‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 18 sur 171 · COPIE D'UNE LETTRE DU ROI DE PRUSSE A L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

COPIE D'UNE LETTRE DU ROI DE PRUSSE A L'EMPEREUR

Berlin^ 24 février.

Sou désir d'accord» Ouvertures dout il a oJiargé le comte Kellec, Conduite qu'il conviendrait de tenir à Raatatt.

Monsieur mon Frère, — La lettre amicale, que Votre Majesté a bien voulu m'écnire à la date du 13 février, m'a causé la plus vive satisfaction, le ton de confiance qui y règne me fortifiant à tous égards dans l'espérance que j'ai conçue d'établir entre nous l'union et le concert dont la situation présente des affaires me paraît avoir un si grand besoin. Nous nous serions vraisembia' bl'ementdéjà rapprochés davantage, si au départ de Sia lettre, Votte Majesté Impériale avait été informée des ouvertures, doat le comte de Keller(l) a dû s'acquitter immédiatement après et elles auront suffi pour La convaincre qne, loin dé chercher à embarrasser ou à détoupner la marche de notre négociation, j'ai été j,l s IsÎQ

U) Cf. Appendice. Xotice KelU-r.

qu'EUe en abordant tout de suite le fond de la question et en Lui proposant avec une entière franchise les moyens qui peuvent conduire, sinon à sauver complètement l'Allemagne, du moins à la préserver d'une ruine totale (1).

Mon désir de contribuer à l'intégrité de l'Empire a dicté les Instructions dont j'ai muni mes Plénipotentiaires au Congrès de Rastatt et je me trouve ainsi dans le cas d'avoir rencontré les idées de Votre Majesté Impériale en adoptant les deux bases que les Ministres de son Cabinet ont articulées dans leurs conférences avec le comte de Keller (2).

(Il se demande seulement ce que l'on doit entendre par rintégrité territoriale de l'Empire^ réclame la communication confidentielle des stipulations du Traité de paix (Traité de Gampo-Formio) qui peuvent influer sur le sort futur de l'Allemagne et lui parle des ouvertures que le comte de Keller a été chargé de présenter aux Ministres de Paul P"").

Je propose donc à Votre Majesté de Se contenter des indemnités qu'EUe obtint en Italie, de laisser intactes les possessions héréditaires de TEmpire et de renoncer à toute acquisition territoriale en Allemagne et d'adopter le principe de sécularisation, en tant qu'il est nécessaire pour dédommager équitablement les princes lésés par la cession de la rive gauche du Rhin et d'étendre lap-

(I) « En attendant », ainsi s'exprime Ilaugwilz, dans son Mémoire « confidentiel en réponse à celui de lord Grenville, » le Roi a déjà pré- « venu les désirs delà Cour de Londres en fournissant à celle de Vienne « l'occasion de s'entendre amicalement avec lui sur la pacification finale « de l'Empire Germanique. Il a mis dans ses explications toute la fran- « chise imaginable et Sa Majesté Brit'annique pourra s'en convaincre « Elle-même par les informations qui lui en reviendront.

« Enfin, et pour tout épuiser, le Roi n'a pas laissé ignorer non plus à « la Cour de Pétersbourg les démarches auxquelles il s'est prêté envers « celle de Vienne. Il les a participées sans délai à l'empereur de Russie « et la réponse de ce Monarque décidera en dernier ressort du degré « d'intérêt" qu'il attache au sort de l'Allemagne..... ».

11 importe toutefois de :..:)ter que Haugwitz terminait son Mémoire par ces phrases bien caractéristiques : « Mais si l'Autriche, la Russie, l'An- « gleterre et la Prusse parviennent à s'entendre, si elles établissent entre « elles un accord sincère, serait-ce le moment de donner à leurs liaisons « une publicité qui augmenterait infailliblement l'aigreur des Français « et qui reculerait par conséquent de nouveau l'ouvrage salutaire de la « paix, dont tout le monde, et l'Allemagne en particulier, a un si gr.'aid « besoin? C'est à la Cour de Londres de peser la force de ces considéra- " lions et elle voudra bien se persuader que, quelle que soit la forme de « ses engagements futurs avec la Prusse, ils n'en seront p:>s moins « solides quant au fond. «

ii) Dropmore Papers, IV, 91). -^

LES piîoposrnoN's du iîoi i e prusse 405'

plication de ce principe en faveur de la Maison d'Orange, dont les malheurs immérilés ont certainement excité la sensibilité de son âme. En retour, je promets de m'en tenir à la seule indemnité qui me reviendra pour compenser la perte inévitable de mes provinces Iransrhénanes (1). »

