‹ Un acteur caché du drame révolutionnaire, le général Choderlos de Laclos, auteur des Liaisons dangereuses, 1741-1803, d'après des documents inéditsChapitre 90 sur 168 · Rrissot. Mémoires, IV, p · texte numérisé non relu

Rrissot. Mémoires, IV, p

C'était la capsule orléaniste dans le fusil républicain.

Sa ruse accomplie, Laclos, dans son imprimerie, s'occupait déjà de lancer à travers la France, avec les deux pages d'un autre, ses cinq mots à lui. Evitant de se compromettre, lui déjà si compromettant, il avait joué de la vanité de Brissot, comme, au 5 octobre, de celle de La Fayette, lui laissant tout le risque et se réservant le profit. Cet ambitieux impassible et raffiné allait donc éprouver cette jouissance vraiment riire : les flots populaires soulevés et endigués; une Assemblée toute entière en désarroi ; un trône abattu ; un pouvoir nouveau, bientôt peutêtre une dynastie nouvelle, instaurés; Tamant de M™" de Buflbn immortalisé; tout cela par un petit jeu de sa plume experte.

Au même instant, M""" de Genlis dépêchait son mari à la municipalité pour dénoncer à Bailly le complot de son rival. Bailly prévint aussitôt La Fayette. « M. de Sillery, Monsieur, sort de chez » moi. Il m'informe qu'un très grand nombre de » personnes se sont portées hier soir aux Jacobins » et y ont annoncé le projet d'un grand rassemble- » ment au Champ de la Fédération, pour y signer une » pétition qu'ils doivent porter en force à l'Assem- » blée nationale. Je vous prie, Monsieur, de vous » mettre en état de les recevoir avec des forces » suffisantes *. » La Fayette fit garnir de troupes et d'artillerie tous les abords de l'Assemblée. La pétition, modifiée par Laclos, avait été adoptée aux Jacobins par les bandes du Palais-Royal, auxquelles se mêlaient des membres de la Société. Ceux-ci, par un prudent souci de légalité, firent aviser le Procu-

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