NOMMÉ AU COMMAKDEJIEST DU 3' CORPS
B d^oùté; et, réellement. lea circonstances ne préaen- [t alors qne trop d'occasions d'une mort utile et ho-
rable.
Je compris qn'i! n'y avait point à insister davantage, je me résignai ; et, rentrant dans toute l'activité de ces temps d'efforts continuels, après avoir pris, à Versailles, possession du gouvernement des Pages, Je partis pour la Touraine. Là, dans le chef-lien de cette division militaire, j'examinai d'abord ce nouveau terrain et les difficultés (|ue j'avais à vaincre. Les hommes convenaient, et non les liens ; les uns suppléèrent aux autres. Un maire commode, un préfet spirituel, actif, ingénieux, plein de volonté; une population riclia, douce, et dont notre rénnion 'levait accroître l'opnlence ; enfin la nécessité, tout cela vint à mon secoiu-s.
On m'abandonna tout le log'ement nécessaire à trois mille hommes et à trois mille chevaux; on iit plus, (juoiqne le préfet se récriilt souvent sur mes exigences. Il disait, avec raison, qu'il n'y avait en ce monde que des à peu près ; qu'il fallait s'en contenter, mais que j'avais la rage de la perfection. Il y avait du vrai dans ce reproche. Cette prétention do trop parfaire, lorsqu'il s'agit d'œuvres d'art ou de lettres, est souvent utile ; elle nuit ailleurs; dans les affaires, surtout, elle est un défant. Elle enti'ave la marche, en nous rendant, avec les autres et avec nous-mêmes, trop exigeants; en concentrant l'esprit trop exclusivement sur un point, ce qui en fait oublier ou négliger d'autres ; enfin, parce qu'elle nous détourne de la réalité, et qu'elle nous distrait du bien eu
ftm rotonfr. k choix ^ fntaM. 1» tiniiiwi dn Xm4r 4'aAcicr aa bwt fwm êm it s«Re^ riiMiluKiMi ft U fMb 0«^ liqiA-fak; tin a'snft ct^ «irifiê. im ^fMIpil. Il snk Utn aoni ««|i*é ^«itiyr peu nrlH &)i«nKtfawik m mtlûtR âerîMénear.nrrcnpRaMaMtdH ff éfcU, wr lecr flogneppapergiàTe. coercitCTe mJnin. «bUb «tr k monranetit suimBel qoe loi-mtoie «v«ft impcitn^. «t ijoi ciunliuit toot etKnre.
Bb sflbt, r«x«np(e de tant dVIans îtimUareK tant de fflb vietoriMx, ponnut chacun àe ceas qu'il employait tmx pbt imndt rfforta. On aiinitt eu honte d'hésiter denat BH ordre in^in« m^xvcataW. arec nn Chef qui n'a- Tait troan^ rien d'impœsiUe ! Après taat d« miracles, pnar •)« maUit manjwr i a &nit«, r^ossir était le premier des devoirs. Or. comne^ dans ces circoustances critiqwn. na recrutement qnekoaqae «tait pour les prefels oit point ^Mtal, rBnpcnar donta boîbs qoe ^amaù 4e kwiik «• «et* «nuion. N^MOMHM hî-iDcQie dit alon : « Qa'n s^attendût i pniwi oèumtr la noîtic de sa da-
NOMME A.V COMMASDEMENT DU > CORPS. -'v
"mande. » On sait que la totalité ea fut dépassée ; pour ma part, au lieu de deux mille cinq cents eavaliera, jV'n I eue trois mille !
