Garât. De la Conspiration d'Orléans
<léputés de l'arrondissement de Sarreguemines. Voici el est le plus connu ; avocat de son métier, ardent, brave et beau parleur, il était l'agent le plus actif et devint le président du Comité des recherches de r Assemblée, qui étendait sur toutes les administrations et les personnes des manœuvres inquisitoriales. Sillery en fit également partie. Voidel portait crânement répée avec une dragonne de colonel. On l'appelait « le grand inquisiteur de France », le « roturier » aristocrate », et il en tirait vanité. Il fut dénoncé sous la Convention comme « le plus chaud et le plus fidèle » des partisans d'Orléans », qu'il assista courageusement, comme avocat, jusqu'au pied de l'échafaud. Anthoine essaya après le 10 août, d'accord avec Voidel, de faire élire h Metz les ducs de Chartres et de Montpensier. C'était un orateur violent et fort en faveur aux Jacobins.
Le fameux légiste, Merlin de Douai, alors constituant, était chargé de l'administration des biens du duc d'Orléans. M™® Elliott le cite comme faisant partie de son entourage habituel. Laclos était étroitementassocié à Feydel, l'ancien rédacteur de VObsefvaleur, qu'un pamphlet qualifie de « confident de Victor Broglie »; î'ex-abbé Pampelonne, député du clergé deVilleneuve-sur-Berg,étaitleurami commun. Laclos était encore en rapports intimes avec Alquier, député de la Rochelle et Jacobin, et très lié politiquement avec Bonne-Carrère, intrigant très actif et trèssubtil comme lui-même, et membre de tous les comités de la Société desJacobins, où ilétait fort influent ^L'orléanismeétant une intrigue plutôt qu'un parti, comptait surtout par sa clientèle payée. Elle était nombreuse et secrète. Il est
1. La dachesse d'Abrantès, dans ses Mémoires, dit avoir vu beaucoup de lettres de Bonne-Carrère à Laclos.
infiniment vraisemblable que Danton, Manuel et Desmoulins en firent partie. Que penser de Marat, conseillant au peuple, le jour de la mort de Mirabeau, « de ne pas prostituer son cœur et de » garder ses larmes pour ses défenseurs intègres » tels que Lameth, d'Aiguillon, Laclos, d'Orléans, » Barnave, Dubois de Crancé^ » ? Que penser de CoUot d'Herbois, faisant représenter en décembre 1790 une pièce pleine d'allusions aux événements d'octobre, où le duc d'Orléans était comparé à Socrate ? L'auteur de la Correspondance cite encore Carra et Gorsas. Les nouveaux meneurs de la Révolution n'étaient pas moins rapaces que les courtisans de l'ancienne cour, et la Révolution payait ses hommes f conmie l'Ancien Régime. Laclos savait diriger la presse et organiser une émeute. Il avait exploré des bas-fonds qui demeurent inaccessibles à la postérité.
Dès son retour de Londres, et peut-être avant, il se fit recevoir meixibre de la Société des Amis de la Constitution, qui tenait ses séances dans la bibliothèque du Couvent des Jacobins, rue St-Honoré. Il est porté, ainsi que son frère, sur la liste du 21 décenibre 1790, mais, dès le 21 novembre, il était déjà membre du Comité de correspondance et rédigeait en titre le journal des Jacobins. Le célèbre club était devenu le centre de ralliement de l'armée révolutionnaire et se composait de son état-major. 11 excluait alors, par de fortes cotisations, l'élément populaire et comprenait surtout des bourgeois instruits et des nobles. On y voyait Cabanis, Lacépède, David, Carie Vernet, Marie-Joseph^ Chénier, Andrieux, Laharpe, Sedaine, Mercier à côté