‹ Un admirable inconnuChapitre 1 sur 21 · PREFACE · texte numérisé non relu

PREFACE

Ce modeste travail n'a point la prétention d'être un livre qui mette en avant quelques idées fortes et neuves, ou qui jette un peu de lumière sur quelques points obscurs de l'histoire. Il ?ie cherche donc pas la grande publicité philosophique et littéraire. On a cru pourtant qu'il pouvait paraître au jour, pour" la raison très bonne qu'il pouvait faire du bien. En ce tetnps où les travaux historiques prennent vraiment beaucoup de place et font revivre beaucoup de personnages mauvais ou médiocres, pourquoi laisser dans l'oryibre certains hom7nes dont la valeur et la vertu méritent de n'être pas ignorées ? Nous avons eu le bonheur de rencontrer l'un de ces hommes et de 9nettre la main sur de pi'écieux documents qui permettent de constater sa graride valeur et sa grande vertu. L'homme n'était pas absolument ignorée car le P. Etienne de Carheil est cité dans les annales du Canada. Les documents n'étaient pas ensevelis dans la poussière d'une bibliothèque ou d'un grenier, car ils étaient gardés avec un soin jaloux dans le salon d'honneur d'un château de B)'etagne ; mais, pour être bien connus et vénérés de la noble famille qui les possède^ ils n'en restaient pas moins incormus^ et nous avons le droit de les regarder comme une heureuse trouvaille.

En septembt^e 1886, ayant à prêcher la consécra-

p. de Charleooix n'est pas une exagération. Les documents nous font défaut pour que la preuve soit éclatante. Néanmoins nous croyons que^ dans les letli^cs de la Guichardaye, dans les quelques lettres ou fragments des Relations, notre missionnaire apparaîtra comme un homme d'un grand talent et d'xme vertu singulière.

Dans une première partie nous racontons, d'après nos documents, la vie du P. Etienne, ou du moins les événements de cette vie que nous avons pu découvrir. Il nous semble que ce récit ne manque point d'intérêt. Dans une secoïide partie, nous donnons les documents, non comme des pièces justificatives que l'on puisse contrôler ou négliger, mais comme des preuves éloquentes qu'il faut lire. Les écrits des Saints et des Missionnaires n'offrent pas de lettres plus édifiantes. On nous pardonnera, si notre récit manque d'am^pleur : malgré toiUes nos recherches, il nous a été impossible de trouver des matériaux plus riches, et, d'autre part, nous n'avons pas cru devoir céder à la tentation de nous enrichir en puisant à pleines m,ains dans l'histoire du Canada. Nous espérons que ce travail excitera les Canadiens à publier les écrits de leurs 7nissionnaires, à continuer surtout la publication des Relations des Jésuites, et que leurs efforts nous donneront des renseignevients plus précis ou plus étendus.

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