‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 20 sur 171 · PRINCE D'ORANGE AU ROI DE PRUSSE · texte numérisé non relu

PRINCE D'ORANGE AU ROI DE PRUSSE

Londres, 21 avril 1798.

Lettre de créaa-ce du général de Stamford.

Sire, — Daignez permettre que je sollicite V-otre Majesté de vouloir bien accorder une audience avorable au général-majoT de Stamford que j^i chargé de se rendre auprès d'Ëlle pour Lui recommander mes intérêts à l'occasion des négociations de piiix entre T'Empire et la France et Lui communiquer ma façon de penser à cet égard et qae je La -supplie de vouloir bien ajouter foi à ce qu'il Lui dira de ma part «t surtout lorsqu'il L'assurera de mon inviolable et respectueux attachement pour Votre Majesté et de mon désir de mériter Sa bienveillance.

•Qu'il me soit permis de saisir cette occasion de me recommander moi et les mieos, à ia continuation ée <la puissante protection de Votre Majesté et pour Lui renouveler les assiurances du profond respect avec lequel

J'ai rhonneitr d'être de Votre Majesté Le très humble et très obéissant serviteur et fidèle Oncle. G. Prince d'Orange.

(1) Cf. Appendice, Note XIL Lord OrenuH/c AU p?nnce d'Orari^e. Downing Street, 18 sivril IT'JS,

112 LE GKNEHAL DE STA.MEOUD

PRINCE D'ORANGE AU GÉNÉRAL DE STAMFORD (l).

Londres^ 22 avril 1798.

Ordre de se rendre à Berlin, Objet de sa mission.

Monsieur, — Je vous prie de vous rendre le plus tôt le mieux à Berlin et de tâcher d obtenir une audience de Sa Majesté Prussienne et delui témoigner mon attachement sincère et respectueux et combien je désire que l'on ne se serve pas du prétexte de me procurer un dédommagement de ce que j'ai perdu en Hollande et dans les Pays-Bas pour la sécularisation de Bamberg, Wiirzburg ou d'un de ces évéchés ou de quelque autre évêché, pour empêcher par là la réunion entre 1 Empereur et Sa Majesté Prussienne ; que j'aimerais mieux ne rien recevoir et être réduit à vivre des revenus du pays de Nassau et du comté de Spiegelberg, (2) qui est tout ce qui me reste, que de mettre obstacle à l'union entre l'Empereur et Sa Majesté Prussienne ; Que je considère comme le seul moyen avec l'Assistance Divine pour empêcher les progrès du système dévastateur et destructeur que suivent la République Française et ses meneurs et pour prévenir que l'Allemagne ne soit bouleversée et culbutée ou républicanisée à la Française ; Que je prends la liberté de recommander mes intérêts et ceux de la République des Provinces-Unies ainsi que ceux de ma maison à Sa puissante protection.

Vous pouvez y ajouter qu'il n'y a pas de sacrifices que je ne sois prêt à faire pour que la République des Provinces Unies soit délivrée du joug qui l'opprime et de la tyrannie des Français et

(1) R. O. F. O. 95.6 [Autographe).

(2) Comté de Spiegelb::ro. — La maison des anciens Comtes de Spiegelberg s'éteignit en 1557, à la mort du comte Philippe et le comté passa à Hermann-Simon de L'ppe, mort en 1576, époux d'Ursule (morte en 1583;, sœur de Philippe. Sa descendance s'éteignit en 1583 en la personne de son fils, Philippe. Le comté passa alors à Philippe-i<]rne.st de Gleichen (mort eu 1619), fils de Walpurgis (morte en 1599). sœur d'Ursule. Johann-Ludwig, frère et successeur de Philippe-Ernest, moui'ut en 1031 et le comté de Spiegelberg fut donné en fief par le Brunswick, qui en était suzerain, à Ernest-Gésarin de Nassau-Dietz. mort en 1632, époux di Sylvie-Edwldge de Brunswick morte en 1643. La Maison d'Ernest-Gésaiin le posséda jusqu'en 1819, époque à laquelle le comté passa au Hanovre (Stokvis. Manuel d'histoire de généalogie et de chronologie. 111, 143.141).

INSTRUCTIONS DONNÉES A STAMFOISD J 13

de leurs adhérents ; mais que s'il ne restait aucun espoir de sauver ce malheureux pays, je prends la liberté de supplier Sa Majesté de faire obtenir un dédommagement des pertes immenses que j'ai essuyées, aux dépens de ceux qui me les ont causées et d'une manière qui ne fasse pas tort à des personnes dont je n'ai aucun sujet de me plaindre.