A la suite de cette lettre de Frédéric-Guillaume III, on trouve dans la correspondance de Stamford (R. 0. F. 0. 93.6) l'analyse que voici de la lettre de François II :

(1) » Je passerai rapidement ». lit-on dans le Mémoire confidentiel que le comte de Starhemberg, Ministre d'Autriciie à Londres, remettait à lord Grenville le 4 avril 17!»S, « sur la première des trois négociations, « dont on est occupé actuellement, sur celle qui se traite à Vienne entre « M. de ïliugut et M. de Keller. Elle a été entamée par ordre du roi de « I^russe et paraissait avoir pour but de se réunir à vous pour sauver (( l'Empire, ou du moins la plus grande partie de son intégrité territo- « riale. J'ai lieu de supposer que les vues du jeune Roi étaient justes et « nobles; néanmoins la manière astucieuse dont M. de Haugwitz les a « fait présenter, a inspiré des soupçons bien fondés, dont la conduite ' sourdement perfide des émissaires de Berlin à Rastatt et à l^aris n'a '^ que trop vérifié la justice. Quoiqu'à la date du 18 de mars, M. de Kel- « 1er continuât de parler encore à votre Ministre sur le même sujet, il « est vraisemblable que les événements survenus depuis et la manière « dont l'Empire a cédé, auront terminé les conférences. » {Dropmore Papers, IV, p. 154).

A propos des vues du jeune Roi, dont parle ici Starhemberg, il m'a semb!é intéressant de rappeler les dispositions que Soiiel lui prêtait précisément à ce moment :

« Le défunt roi de Prusse Frédéric-Guillaume II avait été neutre à la « fois par incertitude et par calcul. Le fait est que la politique lui avait « rapporté plus de provinces et de sujets que plusieurs guerres heu- « reuses. l'Védéric-Guillaume III était neutre de cœur, par prudence, par (( amour de la paix, par timidité, par intérêt de son peuple, par antipa- « thie égale, sinon de même nature, pour les Français et pour les Autri- « chiens. Il ne convoitait pas de conquêtes nouvelles. La Prusse avait « assez annexé ; il était temps de gouverner. Par suite, et sauf à exiger « toujours de la France les mêmes compensations qu'en obtiendrait l'Au- *( triche, il préférait, que personne n'en reçût, ni l'Empereur, ni lui-même; « que ri'jmpire conservât l'intégrité de ses territoires et que la l'russe « recouvrât ses possessions de la rive gauche. On s'était trop effacé, « trop abaissé devant la France, on lui avait laissé trop prendre et de *( teire et de suprématie.

« Ce fut dès lors l'arrière-pensée constante, la seule pensée sincère de ■< la IVusse d ms ses relations avec la France. Ce n'était pas l'alliance '< tant sollicitée par le Directoire; ce n'était pas même lentente; c'était « l'association éventuelle par piécaution, mais non par goût. C'était, de « préférence, l'hostilité sourde sou;; les couleurs de neutralité. .C'est « dans cet esprit que s'ouvrirent, à la fin de mars, en grand mystère les « conférences entre Prussiens et Autrichiens. Elles ne pouvaient con- « duire à une action commune contre la F'rance, car ni la Prusse, ni « l'Autriche n'avaient confinnce l'une en l'autre. Chacune des deux crai-

« gnait quelque entente secrète entre l'autre et la F'rance » (Sohel,

« L'Europe et la Révolution Française, tome V, 3IJ3-304).

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Analyse de la lettre de l'Empereor au Roi de Prusse Vienne, 8 mars 1798 (Réponse a la précédente).

Cette lettre n'a pas, à certains égards, répondu à ses espérances. Il fait valoir à cet effet les services qu'il a rendus à la Prusse, plus particulièrement lors du partage de la Pologîie en 1792. Il se plaint des craintes de la Prusse quant à ses vues d'agrandissement aux dépens de l'Empire. Il insiste surtout sur la netteté des deux bases qu'il a fait exposer au comte de Keller. Il ajoute qu'il faut que la Prusse et l'Autriche soient d'accord à Rastatt, lui propose de faire discuter, soit à Eerlin, aoit à Vienne, les conditions d'un accord et que tous deux invitent l'Empereur de Russie à intervenir en vue de Taplanissement des difficultés qui s'élèveraient entre eux.

