‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 13 sur 56 · J ACCOMPAGNE MACDONALD DANS SON AMBASSAJ)E EN DANEMARK · texte numérisé non relu

J ACCOMPAGNE MACDONALD DANS SON AMBASSAJ)E EN DANEMARK

Les généraux en chef qui Tenaient de rentrer en Franco, lors de la paix, avaientdû descendre des hauteurs du commandement et ils ne pouvaient s'accoutumer à cette espèce de déchéance : ils supportaient impatiemment la suprématie rapidement ascendante d'un seul d'entre eux, naguère leur émuje et leur égal. Ils critiquaient, ils blâmaient tout à haute voix, le Concordat principalement. Cet espiit da révolte commençait à s'étendre jusque dans la garda consulaire que commandait Lannes. L'orgueil mécontent de cea généraux s'enflait; il a'appnjait de la clientèle de guerriers nombreux, dont la gloire, presque toute septentrionale, se sentait étrangère à la gloire méridionale, sans doute préférée, des guerriers vainqueura sous Bonaparte. De là aussi deux campa rivaux, deux armées presque ennemies, et, à la suite des dangers d'une guerre extérieure enfin domptés, la nécessité de prévenir les dangers intérieurs de cette rivalité jalouse, et d'une guerre sourde et intestine.

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Ce fut dans ce but que, avec Moreau surtout, honnents ^ndns, éloges prodigués, allianceB de Êimille même, dit- , tous les moyens conciliants et généreux furent emrployéa ; mais l'on a déjà vu la résistance de ce généraL Avec les autres, teîa que Bernadette, Saïnt-Cyr, Brune, L Augereau eb Macdonald, Napoléon se servit de moyens s efficaces. Des missions de diverses natures les disaéînêrent, les unes guerrières, les autres h \& fois guéris et diplomatiques. On envoya Bernadotte commanl'âer l'année de l'Ouest, et kSaint-Cyr, en Espagne, la I division française lancée contre le Portugal. Launea et ' Brane partirent, l'un pour l'ambassade de Lisbonne, l'antre pour celle de Constanbinople. Quant à Macdonald, à parole libre et raîlleuae, que son caractère indépendant et fier, et que son intelligence avec Moreau rent gênant, dès avant sa rentrée en France dans les remiers mois de 1801, il fut destiné an Danemark. Le Danemark tenait la clef de la Baltique. Placé anx f avant-postes de la neutralité armée des rois du Nord ri menacée par la flotte anglaise, et déterminé à se défendre, ilnons demandait un général. La mission de Macdonald à cette Cour lointaine lui fut donc représentée comme 1 moins diplomatique que militaire. Macdonald irait I porter, à cette extrémité de l'Europe, la gloire des armea L' françaises. Ses aides de camp, son état-major et ses offi- ■a d'artillerie et dn génie l'y accompagneraient. Macl'donald n'accepta cette mission que sous la condition d'en f iêtre rappelé dès qn'elle cesserait d'être guerrière. En con- Sqnence, partant anssitût de Trente pour Paris, par Vé-

rone. Milan et Turin, il me laissa l'ordre, comme au pli jeune de ses aides de camp, de ramener en France son. quartier général et deux compagnies d'infanterie et de cavalerie qui l'escorteraient. Le sort ainsi me favorisa : dès ma première année de service j'avais fait connaiBsance avec nos généraux les plus renommés : j'avais vu, à grandes et petites journées, le sud-est de ia France, la Suisse, l'Allemagne méridionale et toutes les Alpes ; j'allais voir le nord de l'Italie ; j'avais assisté à une grande bataille, à la guerre de plaines, à celle de montagnes ; enfin, je ne revenais h, Paris que pour en repartir, et pour voir encore, sous un double aspect, l'est de la France et l'Europe septentrionale.

En an'ivant à Milan, je rendis visite au général Monoey qui y commandait en chef. Je lui trouvai tout l'extérieur de sa position. C'était un homme du plus grand air : taille élevée, figure noble, formes graves et majestueuses. Mais ces dehors renfermaient, avec un noble cœur, un esprit inquiet, s'embarrassant d'une foule de conaidérations ; trop dépendant des autres par trop d'estime de leure louanges ou de leurs critiques; supposant trop de mérite à celui qu'il avait en face : en sorte que, s'ajontant aux difficultés, il se combattait lui-même aussi dans son adversaire.

Je m'étonne encore aujourd'hui de la longévité de ce marécbal; tant ce caractère inquiet et sa conscience trop irritable, qu'agitait an delà de toute expression la moindre responsabilité, ont dû fatiguer son existence. Un souffle, un rien, tout lui donnait la fièvre! Il en était malade, en

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le moment, mal^ l'estime générale et la f avenr du Prer Consul ; et c'était non senlement dn souvenir de a malencontreux armistice de la Piétra, mais même, et fré le traité de Lauéville, des einbaiTas d'un comment devena pourtant tout pacifique. TJn quart e de conversation me découvrit tout entière cette nielle disposition de son esprit, qui ne lui a jamais laissé I instant de quiétude. Je ie quittai confondu : il j a e cela quarante et un ans, et je ne comprends pas que, kftbituellement en proie à tant de pénibles émotions, il e exister encore !