Je vous envoie ci-joint copie de la lettre que j'ai reçue, mercredi au soir, le 18 de ce mois, de mylord Grenville (1), celle de la réponse que je viens d'y faire et celle d'une lettre que j'ai reçue, le 17 de ce mois, du comte de Starhemberg et celle de la réponse que je lui ai faite le lendemain (2). Monbut principal estd'empêcher que ceux à Berlin qui veulent prévenir l'union des Grandes Puissances contre les Français et leurs principes ne se servent du prêtes te de me procurer un dédommagement par la sécu'arisation des évêchés de Franconie pour y mettre obstacle et c'est pourquoi je crois nécessaire d'y envoyer un homme de confiance qui puisse dire ma vraie façon de penser à Sa Majesté Prussienne.

Je désirerais qu'après avoir parlé au Roi, s'il vous assure de Ses bonnes dispositions à s'unir avec l'Empereur et qu'il vous autorise d'en faire part, vous vous rendiez à Vienne et que, de concert avec le chevalier Eden (3), Ministre de Sa Majesté Britannique, vous fassiez les démarches nécessaires auprès de M. le baron de Thugut pour obtenir une audience de Sa Majesté l'Empereur et Roi pour lui témoigner ce que vous savez des bons sentiments de Sa Majesté Prussienne, en même temps que vous recommanderez à l'Empereur mes intérêts, ceux de ma patrie et ma Maison, comme vous l'aurez fait à Sa Majesté Prussienne.

Je vous envoie les lettres pour l'Empereur, le Roi de Prusse, le

1, Cf. « Dropmore Papers ». IV, 17-2 et Appendice. Note XII.

(2) Ces deux lettres ne figurent pa.s dans les dossiers du Record Office.

(3) Ed::n (Mouton, premier baron Henley) ('1752-1830). Entré dans la Carrière à 24 ans et nommé Ministre auprès de l'Electeur de Bavière et à la Diète de Ratisbonne, à Copenhague (1779j,à Dresde (178J) Il y resta jusqu'en 1791, ne fit que passer ' Gotha et fut encore au cours de cette même année appelé au poste ae Berlin qu'il quitta, en 1793, lors de sa nomination à l'Ambassade à Vienne. Envoyé momentanément à Madrid en 1794, il ne tarda pas à être de nouveau nommé à Vienne, poste qu'il conserva jusqu'au mois de Novembre 1799, où il se letira de la vie publique et fut créé baron Henley of Chardstock. Le jugement, que porte à cette époque le 22 germinal an VI sur le représentant de la (irande-Bretngne à Menne. le rédacteur des Portraits est loin d'être flatteur : « Eden, Ministre d'Angleterre, possédant le verbiage de la diplom;it;e, ayant la réputation d homme de bien, médiocre de connaissances et désirant trouver l'occasion de vivre éloigné des affaires. » Le souhait d'Eden ne tarda pas, on le voit, à être exaucé.

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t'l4 LK (iKNKKAL DE STV^nOun

baran de Tbugiit avec leurs copies pour en faire l'usage requis... Si mon fils aîné est à Berim ou à Polsdam, vous lui communiquerex cette lettre et vous vous concerlerez avec lui sur les moyens ^'obtenir audience du roi de Prusse et d'effectuer l'objet de votre mission qui consiste principalement à tâcher d'effectuer l'union entre les deux Grandes Puissances de l'Empire pour empêcher qu'il ne soit écrasé et, s'il se peut, pour délivrer du joug de la République Française tant de peuples qui s'y sont soumis, et surtout la République des Provinces-Unies.

Je finis en vous assurant que je suis bien parfaitement, Monsieur,

Votre très affectueux Serviteur, G. Prince d'Orange.

Bien qu'elle ait cessé (Vèlre ine'dite, puisqu'on peut la lire pftge 17() du tome iv des Droinnore Papcrs, je pouvais d'autant moins me dispenser de reproduire ici la note que lord Gfen ville adressa à ce moment à Stamford qu'elle est brève 6l qu'en quelques lignes le Secrétaire d'Etat y met le général au courant de l'état général des aflaires, des démarches entreprises par l'Angleterre, de Timportance que le Cabinet 4çï Saint-James attache au rapprochement entre les Cours de Vienne et de Berlin, rapprochement sans lequel il tant renoncer à celte Coalition, objet de ses rêves et de ses désirs.

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