Berlin, i 0 mars i798.

Il a diné chez le Roi qui a promis de lui donner audience. Son opinion sur la situation. Ses objections aux raisons invoquées par le Duc pour justifier son refus d'agir sur le Roi. Le Duc peut seul par son action devenir la sauveur de l'Allemagne.

M ne s'est rien passé ici de nouveau depuis ma dernière lettre <jui m'ait fait changer d'opinion sur aucun des objets dont j'ai eu l'honneur d'entretenir Votre Altesse Sérénissime, dans mes deux lettres précédentes.

J'ai eu l'honneur de dîner chez le Roi, le 7, jour de l'arrivée du prince Henri (2). La salle, où se trouvait le Roi, était déjà remplie d'officiers lorsque j'y entrai. Aussitôt que Sa Majesté m'aperçut, EUe s'approcha de moi, me témoigna d'être charmée de me voir, me demanda des nouvelles de ma santé et me laissa le temps de lui témoigner ma joie de Son heureux rétablissement. Le prince Henri entre là- dessus, et peu d'inslantsaprès on se met à table. Le Roi eut la bonté de s'approcher une seconde fois de moi et me

(t) R. O. F. 0. 9i.6. General Stdmford's Papers. C?) Cf. Appendice. Note Prince Henri.

Ol'INIO.V l>K STAMFaiU) SUR t.\ SITTATION 107

remercia à voix basse pour n'être pas eotendu. de ceux qui ékaifeut ie plus près de lui, d'une bracbore allemande Loute nouvelle que j'aivais fait remetlire à Sa Majesté le matida de ce jomr par Monseigneur le Prince Héréditaire d'Orange. « Cette pièce est infiniment « imporUanlie, me dit-Elle, par les vérités (qu'elle contient ». — « Elle l'est à ua tel poinl, répo-nidiS'Ie, que je m'estitmerais bien (( heureux si Votre Majesté daignait m'accorder un quart d'heure « d'audience pour écouter ce que je puis et me crois obligé d'ajou- « ter à son importance ». « — Avec bien du plaisir, répliqua le « Roi ; dès que j'aurai le loisir de vous entendre, je vous en ferai « informer ».

C'est aujourd'hui le 10^ mais le loisir ne s'est paiS encore trouvé et je suis persuadé qu'il ne se trouvera pas(l). On a déjà telk" noent barré le chemin à la vérité qu'elle n'arrivera pas jusqu'au terme, si Valre Altesse Sércnissime ne lui ouvre pas Elle-mênje le chemin. Il faut nécessairenjent qu'Elle s'y détermine et le plus tôt possible, si Elle ne veut pas tout perdre. Tel a toujours été mon avis, Monseigneur. J'ose vous le proposer encore une fois. Si Votre Altesse Sérénissinae le rejette, je n'insisterai plus, mais je me garderai bien alors, de Lui consacrer davantage mon temps, mes peines et mes Abeilles comme je l'ai fait pendant près de six ans sans jaimais recueillir d'autres fruits que des dégoûts sans nombre. Il m'est impossible, Monseigneur, d'acquiescer aux raisons qui font hésiter Votre Altesse Sérénissime de prononcer fortement auprès du Roi son opinion sur l'état critique oii se trouvent non seulement l'Allemagne, mais tous les États de l'Europe. La guerre actuelle n'est comparable à aucuae de celle* qaionteu lieu depuis que des États existent. L'ennemi qu'il s'ikgit de combattre, est si décidément celui de toutes les Puissances que, si elles ne se hâtent de s'unir, de se raidii- sur le bord de l'abîme, elles y tomberont pour ne plus jamais se relever.

