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cette nature et vouloir y former quelque opposition, qu'il laissait faire ses frères qui croyaient avoir en cela plus d'esprit que lui, que c'était à eux de répondre de l'événement et non pas à lui qui avait beaucoup moins de pénétration qu'ils n’en avaient. Je ne doute point que, dans l’exécution, il ne doive faire bien plus qu’il ne dit; mais c'est qu'après tout, l'incertitude de quelque changement de fortune qui peut arriver de notre côté, eu apprenant d'autres résolutions, l’oblige encore d’user de cette réserve, pour avoir par là quelque lieu de ressource auprès de nous.
Voilà, Monseigneur, où en sont nos affaires en ces quartiers, c’est-à-dire, dans la dernière extrémité où elles peuvent arriver, puisque la fin de cette ambassade ne peut être que celle d'amener au plus tôt et l’Iroquois et le Flamand (Hollandais); l’'Iroquois, comme maître de la guerre, le Flamand, comme maitre de la traite et du commerce, l’un et l’autre, comme souverains de tous ces peuples, à notre exclusion. C’est ce qui est infaillible et qui se va exécuter avec tant de diligence et de promptitude que je ne sais si vous aurez le temps d'en pouvoir prévenir l'exécution. Ils se sont hâtés de conclure l'ambassade dans la crainte qu’ils avaient qu'après la défaite des Français à Montréal, désespérant d'obtenir jamais par voie de négociations une véritable paix, l’on ne prit enfin une bonne fois la résolution de faire la guerre et qu’ensuite il ne leur vint un ordre pour cela, de
conclu, sans. b
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si votre part. Test à quoi il ne faut plus penser, M ent puisqu'il est trop tard. Il le fallait faire, lorsqu'ils ÿ | it à étaient encore à Montréal, immédiatement après 4 lui le coup fait par les ennemis. Ils le souhaitaient, le ’ils et on les y eût trouvés bien disposés. Mais 1 Cu- présentement, il ne faut plus compter sur eux j ais pour la guerre, depuis le départ de leurs ambas- F: an- sadeurs qui les oblige à se tenir en repos pour Le Ôté, attendre leur retour et le succès de leurs négo- | :ore ciations.
que Toutes les cérémonies d'honneur que l’on a faites aux prisonniers, la veille de leur renvoi,
ires par la célèbre danse du calumet qui est une ière marque publique d'alliance, ne nous font que e la trop voir de quelle manière et avec quelle fermeté
elle ils seront unis ensemble contre nous. Mais ce
and qui nous le fait voir encore davantage, c’est qu’en e la même temps qu'ils donnaient ces témoignages raite publics d'estime aux prisonniers qu'ils allaient uve- renvoyer, ils donnaient tout au contraire des sion. marques du mépris qu'ils faisaient de notre
uter alliance et de notre protection. Comme nous ue je nous opposions fortement à ce renvoi, en leur
pré- représentant l’ordre qu'Ononthio nous donnait, con- par ces derniers messages, de faire en sorte aient qu'ils gardassent paisiblement sur la natte leurs réal, prisonaiers, jusqu’à ce qu’il leur fit savoir ses
égo- dernières volontés touchant leurs personnes, ils
une ne laissèrent pas de s’en tenir à ce qu'ils avaient re et conclu, et pour nous montrer que ce n’était pas
a, de sans. beaucoup de sujet qu’ils s’engageaient à
cette entreprise, ils voulurent nous en donner publiquement les raisons. :
Elles se réduisent toutes à une principale, qui est que la protection d'Ononthio, sur laquelle ils avaient fondé toute leur espérance d’être délivrés de leur ennemi, n'était pas telle qu'ils s'étaient faussement imaginé ; — que, jusqu’à présent, ils avaient toujours vu le Français guerrier, soit pour sa multitude, soit pour son courage, soit pour l’abondance et la diversité des instruments de guerre qu’il savait faire; mais que l'expérience leur avait fait voir qu’il l'était beaucoup moins que l’Iroquois; — qu’ils ne s’étonnaient plus, s’il avait été si longtemps sans rien entre-
prendre pour leur défense; — que c'était la connaissance de sa propre faiblesse qui l'en empèchait ; — qu'après avoir vu avec quelle
lâcheté il s'était laissé défaire cette dernière fois, à Montréal, il leur était évident qu'ils n'avaient plus rien à attendre de sa protection; — que non seulement elle leur était inutile par son impuissance, mais qu'elle leur était même devenue nuisible par les engagements où elle les avait jetés mal à propos pour tâcher lui-même de se dégager ; — premièrement donc que son impuissance avait été visible dès la première attaque qui fut donnée à Tsonnonthouan, où la vigoureuse résisiance de l'ennemi, à laquelle il ne s’attendait pas, l’ayant étonné, il n’osa le poursuivre d°ns la suite, se contentant de faire la guerre aux blés et aux écorces qui ne résistaient
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pas comme lui; — que, depuis, il n'avait pu ni osé rien faire que de continuelles négociations pour mendier la paix par la nécessité de son impuissance et par toutes sortes d’abaissements ; — que, bien loin de se disposer à aller de nouveau attaquer l'ennemi dans son pays, il n’osait même pas se défendre, lorsqu'il en était attaqué de tous côtés; — que, contre toutes les apparences et même contre des évidences et des expériences du contraire, il s’opiniâtrait à attendre la paix, de peur d’être obligé de se battre, aimant mieux tout souffrir que de retourner au combat; — que, tant s’en faut qu'il leur eût fait rendre leurs prisonniers, ce qui était le sujet de la guerre, qu'au contraire on l'avait obligé de rendre luimème ceux qu'il n'avait eus que par trahison, jusqu'à faire revenir de France ceux qu'on y avait envoyés, et cela, lorsque l'ennemi, fort éloigné de penser à renvoyer les siens, les faisait biùler publiquement sur les chemins publics et dans tous ses bourgs; — que, dans la dernière descente de l'ennemi à Montréal, au lieu d'opposer armée à armée et de l’attendre de pied ferme, pour lui livrer bataille, puisqu'il avait appris son approche avant qu’il arrivât, il s'était renfermé dans ses forts, lui laissant la campagne libre pour brûler et ravager tout, comme il a fait, — qu'il ne paraissait pas qu'il sût aller à la découverte ou du moins qu’il n’osait pas le faire, de peur de s’exposer au danger d’être découvert lui-même le premier ; — que, par toutes ces
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