‹ Un agent inconnu de la coalition: le Général de Stamford; d'après sa correspondance inéditeChapitre 94 sur 171 · LES ESPOIRS DU PREMIER CONSUL · texte numérisé non relu

LES ESPOIRS DU PREMIER CONSUL

Paris, 6 décembre 1 8ê0.

Xies espoirs du Premier Consul. — Situation difficile d'Augereau et de l'armée gallo-batave. — Mauvais esprit des troupes bataves. — Départ problématique du Premier Cons«l. — Menées de l'opposition.

Malgré toute la taciturnité ordinaire du Premier Consul, il laisse cependant échapper quelquefois dans la conversation particulière des traits qui peuvent jeter quelque jour sur ses vues, ses craintes et ses espérances. C'est ainsi qu'on a appris qu'il fonde en grande partie sa confiance sur les succès des armées françaises en Allemagne et en Italie, sur l'esprit de division qu'il sait régner dans les troupes autrichiennes et la certitude qu'il dit avoir que les généraux sont peu d'accord et les officiers encore moins. Il se croit également assuré que l'Empereur ne fait la guerre qu'à son corps défendant et par l'assujettissement, auquel le soumet son Traité avec l'Angleterre qu'il n'oserait rompre à la face de l'Europe à moins d'y être forcé par des événements décisifs (2).

Au reste, Bonaparte a l'air de ne pas douter que ceux-ci ne soyent très prochains et n'imposent avant peu à la Cour de Vienne la nécessité de recevoir sa loi. Il s'expliquait dernièrement à cet égard d'une manière positive et ajouta cette phrase soldatesque : « Ils n'ont pas voulu signer la paix à Lunéville. Eh . « bien! nous la leur ferons signer sur le cul d'un lambour (3) ».

(2) Il semble d'après ces lignes que IV.gent de Stamford avait déjà eu connaissance de l'olfre que Cobenzl avait fai e.le 2 décembre à Joseph et que celui-ci avait immédiatement transmise au Premier Consul,

(3) Bonaparte semble en effet avoir conservé jusqu'au 3 décembre quelque espoir dans l'issue des négociations de Lunéville. « Il est probable qu'à « l'heure qu'il est, deux courriers de Vienne doivent éire arrivés à Go-

« benzl. J'attends de leurs nouvelles pour partir Une fois que je serai

« parti de Paris et que j'aurai commencé les opérations militaires, il est « très probable qu'on n'adoptera plus la mesure de donner des indemnités

'( en Italie à la Maison d'Autriche Fais en sorte que ce courrier soit

« de retour le 16 à Paris. Si je pai's, la Maison d'Autriche s'en souvien-

Un autre motif de réussite qu'il laisse transpirer dans ses discours, c'est son intelligence avec la Prusse et la Russie et sa conviction des intentions favorables de ces deux Puissances. Bonaparte en parle avec complaisance et se vante que ce coup de sa politique est dû h sa sagesse et à sa prévoyance. « 11 y a, dit-il, deux ans qu'il prépare ce changement dans les Cabinets de l'Europe et il se targue à ce sujet d'avoir fait complètement donner M. Pitl dans les pièges qu'il lui a tendus ».

L'avantage remporté par les Autrichiens sur le corps commandé par Augereau n'a pas laissé d'être marquant (1). Il paraît que les Bataves se sont faiblement battus. Le Ministre de la Guerre, Berthier, a eu à ce sujet des détails qui ne transpirent pas ; mais quelques personnes disent qu'il règne un esprit très peu républicain parmi les troupes hollandaises et qu'officiers et soldats sont au désespoir d'être sous les ordres d'un général français qui, par lui-même, ne leur est pas agréable.

Un aide de camp de Buonaparte assurait, le 5 de ce mois, qu'il était question d'en renvoyer une partie en Hollande et de faire prendre leur démission à des officiers généraux. Il est certain que Schimmelpenninck a eu un entretien avec le Premier Consul et on croit que cet événement en est le motif. Deux courriers sont partis successivement pour porter des ordres à Augereau.