^^Ê J'avais craint l'impossibilité d'une pareille levée ; je ^^fte trouvai aubitemeni devant une difliculté toute dilTé- ^^Peute. Je me vis sang officiers, sans instructeais. Bans ■ aucun aide devant une foule d'hommes et de chevaux, tout neufs, dont le nombre allait croître chaque jourJ Xe sachant par quel bout prendre cette épine, J'appelai à mon Bocoura deux otRciera de hussards en i-etraiteJ qu'en Espace j'avais commandés ; puis je me hfiiai derl ^cii£emer, de mettre ensemble, et de soumettre ans règle-i ^Hïenta militaires les premiers arrivés, (~!omme tels ceux-là4 ^Rêvaient être les plus souples par leur petit nombre, ekM ^^parce que, en effet, la plupart de ces jeunes gens, soîbS ardeur, soit entraînement, étaient réellement volontaires.! Mais, le nombre en augmentant, il fallut bientôt diapei-aern ianaU ville hommes et chevaux.
k Ces premièrea et assez légères difficulté^ surmontées, à a trop vive inquiétude succéda, comme il arrive ordiment, une trop grande quiétude. La dui-ée n'en fut fl longue.
Vers le commencement du deuxième mois de cette o ?anisation, j'avais assigné pour lieu de réunion, au premier contingent qui arriverait, la cour intérieure d'un ancien couvent, dont l'église abandonnée devait servir d'écurie. Le hasard voulut que ce contingent fût Vendéen. Un pareil local devait peu convenir à de tels hommes : nnsisil n'j avait pas à choisir; et, dès qu'ils me furent |
ao MÉMOIRES D'CN AIDE DE CAMP.
annoncés, j'allai les passer ea revue dans la ctrar de cet ex-moaa stère.
Jnsque-là je n'avais eu à casemer que des TouranjfeauK, commerçanta de grosses TÎlles, gens de plaine, habitants de jardins, peuple riant, de mœurs douces, et assez faciles à conduire. Cette fois tout nie parut différent : je compris que j'allais avoir affaire à des hommes d'une trempe bien moins ductile; un coup d'œil sufBt pour m'en convaincre.
J'abordai ce détachement de la façon la plus bienveillante qu'il me fut possible; mais mon air gra«ieni se heurt«i contre un rang de têtes hantes, de figtu«B sévères, dont le teint basané, les traits mâles, les regards liers et même hautains, tout en me plaisant, me donnaient à réfléchir. La présence, l'inspection, les questions d'nn officier général, de celui même dont leur sort allait dépendre, enfin tout ce qui oi'dinaîrement impose ne me parut pas faire à ces nouveaux venus la moindre impresaion. A leur poste, comme moi au mien, ils s'y montraient aussi à leur aise que leur chef. C'étaient des hommes, dans toute leur dignité d'hommes, devant nn antre hôitmie. Nous nous mesurâmes ; je me redressai, mais devins pensif. Cette fois, l'entrée en ville de quelques autres contingents ne put me distraire de celui-ci.
Dès cette époque eu effet, à chaque heure, et de toutes parts, il commença à m'arriver de nombreux détachements. C'étaient des Gascons, des Basques, des Bretons, des Hollandais même, et jusqu'à des Toscans, Ces pays ai divers et si lointains avaient été assignés à la forma-
NOMME ai: commandement du 3' CORPS. :ii
1 du troisième corps de Gardes d'Honncnr. Dès que B détachements s'étaient formés en bataille, je passais uis leurs rangs pour en juger l'ensemble; puis, avant r ou de refuser les chevaux, m' établissant dans e la plus voisine, j'appelais successivement chaque e que j'interrogeais, et dont je consignais les réiionses, ainsi que mes observations, sur un état dont j'avais préparé avec soin les têtes de colonne. Age, santé, extérieur, fortune actuelle, fortune à venir, profession soit dn Garde, soit de ses pèi'e et mère, tout enfin, jusqu'à la position politique et la valeur morale présumée du nouveau Garde, était indiqué.
