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SOMME AU COMMANDEMENT DU 3- CORPS. îlû
itiieux ; qu'ils avaient même porté la santé de n'en marcliai que plus vite, et d'autant de l'état d'insubordination, d'exaspération t, où SRDB doute j'allais auiprendre cea Vendéens .13 leur église profanée.
Le premier que j'aperçus en j entrant était M. Du Lannn homme de vingt-cinq ans, de cinq pieds sept î le plus remarquable d'entre eux par sa vigueur, dont le regard m'avait paru le plus fier, le plus ar- 'î';nt, que le détachement aï'aib reconnu pour chef, et que . sMViiis riche d'environ vingt mille francs de rentes. Je jetais attendu à le surprendre pérorant avec indignaun ; point du tout, il silHait gaiement. Je m'étais figuré m bi-aânsrveux, gesticulantet menaçant; tout au con- -^tire, armé seniement de son étrille, il l'appuyait sur le : >> et sur les flancs de sa monture avec une telle agilité, ■jon eût cru qu'il n'avait fait autre chose de sa vie en- ■rre! Ce bienheureux exemple était suivi par tous les . litres ; ils redoublèrent même en apercevant leur généra!, ' engageant aiusi, dans ce qu'ils auraient pu ne faire n'ii contre-coeur, par l'amonr-propre de montrer qu'ils ■ faisaient bien faire.
A cette vue, je ne sais ce qui l'emporta en moi, de la s.>tisfaiCliùn ou de l'étunnement, mais ce qu'an fait j'éprouvai de plus distinct, ce fut un soulagement dont j'eus quelque peine àretenir l'épanehement.
Tandis que je réduisais l'apparence de cette émotion à.
quelques éloges, et qu'on me répondait assez fièrement :
[ne le Vendéen aimait son cheval et le soignait comme
3fi MEMOIRES DTS AIDE DR CAMP.
a un compagnon de plaisirs et de dangers, k je cherchaw à m'explique? cette soumission inattendue : il me vint à l'esprit que la cause en pouvait être cette dénonciation dont mon inquiétude venait de s'augmenter. Je compris qu'on avait jeté en chemin son premier feu, qu'on en craignait lea conséquences ; et, poussant dans cotte voie, j'invitai, d'un air plus grave que gracieux, M. Dn Landreau à venir dîner chez moi, où j'avais à l'entretenir. Il vint ; et toDt aussitôt, le chambrant à part, je Ini parlai ia langue de son pays, celle du cœur, et l'engageai à en laire autant. Dn Lan<lreau s'y prêta sans peine, étant au dedans comme au dehors, son extérieur haut, franc et prononcé, se trouvant être la forme visible de son caractère. Mais tont cela était; royaliste, et il en convint.
Je lui répondis : qne, impériale ou royale, c'était toajonrs la même Patrie, et qu'il s'agissait de la défendre; qu'à la vérité les opinions étaient libres, mais non les actions ; que son uniforme, que sa cocarde étaient des engagements sacrés avec l'armée, qae, en les prenant, il s'était rallie à notre drapeau, et que l'honneur vonlait qu'il y fût fidèle ; quant a son intérêt, ne valait-il pas mieux, les premiers pas étant faits, achever de bonne grâce, afin de tirer de sa position le meilleur parti possible? Qu'an reste il était dénoncé, et que sans doute l'ordre de l'envoyer k Paris allait aiTiver; mais que sa parole me suÉRrait pour que, à tout risque, je prisse sur moi de desobéir; que je le garderais donc près de moiî qu'enfin je répondrais de lui corps pour corps, s'il me promettait, en retour, de me répondre de son détache-
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ment, dont, alon il serait «ur-le-chauip Dommé sous-oSicier es bkntôt officier sans doute.
Citte pêroraisoD rémQi, ses tcqx brillèKDt: le voyant ébranléjje lai tendis une maiu amie, en ajoutant :« Elst-ce convena ? > Ce geae acheva de le gagner ; il y l'^pondit, piumit tont, et tint parole. Seniemeut, à dîner, ]ors<iue, en le regardant fixement., je portai la santé de l'Euipercttr, et qn'il ne put s*empf-cber de me faire raison, ce fnt avec nne telle crispatiun de muscles, que son vûitb en retomba brise snr la table!
Tout dépendait du premier jour et de ht preinière nuit : ils se passèrent bien, grâce à ÎI. Du Landrean. et mal^é l'errenr saivante ijn'nn hasard m'avait fivit Cùuimettre. En distribuant ces Vendéens par chambrées, j'avais cra devoir donner pour camarade de lit, Jl l'un do ces messîenrs, son homonyme, imaginant que celui-ci était frère ou cousin de l'autre, * C'est tout le contraire, « mon général, s'écria le lendemain Du Landreau : ils « n'ont rien de commun ijue ienr nom, et la haine ([u'its « ont l'un pour l'autre. L'im est un émigré, l'autre l'ac- « quéreur de son patrimoine ; voilà les deux amis que ï vona avez fait concher ensemble!'» Et il ajouta que ce rapprochement u'uvait pas réussi, qu'ils avaient fait si mauvais ménage, que le bniit l'avait attiré, mais qu'il avait tout apaisé en les séparant.
Au reste, comme, lorsqu'il s'agira de fautes, je ue m'é-
pai^craî pas, je puis dire ici que, dans l'organisation et
diins rinstrnotiou de ce corps, je fis toat mon devoir. Je
ne me contentai pas de mettre ensemble des escadrons,
aÉuornEH. — t, m, B
pour m'en débarrasser en les faisant partir le plus tôt possible ; je Ûs le contraire. Me trouvant seul devant nu grand nombre de recrnes, après avoir appelé deux officiers retirés qn'on m'accorda, j'arrachai quatre sons-officiers instructeurs aux divisions militaires les pins voisines. Cela ae fit d'abord sans l'aven du ministre de la guerre, et même malgré ses ordres ; car alors, pour bien faire, il fallait souvent désobéir, l'Empereur, dans ses instrnctions, n'ayant songé surtout qu'à leur esprit, quand son ministre çn suivait trop esclusivemeot la lettre.
J'ajoutai il CCS trop faibles secours toute l'activité nécessaire. Évidemment un esprit d'insnbordination, de révolte même, soufSait de l'Ouest ; je sentis que, ponr le combattre, pour inspirer, pour soutenir, pour échauffer l'ardeur, il fallait une présence assidue, accompagnée de manières et de paroles encourageantes, et faire naitre le zèle par l'exemple. J'assistai donc à tous les devoirs ; je surveillai le service intérieur, et tons les détails d'ordre, de nourriture, de police et de propreté, tant de la caserne que de l'hôpital régimentaire. J'obtins de la division des lits meilleurs; de l'octroi, l'entrée franche du vin des Gardes ; j'assignai une cuisinière par chambrée ; je voulns que chacun eût son couvert, et, m' autorisant par l'exemple de la vieille Garde, je supprimai la gamelle. Quant au reste, je fus présent à la plupart des distributions ; je ne manquai aucune des leçons, et je mis moi-même la main à l'œuvre. On m'entendît fréquemment faire les appels; pendant cinq mois, on me vit non seulement commander toutes les manœuvres, mais assister aux pansaf^es, et ap-