Le Premier Consul ne paraît pas encore très décidé pour le commandement qu'il prendra d'une des trois armées. Sa présence en Italie lui semblait nécessaire, mais il croit encore qu'il importe à sa gloire d'en changer le théâtre. D'ailleurs les dernières nouvelles d'Italie ont rassuré sur l'esprit insurrectionnel de cette armée qu'on est parvenu d'apaiser. Brune aussi s'est disculpé. Il vient de faire une belle profession d attachement et d'obéissance absolue au Premier Consul qui, s'il n'en est pas convaincu, a paru au

a dra. Il est donc nécess:iire que je sache par le reîour de ton courrier, « si toute espèce d'espoir est perdu, comme pourrait le faire penser le « discours de Pitt au Parlement ».

{Correspondance. VL 5-204 a Joskph, Paris, 3 décembre 1800, 5 heures du soir. Cf. Appendice. Lettre du Comte de Cobenzl au Comte de Starhemberg.)

(1) Le 3 décembre, lii-on au lome xxx de la Correspondance, Augereau se porta à la rencontre de l'armée de Simbschen, réduite à 13.030 hommes, qui prit une belle position à Burgebrach pour couvrir Bamberg. Le général Duhesme attaqua avec cette belle intrépidité dont il a donné tant de preuves et après une assez vive résistance l'ennemi opéra sa retraite sur Forchheim. — Cf. pour plus de détails sur ce combat Mathiku Dumas. Précis des événements militaires. Y, 86-95. « Le résultat de ce « combat, dil-il, fut d'assurer la posiion des Français sur la Rednitz ».

LES ORDRES DU PREMIER CONSUL, MENÉES DE l'oPPOSITION 431

moins en être satisfait. Dans toutes ses dépêches, Brune a promis d'être avant deux mois maître de Naples, si on lui donnait carte blanche. Il a démontré l'utilité et l'infaillibilité de cette conquête. On ne sait pas quels sont les plans de Buonaparle à cet égard; mais quanta l'Allemagne, on est certain qu'il a pressé de nouveau Moreau de pousser la guerre avec la plus grande vigueur, de quitter le territoire des cercles épuisés et de pénétrer dans les Etats Héréditaires, oii il y a une moisson intacte à faire.

Le Gouvernement français, en réunissant tous ses moyens, ne peut rassembler que quarante millions pour faire face aux frais de la guerre. 11 espère les économiser et vivre sur l'ennemi et sur les Alliés ; tout cela est basé sur l'hypothèse des victoires et on ne se permet pas d'en douter.

Au dedans, les membres du Tribunat et du Corps Législatif opposés à Buonaparte s'agitent de toutes leurs forces. Ils viennent de faire rejeter une loi qu'il avait proposée. C'est par de légères escarmouches qu'on arrive à l'audace de livrer de grandes batailles. Si Buonaparte avait pu douter de l'esprit qui anime certains individus, la liste des candidats présentés pour une place de Sénateur aurait levé ses doutes. Lorsqu'elle a été mise sous ses yeux, il n'a pu s'empêcher de froncer le sourcil en y lisant le nom de l'ex-Directeur La Revellière-Lépeaux. Ces tentatives contre son autorité lui font regretter de n'avoir pas broyé les Jacobins comme il aurait pu le faire. Mais il tâtonne le sceptre qu'il a accepté au lieu de le tenir d'une main ferme.

GXXVIII

Paris, 8 décembre i 800.

Le Premier Consul reste à Paris. — Meaées et sarcasmes de ses ennemis — Plan d'opérations en Allemagne et en Italie. — L'Egypte et l'incapacité de Menou.

Quoique les équipages du Premier Consul soient déjà partis et que la Garde Consulaire ait reçu l'ordre de se mettre en marche, il est au moins douteux que Bonaparte se décide à quitter bientôt

