‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 93 sur 171 · LORD GRENVILLE AU COMTE ROSTOPTCHINE · texte numérisé non relu

LORD GRENVILLE AU COMTE ROSTOPTCHINE

Doioning Street, 5 décembre i 800.

L'Angleterre n'est pas cause de la rupture des bonnes relations avec la Prusse, — Elle espère que l'embargo ne tardera pas à être levé.

Monsieur le Comte,

« La môme malle, par laquelle Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'écrire m'a aussi apporté l'avis qu'un en^bargo avait été de nouveau mis sur les vaisseaux des sujets de Sa Majesté Britannique, faisant leur commerce dans les ports russes sur la foi de traités les plus solennels.

Le Roi aurait eu de la peine à croire à la vérité de cette nouvelle, si la môme circonstance n'avait déjà eu lieu au cours de cette année

{\) Coy^respondance VI, 5208.

(2) « On dit, mandait Beurnonville à taUeyrand, de Berlin Iç 5 mai 180t « (Prusse, Volume 229, Dépêche chitTrée n» 67) qu'on aura bientôt la « note des sommes que l'Angleterre a fait distribuer en Russie pour faire « réussir la conspiration contre Paul I" ». Cf. Ibidem, ad Dépêche n» 62. Le Mémoire de La Roche-Aymon. Détails relatifs à l'assassinat de Paul 1".

(3) R. 0. F. O. 95.6. Cf. Appendice, Notice biographique.

sans que Sa Majesté eût même jusqu'ici reçu aucune explication des motifs qui ont pu amener une mesure aussi extraordinaire.

Ce n'est pas pendant que les deux Cours se trouvent ainsi placées dans un état d'hostilités, qu'il peut être question de renouveler une discussion sur quelque partie que ce soit du concert général dans lequel elles étaient entrées contre un ennemi commun.

Sa Majesté ne juge pas non plus qu'il soit ou convenable, ou même possible, de poursuivre une pareille discussion, tandis que les communications ordinaires se trouvent totalement interrompues, qui servent à maintenir entre les Souverains de l'Europe la bonne intelligence etle respect qu'ils se doivent réciproquement... »

Après avoir établi que l'Angleterre n'est pas cause de cette rupture, il ajoute :

« Elle a tenu tous ses engagements et c'est avec autant de surprise et de regret que Sa Majesté le Roi a appris par son Ministre à Saint- Pétersbourg que l'Empereur considérait le concert, dans lequel les deux Souverains étaient entrés, comme terminé. Il a été même plus étonné d'apprendre que sa détermination de maintenir son système envers les Puissances Neutres, qu'il avait, lui aussi, promis de soutenir, avait pour base une communication faite par]la Cour de Russie à cette Monarchie et l'embargo ne pouvait manquer d'ébranler la confiance qui avait existé entre les deux pays. Le Roi espère cependant encore que l'Empereur révoquera l'embargo et qu'on pourra trouver le moyen de rétablir les relations amicales entre les deux Cours (1). »

(1) L'Anglelerre uîîachai:, un si grand prix au « rétablissemen' de ces « relations amicales entre les deux Cours », qu'Hugh Elliot, écrivant à lord Grenville le 1"' janvier 1801 avait jugé utile d'appeler son attention sur deux des paragraphes de la lettre particulière qu'il avait fait tenir à Kilitchefî, que Paul i" envoyait en mission à Paris : « Je viens de rece- « voir de Milord Grenville la communication confidentielle de la copie « d'une lettre du comte Rostoptchine à Milord Grenville en date du 23 oc- « tobre 1800, de même que la copie d'une lettre de lord Grenville au comte « Rostoptchine en date du 5 décembre 1800.

« Comme la lettre de Sa Seigneurie explique sans rései've les senti- « ments de ma Cour sur les événements dont il y est question, je dois « me borner à [exprimer mes vœux pour le renouvellement de la bonne « intelligence entre nos deux augustes souverains ».

{Dropmore Papers, VI, //. Elliot à lord Grenville et à M. de Kalitcheff, Dresde, 1" janvier 1801 et 29 décembre 1800V

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