s la seconde quinzaine de mai, un an après mon remier départ, je rentrais à Paris je me retrouvais dans a &inille. Le i-etour de la belle saison, coïncidant avec m, avait éloigné de Paris, mou ancienne société. Ce t pour moi une difficulté de moins. L'épreuve d'ail- BurB eût été courte, car en arrivant je reçus l'ordre d'être t à repartir. Je sua que Macdonald, k son retour de mte, passant par Nevers, y avait appris l'assassinat de il I"", le désastre de la flotte danoise brûlée par Nelson 1 rade de Copenhague, et la soumission forcée i en avait été la conséqnence; qu'alors, jugeant sa Bsion sans objet, il s'en était cru dégagé ; mais que oléon avait persévéré, qu'il avait prétesté !a poasibie relever de ce donble échec la neutralité armée des i du Nord; et que, pour le décider à se rendre en :, il l'avait flatté, après nn court séjour dans ce e obscnr, de l'ambassade de Péterabonrg. Déjà même edonitld faisait à grands frais les préparatifs nécessat-

res à une do^ti nation aasai iiuportitiite. En lu^mc tempe' le Premiei' Consul, qni ne négligeait aucun détail, s'était ntpftelé lu brillante renommée qne mon {lère avait laissée 4 la Cour du lu grande Catherine : il avait voulu qne je (hsse attaché diplomatiquement à celte ambassade. Le I"'juin je reçus ma nomination ;et bientôt après, comme ftspimnt ft aide de camp je partis avec Uacdonald.

Oh ne pouvait montrer, pour la première Fois, an nord de l'Eiirt'pe. nn pins illnstre et pins digne représentant de la gloirc pure des armées de la République. Ce voyage Alt iwuT Macdonald nn triomphe contînnel dont nona primes pins que notre part. Partout la foule se pressait sur nos pas ; partout Uacdonald se montra généreux jusqu'à ta prodigalih', sartout pour les Français malheureux qu'il rencontra. Nous Tintes Leipsiek. Dresde, ei Pilniti, célèbre pmnt de départ de la gnerre de la Révo- Intioa. Nous fûmes fvœeotès à l'Électenr. excellent prince, mais d'un caractère méthodique et si soatais à l'étiquette, qtt'elle k- stii\-si( même, dîsftîi-oa, dtaos rintérienr de scn ' palais, jit^^ue dans les fans de I*âKtriee! Noos en pbi- Ewitioos alors : d»t3 Boiie ïêgtoeté native et révr^tigeiuîre.ttt<cred^iildeBiétb)denaïtâeeeqQe cespenpha en avÙMit d» ttop; ai^ocadlan ptasteors d« imoi mak pent-fare qne nao» fwrirwii toos gatpiéà Jmamhlabfas. Rgtet&iDt poar «ras ane bon mi Tftwn -n jTT. -TTTtiBtfn. Tflgi'i"'^*". if nu "n

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Sb, des Princes, des PriQcesaes du cette Cour, et pins exilioitemeiit d'an grand nombre de leurs entoura, des B de l'estinie profonde que tous conservaient m mon père, à son histoire du feu Roi da Prusse, quelpe véridique qu'elle fût, et de leurs regreta de ce que a Prince eût suivi des conseils opposés à ceux que mon père lai avait apportés dans sa dernière mission diplomatique. On se souvient que cette mission avait précédé la guerre de 1792. qu'elle n'avait pu empêcher.

Quant au mauvais succès de leur première campagne, l'nn des anciens aides de camp de ce monarque défunt .s'efforça de l'excuser. Selon lui les ordres donnés au duc ! Bransivick n'avaient pas été suivis. Frédéric- Guil- B II avait voulti que, à Vahny, on ne s'en tint pas e simple canonnade. Son avis avait été d'attaquer, 3 livrer franchement bataille. Mais le duc de Brunsick, Be aouveuanb trop que le roi avait été son élève, ^vait point eu égard à ses instructions. Cet officier 3si que, trompé par nos émigrés, on ne s'était tendu qu'à une simple marche militaire, pendant lanos populations, et notre armée elle-même, Murraient se joindre aux drapeaux prussiens ! Il expli- [t ainsi, et la fatale proclamation du duc, et te déjoîntement de ce général, et le découragement qui en s résultat, e séjour en Danemark fiit pourtant de six mois Jutiers. Mais à chaque dépêche Macdonald renouvela b demande de son rappel, et à la demièl-o il l'exige» si aipériensement, qu'il fallut bien y condescendre.

Quant à moi, ce séjour me îiit profitable; il eut méiii& sur mon avenir nue influence heurense, inattendue et décÏBive, Si j'en parie arec complaisance, il fant m'excaser. Ces détails contre-balaneeroat la répatâtion nn pea fatile que m*ont vaine sans donte quelques chaînons fort êtourdiment ébauchées sur les marges des archive» de notre lé^tion, et qui ne déposent point en faveur de l'attention suivie que je devais apporter à cette étude. A vingt ans quelques distractions de société, au miheu de travans sèrieiu, n'ont penb-étre pas besoin d*excuse; mon amour-propre cependant, et le bon exemple qn'îl faut toujours laisser aprfe soi, m'entraînent à dire qu'on aurait tort de me juger snr cette apparence ; qu'en réalité l'emploi de mon temps fut honorable; et que, si le résultat en a été ponr moi plus profitable que je n'eusse dû m'y attendre, du moins fnt-il qaelqne peu mérité.

Pendant le jour, chez Macdonald, et partout ailleurs, à table, en société, je recherchai les personnages les plus remarquables, les écoutant, les attaquant même de queetions autant que me le permettait mon jeune âge : je m'efforçais ainsi de rassembler le pins de notions possible sur le pays, les choses et les hommes an mihen desquels je me tronvais. Fuis le soir, avant de me mettre à mon précis, je grossissais, j'enrichissais avec joie, mon cahier de notes de tout le butin que je venais de recueillir.

Je fia plus : mon trésor une fois commence, je délias aride; je redoublai d'efforts pour rangment«r. J'osai

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ier mon ignorance juaqne chez lea savants les plus

Satingués. Des profeaseurH, un Français entre autres, et

e célèbre Nybourg lui-même, m'accueillirent avec indul-

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