les Tuileries. Le petit échec essuyé par Âugereau a ranimé tous les ennemis du Premier Consul et bien qu'on ait annoncé depuis une victoire signalée de Moreau, on s'efforce d'autant plus d'en croire les détails boursoufflés qu'hier, 7, il n'y avait aucun rapport officiel. Le parti opposé à Buonaparte a profité de ces nouvelles pour jeter les hauts cris sur le sang qui avait déjà coulé et qui coulera encore, sur les chances de la victoire, sur la sottise de Buonaparte d'avoir, par un armistice imprudent et un Congrès ridicule, donné le temps à l'ennemi de se refaire au lieu de laisser à Moreau le plein usage de ses forces à un moment où la Cour de Vienne allait être forcée à entamer des négociations, parce qu'elle voyait ce général sur la route ouverte de Vienne. On reproche donc à Buonaparte d'avoir exposé de nouveau cette paix si désirée et si constamment promise, à des éventualités douteuses. On va jusqu'à l'accuser d'avoir voulu enlever à Moreau la gloire de terminer promptement la guerre et on met sur le compte de cette basse jalousie tous les malheurs qui pourraient résulter de revers futurs.

Parmi les clabaudeurs qui ont cru l'instant propice pour élever la voix contre le Petit Homme (car c'est son sobriquet), il s'est trouvé des gens dans les salons, dans les rues, au Sénats au Corps Législatif, au Tribunat, qui ont cherché à le dépouiller de toute la gloire dont l'a couronné Marengo. « C'est à tort, disent ces gens, qu'on a attribué au Petit Homme le triomphe de cette journée. Pendant cinq heures, et par le fait de ses dispositions, la bataille a été perdue. Il avait ordonné la retraite, larmée était foudroyée par le canon ennemi et allait être taillée en pièces par 40 escadrons qui la poursuivaient dans sa fuite, lorsque Desaix représenta à buonaparte qu'il n'y avait aucun espoir de salut en se retirant et qu'il fallait de nouveau engager le combat. Desaix ne fut pas écouté, ajoutent-ils, et ne trouvant plus à qui parler, il prit sur lui d'attaquer le centre de l'ennemi avec 9000 hommes et, étant parvenue s'emparer d'une grande partie de l'artillerie ennemie^ décida lui seul le gain de la bataille ».

A ces criailleries on joint des sarcasmes contre les gens dont le Premier Consul s'entoure... On les tient comme autant de flatteurs, d'insolents, d'ignorants et de fripons. On lui fait un crime capital de la rentrée des émigrés et des prêtres. Enfin il n'est pas de moyen que l'on n'employé pour préparer sa perle ; mais tout cela retombera dans le néant si les armées ont de grands succès.

Que faut-il conclure de tout cela ? Que Buonaparte a besoin de

VIOLENTKS ATÏAQUKS CONTRE LE PREMIER CONSUL 433

la fortune pour se soutenir et que sa position sera toujours très précaire, s'il ne sait pas en profiter pour écraser ses ennemis. Il n'a vraiment pour lui que la classe paisible et passive des citoyens qui, h coup sur, ne feraient pas le moindre mouvement pour le défendre contre la classe active et turbulente de ses ennemis. Au moindre revers, les événements seraient incalculables. Non seulement il y aurait des troubles à Paris, mais ils s'étendraient à la province... La Chouannerie se ranimerait et la guerre civile deviendrait inévitable.

Buonaparte vient de rappeler auprès de lui plusieurs généraux de réputation. Il les consulte et les caresse manifestement. Comme on voit que toutes les considérations sont pour l'épée, c'est un grief de plus qu'on met à sa charge. Les gens instruits répandent le bruit que Berthier se rendra en Italie. C'est un nommé Dejean qui, pendant son absence, aura le portefeuille de la Guerre. Il paraît constant que le grand plan d'opérations et tous les grands moyens seront pour l'armée d'Italie. Moreau a ordre de pousser les Autrichiens jusque dans les pays héréditaire?, mais on ne croit pas qu'il lui sera permis de pénétrer plus avant. Buonaparte veut qu on se maintienne dans l'Empire et surtout en Bavière, et Vienne ne sera menacée que du côté de l'Italie. On assure que si Buonaparte va en Italie, il se fera accompagner de Masséna. Du moins est -il certain qu'on a constaté un rapprochement entre eux.

On continue de certifier que les nouvelles d'Egypte deviennent de plus en plus défavorables. L'armée française s'y ruine et s'y détruit d'elle-même. On y compte plus de 800 aveugles. Cette ophtalmie est produite par l'air du pays*et surtout par les bivouacs que les gens du pays ont eux-mêmes peine à supporter. A cela se joint l'entière incapacité du général Menou, auquel personne ne veut obéir. Buonaparte s'exprime sur son compte de la manière la plus méprisante. S'il le pouvait, il lui donnerait un successeur. Mais personne ne veut se charger d'une telle besogne. On en est à regarder tous les Français qui y sont comme perdus.