La Paix, que l'ennemi a accordée à quelques-unes d'entre elles n'est qu'un piège pour les perdre sûrement, puisque, tandis qu'il les laisse jotiir d'an repos trompeur, il rassemble autour des trônes les matériaux les plus combustibles. Il s'agit donc de montrer au jeune Monarque que la faction qui gouverne la France n'est pas composé* d'horam.es à qui on lie Les mains par des traités, que déliés, des lois et des Consiitutions, comme ils ont

(t)Ge loisir se tfouva pourtant. Gràceàrittt«rvention de la Meîne Louise, atajnford eut le 21 murs un long entretien avec Frédéric-Guillaume JIJ> entretien que De Luc reproduisit in extenso dans un de ses rapports A lord Grenville (Cf. Dropmore Pkpers, iV, 135-108).

fait chez eux pendant tout le cours de leur funeste Révolution, ils ont donné là une preuve évidente de ce qu'ils ne veulent : ni lois, ni Constitution, mais que d'étendre l'anarchie jusqu'aux Nations les plus reculées est le principe qui les meut et la loi qu'ils se sont prescrite, trop avancés aujourd'hui, dans leur marche pour pouvoir s'arrêter ou en suivre une autre.

Il m'est également impossible, Monseigneur, d'admettre dans les circonstances présentes et sans de grandes restrictions les raisons qui, à Votre avis, doivent empêcher un prince de l'Empire de se mêler de la politique d'un grand Etat. Je pense au contraire que ces raisons devraient depuis longtemps avoir déterminé Votre Altesse Sérénissime à chercher à y gagner de l'intluence, quand même Elle n'aurait pas su combien le jeune Monarque, qui vient de monter sur le trône de Prusse, était disposé à Lui en accorder et désirait même qu'Elle en eût. Votre Altesse Sérénissime dit que, lorsque le Souverain d'un petit Etat tel que Lui témoigne le moindre désir de s'immiscer dans les grandes affaires de l'Europe, les Ministres, jaloux de leur pouvoir, trouvent aussitôt moyen de l'écarter en attribuant ce désira des motifs d'ambition, à des vues et intérêt personnel. Eh ! Oui Monseigneur, c'est cet intérêt même, qui devrait avoir depuis longtemps engagé Votre Altesse Sérénissime à rompre le silence sur les opérations du Cabinet de Berlin, puisqu'Elle prévoyait, dès leur origine, les dangers auxquels elles exposeraient un jour Ses propres Etats, la Monarchie Prussienne et l'Europe entière. C'est sur les véritables intérêts de celte Monarchie qu'il eût fallu éclairer d'abord le jeune Roi, parce q^ue son éducation trop peu soignée ne l'a pas mis à même de sentir combien il lui importe d'avoir sur ces objets des notions claires, justes et précises. Si celles qu'il a sont erronées ou imparfaites, quel dangereux soporitif {sic) ne sera pas pour sa pensée, cette assertion fausse qu'il entend souvent, j'en suis sûr, et qu'il écoute peut être avec complaisance : « Que la Prusse, ayant soutenu seule la guerre de Sept-Ans contre les forces réunies des Premières Puissances de l'Europe, le souvenir, qu'en conservent les Français, leur dicte d'avoir pour elle des ménagements, afin de ne pas s'attirer sa puissance sur les bras ! » Qui au monde, si ce n'est Votre Altesse Sérénissime, aurait pu et pourrait encore dire au Roi avec la certitude d'en être écoutée : « Si j'élève ma voix devant Votre « Majesté, c'est que je vois l'Europe entière s'acheminant vers la « ruine ; c'est que mes intérêts, comme Souverain, sont si inti- « mément liés à ceux de Votre Majesté et que de la prospérité de

irvGKNCE DE L'iNTEHVENïION DU DUC DE BHUNSWKJK Ï09

« la Monarchie Prussienne dépend si absolument celle de mes « Etats que la première ne saurait éprouver des secousses, sans « qu'elles influent d'une manière funeste sur ces derniers. Des « personnes, qui ne sont pas de mon opinion, ont peut-être per- (( suadé à Voire Majesté que l'ambition et l'espoir de me signaler a à la tète de Ses Armées et de me rendre nécessaire dans Ses « Conseils politiques et militaires me font désirer de voir la ^ Prusse rentrer dans la lutte contre la Puissance qui ne lui « parle pas de paix. Afin de détromper Votre Majesté à cet « égard, je mets à Ses pieds Ses charges militaires, et c'est comme « duc de Brunswick comme Son parent, Son allié, que je viens « Lui parler, non pour Lui donner des conseils, mais pour Lui « représenter l'élal des choses en Europe, tel que je le vois »

La lettre de Stamford se termine ainsi :