Au milieu des questions délicates que ces renseignements à prendre et ce premier jugement m'imposaient, il fallait avoir grand soin de bien faire observer à chacun d'eux, que le zèle et le mérite personnel, indépendamment de toute autre considération, seraient les seuls titres aux emplois de sous-officiers dont je disposais, et à ceux d'officiers que, sur ma demande, l'Empereur pourrait accorder. Ceci était dit afin de rassurer, sur le but de ces informations, les pauvres et les obscurs, et pour ne las laisser se gonfler d'un vain espoir les riches et les illustres.
Ce jour-ià, dans ce contingent de ia Vendée, ceux de Cftte dernière catégorie ne manquèrent point. II leur suffisait déjà bien assez, pour être fiers, d'être Vendéens. Mais j'eus de plus à enregistrer des fortunes de dix, de quinze, de vingt-cinq mille femcs de rentes, et des noms 9 qne ceux de la Roche-Saint-André, Mariguj, Sapi-
n MI'IMOIIIKH D'UN AIDK DE CAMP.
imu<l, (i'KIWo, Charetto 1 D'autix) part, il me fallut ineitriro iiiiNHi ouliil dfi Ll'Imi, jeune homme instniit et de m^rltd, main io pru)ii'K M» du coiiTentionuel et ami de Ktilipdint'rw I On psut juger do lu diversité de mes impiVMlotii, (|Uo toutofois je eontîna : j'achevai vite. Apne <|Ui>l, j'allni iiio renfermer chez moi ponr réfléchir plue hl>lvmou^, H mo (in.^pururit lutter contre les difficultés n.'Un'IW.
Kh t>fTot, conmtont supixaei' iine cette jeune élite, à rMw, d'un wr ai lior cl si résolu, et qui panùssait d'ames tunuTnim humour, Bosoumottrnit » tout ce qui Vattendsit : iltnv |Mr vwiii|>tir, dt- tvtt \'Y4outaiRe se l^ruu>r M>ixo (tair <'huabt^ : qu'ils ï^tkw d«a\ A (kux tka» àt uwnvuitt tita de oKm uaUtMUi ko wrvK» Mi)(tn«gè des swtîInr dont il'Mx jiwmw'tt kT»t «C^ «MoiirK ib m mftxantaà mat-
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NOMME AU COMMANDF-MEîrr DU 8" CORPS. n3
qn'eitssé-je dû peut-Strc faire ? N'avais-je pas établi inconsidérément nn ordre trop rigide, un service trop strict, quelque chose de trop entier pour la circonstance? N'eritîl pas fallu débuter par dea commencements plus doux, par moins de rigueur dans la discipline ? Mais de quel droit aurais-je dévié de la règle, et comment ensuite y revenir ?
D'autre part, pourtant, comment assimiler à de simjiles soldats ces volontaires si riches, et sims doute remplis de prétentions? Et quels volontaires encore! Pou- \'ai3-je igTiorer par quels différents genres de contrainte lin leur avait incnlqué cette vocation ? C'était, pour nn lion nombre d'entre eux, après qu'ils avaient payé plus dun remplaçant, qu'on les avait entraînés à dépenser, BOUS ce nom de volontaires, encore plus de deux mille francs pour a'équiiie'r, ae monter, et cela pour se voir assujettir à ces devoirs de chambrée et d'écurie, pour eus si étranges.
Et, pour tant de sacrifices, quelle compensation '; La ^'■dnction d'un uniforme do hussards ? Mais quelle puérilitié, vieillie par vingt ans de guerre ! L'assimilation pour ta solde â la vieille Garde ? Mais qu'importait une solde ■ levée à de jeunes honime,s présumés riches ! Quant à l'at- Miiit d'une camai-aderie de guen'e entre jeunes gêna tous 'lit* pour se convenir, c'était une déception, l'émulation i'.â préfets à accomplir, àdépassermême leiiv contingent, lyaat conduit à des achats d'hommes, d'où résultait un iji.'lange incohérent. Quel motif donc invoquerai -j e ? Le patriotisme? Mais il n'était alors question que de recon-
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