Stamford '28

Paris^ 13 décembre 1 800.

Les conséquences de Hohenlinden. — Le Premier Consul et l'armée d'Italie. — La représentation de Charles IX et la ma nifestation contre les Préfets. — Bonaparte et la Russie.

Ainsi qu'on l'avait prévu, la bataille de Hohenlinden a rehaussé les actions du Premier Consul et bâillonné ses ennemis. Toutes les eriailleries sur les légers échecs précédents sont tombées. En même temps que ce brillant événement présage des succès ultérieurs au dehors, il assure la tranquillité au dedans. Les Jacobins ont un peu perdu de leur jactance et n'osent plus élever si haut la voix contre l'homme heureux, sous l'étoile duquel les armées ont recommencé le cours de leurs triomphes. Buonaparte lui-même a pris un air plus serein depuis les avantages obtenus par Moreau et, loin d<3 marquer de l'incertitude sur son départ, il l'annonce comme très prochain. On est loin cependant de regarder cette première bataille comme décisive. On s'en glorifie peu et on répand même à la Cour Consulaire que ce n'est pas du côté de l'Allemagne que peuvent se porter les coups décisifs. On affecte de dire et de répéter que l'Italie est le vrai théâtre de la guerre, que c'est là le vrai foyer des Républiques et que, par conséquent, elle doit de préférence fixer l'attention.

Aussi ne doute-t-on pas que Buonaparte aille prendre le commandement de l'armée de Brune.

Tout ce qui entoure le Premier Consul dit hautement que le premier coup qu'il frappera sera terrible. Son principe est de faire tout en grand et il aime mieux perdre 10.000 hommes dans une afïaire générale que d'en tenter de partielles qui ne peuvent être décisives.

Il paraît que Buonaparte, pour pouvoir partir avec sécurité, a cru devoir composer avec ses ennemis. Ceux-ci ont exigé des sacrifices. lien a fait quelques-uns. La Rochefoucauld (i). Préfet

(2) La Rochefoucauld était si peu une des victimes que le Premier Conh sul avait dû donner en pâture aux Jacobins pour s'assurer la tranquil-

LA HEPRÉSKNTATION l>l-J CHARLES IX. BONAPARTE ET LES RUSSES 435

de Seine-et-Marne, ainsi que d'autres, ont été révoqués et remplacés. Plusieurs personnes trop en vue dans l'Administration ont été obligées de se cacher derrière le rideau et il y aura également quelques destitutions dans les armées. Une autre faiblesse est d'avoir permis la reprise de la tragédie de Charles IX. Des gens apostés par les Jacobins ont saisi à propos les applications et ont crié : « A bas les Préfets, les Autorités en place qui « favorisent les émigrés et les prêtres ! A bas les ennemis des Pa-' « triotes ! » Ces cris ont été couverts par des huées et la tentative a étéélouf[ée(l). Mais on voit avec peine cette levée de boucliers des Jacobins et ces essais de leurs forces pour renouveler la guerre d'opinions.

Les amis de la paix regardent cet incident comme très fâcheux et pouvant avoir des suites pendant l'absence de Buonaparte. On assurait hier qu'il hâterait d'autant plus son départ, qu'un courrier arrivé d'Italie avec une extrême vitesse avait apporté des nouvelles alarmantes; que Buonaparte savait que le général Brune se montrait aussi arrogant qu'inhabile; qu il ne voulait en faire qu'à sa léte et disait qu'il n'avait pas besoin que personne lui fît un thème. — Il parait donc que rien ne retardera le départ du Pre mier Consul, si ce n'est le cas oiî il découvrirait quelque complot contre sa personne ou son autorité.