« La position, où se trouvent aujourd hui les princes que le « Ciel a placés à la tète des Etals, est assez critique pour appeler « toute leur attention afin d'écarter d'eux et de leurs peuples les « calamités dont tant de pays ont déjà été frappés. Et on ne peut « que rendre justice aux lumières, aux talents, à la haute réputa- « tion de votre Altesse Sérénissime, lorsqu'on se persuade géné- « ralement qu'Elle peut être le sauveur de l'Allemagne et devenir « par là le sauveur de l'Europe. Sans doute, il n'est parsonne qui « puisse savoir mieux qu'Elle si toutes les voies pour opérer ce « salut sont fermées ou s'il en est encore quelques-unes d'ou- « vertes. Mais si dans ce dernier cas Elle ne se refusait de les « tenter que parce qu'Elle verrait quelques éclaboussures à « gagner, alors j'oserai prendre la liberté de Lui dire qu'il y a « plaie et bosse à redouter et pis que cela en laissant aller les « choses comme elles vont. J'ai l'honneur d'être, etc.. etc

Malgré la quasi-promesse qu'il avait laite à Stamford, Frédéric-Guillaume III semblait si peu pressé de lui accorder l'entretien particulier, auquel le général attachait avec raison tant de prix, que découragé par ces atermoiements, il se disposait à retourner à Brunswick. Une allusion, cependant bien transparente, faite par lord Elgin, lorsqu'il présenta ses lettres de créance au Roi, n'avait en effet amené aucun résultat. Le diplomate anglais avait pourtant parlé de Stamford comme d'une personne « que Sa Majesté Bri-

110 LE OËNÉlîAL DE STAMFORD

tanniqîue avait crm propre à représerater, d'uiae manière moins apparente que par les démarches ministérielies, 'les motifs ^ni devaient eng^a-ger les P^uissances -encore ««bsistantes à se réunir promptement pour résister à leur ennemi commun » (4).

Il ne fallut rien moins qu'une lettre du prince Ernest de Mecklembourg à sa nièce, la Reine Louise (2), que l'intervention de cette Princesse « pour percer le mur qui semblait s'être élevé entre le Roi et le général » et triom^pher en fin de compte de la résistance latente, de Xa sourde opposition dw comte de Haugwitz. Le récit détaillé de cette audieinee ligure naturellement d4%ns le riche dossier F. 0. 93. 6. On J'y trouve sous forme d'une lettre que Stamford adressa sur l'heure même au duc de Brunswick. Ma<I'gtré Limpo^rtaiace de ce document, j ai cru pouvoir m'abstenir de le reproduire ici et me borner à indiquer qu'il figure au tome it des Dropmore Papers, page 133-138, sous le titre de « Pièces de tEn- « Irelien du Boi avec M. de Stamford le ^1 mars 1798, écrit « j)ar ce dernier ».

Rien ne retenait pins dès lors Stamford à Berlin. Il avait au cours de cet entretien pu aborder avec le Roi les graves qiuestions qui s'imposaient à l'attention de ce prince et Lui exposer les vues d.u Gouvei-nement Britannique. Il importait en Tevajikche de dissiper les nuages qui troublsaient les relatiiMis entre les Cours de Vienne et de Berlin et d* donner au plus vite àStamford un caractère et des pleins pouvoirs lui permettant « d'approcher aussi le Roi (de Prusse) *t l'Empereur ÇS). »

(il) Dr^pmore P^ptirs, IV, 1(51-163. D,e Luc h [George III, Ritzebu'Uel 4 avril 1798.

(2) et Appendice. ^

(3) « Le ministre 'de 'Vienne à Berlin, ayant méitité par «es con^denoes « à M. de .S/tamfopd d'être consulté .sur .cette idée, l'a saisie .av.ec La plus « grande avidité comme la première lueur de sauver l'Europe ; l'assurant « que, s'il pouArait porter à l'Emperour la certitude que le roi de Prusse « serait ferme dans u«e nouvelle Coalition, il s'y prêterait sans balancer». [Dropmore Papers, ÏY, 166. De Luc à Georges III. Exposé succinct des circonstances qui m'ont déterminée partir pour Londres. Ritzebttttel, 4. avril 1798).

« Je bénirais le Ciel de toute mon âme si vous alliez à Vienne. » Prince de Reu^sau général de Stamford. Berlin, 24 mars 1798 {Ibid'em) H2.

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