspects, qui déjà portent ombrage à César. Les bureaux de l'artillerie ont désigné Laclos. Sans doute, celui-ci se démène; il fait agir Marmont, car deuxjours après, Gassendi annule Tordre donné et nomme à sa place le général Savon rnin ^
Quand le Comité d'artillerie a terminé ses travaux, Laclos, qui n'a pu obtenir une inspection ou un arrondissement, sollicite une place aux armées pour éviter la réforme, et le pays où on l'envoie ne \aut guère mieux que Saint-Domingue. La guerre menaçait de recommencer avec l'Angleterre. Bonaparte décida la formation d'un corps d'observation, qui se réunirait à Ancone, sousles ordres de Gouvion Saint-C)r, pour occuper le royaume de Xaples et