Des hommes marquants dans l'Administration ont témoigné à plusieurs reprises au Premier Consul de l'inquiétude sur les préparatifs militaires de la Russie. Il a toujours évité de s expliquer à ce sujet. Mais voici, vrai ou faux, ce qu'il a permis à ses entours de répondre à cette question, savoir: Que tout cet appareil de forces n'était déployé qu'au su et au gré du Premier Consul : Qu'il s'agissait de les diriger, suivant les circonstances, sur l'Empereur d'Allemagne ; Que Ton pensait relever le trône de Pologne et y

lité que, le 30 novembre, il avait adressé le billet suivant à Talleyrund :

« Je vous prie, citoyen Ministre de me présenter un projet d'arrêté pour

« nommer le citoyen La Rochefoucauld, préfet de Seine-et-Marne, à une

« Cour d'Allemagne »

La Rochefoucauld (Alexandre-François, comte de) (1767-1841) avait été d'abord au service du Roi de 1780 à 1792. Ministre à Dresde de 1801 à 1805, ambassadeur à Vienne h deux reprises de 180G à 1809, puis pendant quelques mois Résident près du roi de Hollande h La Haye, Comte de l'Empire par lettres Patentes du 28 janvier 1807, Pair de France en 1815. (\) Le Théâtre Français joua le 19 frimaire an IX (10 décembre 1800) Charles IX avec Talma dans le principal rôle et le Babillard, un acte en vers de Boissy. La tragédie de M. J. Chénier avait été donnée le 20 nivôse an VIII (15 janvier 180U) et ce sont les seules représentations de l'année 1800 (Renseignement dû aux recherches et à la bienveillance de M. Couet, bibliothécaire de la Coraédie-Fr; nçaise).

asseoir un des fils de Paul I*"". A ces discours en succèdent maintenant d'autres et on prétend que l'Eaipereur de Russie est sur le point de faire la guerre aux Turcs et que c'est encore un des efïets de la merveilleuse politique du Premier Consul qui ne néglige aucun moyen d'animer les ressentiments et les passions de Paul P'' et de leur faire prendre le contre-pied de sa marche primitive. Mais ces assertions sont infirmées par d'autres personnes, qui ont également des droits d'inspirer la confiance et qui annoncent avec autant de certitude cette prépondérance de Bonaparte sur tous les mouvements de la Russie comme sur les dispositions de la Prusse (1).

On a recueilli d'une source assez sûre que les dépèches de Berlin de son frère Louis n'ont pas satisfait Buonaparte (2). M. de Lucchesini est extrêmement bien traité extérieurement, mais la méfiance sur son compte perce à chaque instant. Ce Ministre a trop de sagacité pour n'avoir pas démêlé les gens auxquels il a à faire et reconnu que Bonaparte a pris un système, celui de gagner du temps avec les Puissances du Nord pour les mettre dans l'impossibilité de lui nuire.

(1) Il ne peut s'agir ici que du rassemblement de deux armées russes en Lithuanie et en Volhynie ordonné par Paul T' à la suite de la prise de possession de Malte par les troupes anglaises et dont nous avons parlé plus haut, page i25.

(2) Rien ne semble confirmer l'exactitude de ce renseignement. Arrivé à Berlin le 3 novembre, Louis Bonaparte avait été immédiatement présenté par Beurnonville à Haugwitz, qui avait aussitôt demandé au Roi de fixer le jour de sa présentation. Dès le 6, Louis dînait à Potsdam avec Frédéric-Guillaume III et la reine Louise, auxquels il avait été présenté par Zasîrow. Haugwitz qui, comme Beurnonville en rendait compte à Talleyrand, « avait laissé voir qu'il le présumait chargé d'une mission parti- « culière, avait dîné avec lui chez le Roi ». Le même soir, Louis avait été présenté au prince Ferdinand et vers le \i novembre, il avait quitté Berlin pour se rendre à Rheinsberg chez le prince Henri. Enfin à son retour de Rheinsberg, il s'était mis en route pour visiter les champs de bataille de Frédéric. Tombé légèrement malade et obligé de s'arrêter à Dantzig, il était à ce moment même en route pour Kônigsberg, « où la « neige, écrivait encore Beurnonvillle, l'empêchera de continuer sa tour- « née ». (Prusse, Vol. 212, Beurnonville à Talleyrând, Berlin, 4 et 8 novembre et 11 décembre 1800).

Page 1