‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 87 sur 168 · M"« de Genlis IV p. 94, — Ferrières, H, p · texte numérisé non relu

M"« de Genlis IV p. 94, — Ferrières, H, p

seule nous garantir de Tusurpation. « Grâces soient » rendues à ceux qui ont déterminé la fuite du » roi ». Us ont mis les pouvoirs à leur place et rendu à l'Assemblée tous ses droits de pouvoir constituant. Louis XVI n'était en somme, avant sa fuite, que roi désigné. Il faut d'abord achever la Constitution, conserver les ministres et suspendre l'exercice de la royauté. Il n'y a plus de roi pour le moment. Assurons provisoirement sa garde et réservons les mesures définitives.

Le lendemain, les Jacobins renouvelaient leur bureau. Bouche fut élu président (on sait que le président devait être député) ; Anthoine et Laclos secrétaires. Ces deux derniers choix étaient significatifs. Au début de la séance du 4 juillet, Laclos prit la parole, après la lecture du pix)cès-.verbal, pour annoncer, toujours ingénuenient, que le prote de M. Baudoin, imprimeur de l'Assemblée nationale, lui avait assuré que « si... l'Assemblée désirait faire » imprimer le décret sur la régence, cela lui serait » facile, vu que ce décret se trouvait dans les » débats de l'Assemblée nationale. » Le l*"" et le H juillet, il prononça deux importants discours et développa ses idées avec une logique et une assurance nouvelles. Depuis le jour où les députés des bailliages se sont constitués en Assemblée nationale, il n'a pas dû exister de Roi ; s'il a existé, il a abdiqué ; s'il n'a pas abdiqué, il est déchu. L'absence du Roi nous livre au despotisme des ministres ; il y a désormais douze despotes au lieu d'un. « Il faut w nommer un régent ». On en profitera j)0ur modifier la Constitution, réduire la liste civile, donner au peuple seul, c'est-à-dire à ses représentants, le droit de convoquer la garde nationale et de nommer aux emplois militaires, où menace de se perpétuer

une « noblesse réelle ». Pourquoi craindre les nations étrangères ? Méprisantes du droit qui seul nous préoccupe, elles nous auraient déjà attaqués si elles l'avaient cru utile. Grâce à la confiscation des biens du clergé, la France peut faire la guerre pendant trois ou quatre ans sur ses capitaux; l'étranger n'a que ses revenus « et tout le monde sait que » maintenant à la guerre, l'avantage est toujours h » celui a qui il reste le dernier écu. » Il n'y a donc aucun ménagement à garder envers Louis XVI, qui est déchu, u Qui est-ce qui doit être Roi ? La » Constitution nous le dit: c'est le Dauphin. »

Régnier, Anthoine, Carra et beaucoup d'autres Jacobins appuyaient avec force l'opinion de Laclos. Danton parlait de nommer « un séquestre à la royauté » vacante ». Jl fit voter l'impression d'un discours de Real, qui proposait « un garde à la royauté », que les départements nommeraient, si le prince de Conti suivait le duc d'Orléans dans son refus. Or, comme le remarque M. Aulard *, le duc d'Orléans avait déclaré renoncer à ses droits éventuels à la régence et non pas à une fonction comme celle de « garde à la royauté ». La motion de Real, approuvée par Danton, pouvait tourner au profit du duc. En somme, l'idée d'une déchéance de Louis XVI et d'une régence avec Louis XVII plaisait aux Jacobins ; elle donnait à la Constitution une assiette définitive ; certains y voyaient un acheminement à la république. Les Cordeliers, par un revirement qu'on ne peut attribuer qu'à Danton, renonçaient maintenant à la république ; Brissot dira plus tard qu'ils se confédéraient alors contre elle ; ils adoptaient les idées d'un grand nombre des Jacobins.

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