EXÉCUTION DU DUC FENGHIEN, VS
■soins actifs et intelligeuta qui y rétabliSBeut l'ordre, y ras-
I Bemblent de tontes parts les chefs-d'œuvre des arts, des
I Bcienees et des lettres, et y recueillent !ea manuscritB
récieux ; en même temps cent ingénieure, explorant le
Iftoritoire français et allié, portent à un nouveau degré
e perfection nos connaissances topographiques : cette
ae Bimultanéité d'œuvres si diverses exalte de
ÉduB en plas l'enthousiagme de la France.
Mais ce que diucun de nous, témoins plus intimes de la vie privée de Bonaparte, doit à sa mémoire, sans contester son ambition, qui dès lors tendait évidemment au pouvoir suprême, c'est d'attester la grandeur de sa pensée k tonmée tout entière et sans cesse au bien pnblic; sabien- Eaisance pour les infortunes privées ; sa douceur, son écolomie, sa simplicité dans ses habitudes intérieures ; la ! de son attachement pour ceux qui reutouraient: 1 le calme de son esprit au milieu de mille trahisons s dangers secrets dont ses, pas étaient environnés. 3ap alors chaque instant lui révélait une perfidie nouvelle ; lui décelait un nouveau piège dressé contre sa vie. plus il dévouait sim génie au bonheur de la France et } s'en montrait reconnaissante, plus î'acharne- ^t de ses ennemis redoublait d'inventions atroces ! L cette époque, c'était à Saint-Cloud et pendant l'aue 1803, je me trouvais chargé presque excluailent de la garde de sa personne. Parmi les olSciers e secondaieut, ceu.x de !a gendarmerie d'élite me ifiaient fréquemment les motifs de leurs inquiétudes, i c'était le projet éventé d'une embuscade sui- ta
W MEMOIRES D'UN AIDE DE CAilP,
ronte de MalmaÎBon, d'où l'on devait s'élancer dans lu voiture du Premier Consnl; tantôt celui d'une mine creusée sous une partie du ciiemin de Saint-Clond et sur son passée, dans un lieu choisi où un embarras l'arrêterait. Une autre fois, et anr un bloc de marbre placé près de la porte-croisée du cabinet de Napoléon, celle qui onvrait sur la terrasse de l'Orangerie, nos rondes de nuil surprenaient un assassin debout et collé contre la statue, que portait ce piédestal.
Un jour entre autres, l'un de ces officiers, plus inquiet que de coutume, me demanda, si je n'avais paa vu, par la croisée du salon de Mars, mon poste habituel, un homme d'une large et forte carrure, les yeux couvertsi de noirs sourcils, la figure sinistre, et dont la forte tête était engoncée dans les épanles. Ce signalement était celui de Georges Cadoudal. On assurait, disait-il, que ce chef de conjurés était venu reconnaître, lui-même, ce côté d'nn accès facile et de plain-pied de l'appai-tcment du Premier Consul. Je me souvins en effet d'avoir vu rôder' de ce côté nnc Sgure à peu près semblable. Mais alors le' complot de Cadoudal était plutôt une supposition qu'une certitude. Ou ignorait encore que, le 22 août 1803, un bâtiment de la marine royale anglaise avait jeté nos côtea ce général de chouans avec une partie de ses complices; que, en décembre 1803 et en janvier 180+, MM, de Rivière et de Poligaac, Pichegru, et d'antres conjurés, avaient suivi les pas de Georges ; et que déjà tous, an nombre d'environ quarante, étaient réunis et cachés dans la capitale.
EXÉCUTION DU DDC D-ESGEIEN. W<
En effet l'Angleterre étonnée a'était, ponr la première
I, alarmée pour elle-même ! Son gouvernement, dans
1 anxiété croisBante, après l'avoir armée tout entière,
Vêtait abandonné k tous les moyens de salat qu'on lui
ait, même au plus coupable, à un assassinat.' Frémé-
âitation, Boudoiement, commencement d'exécnbion, rien
ne manqua à l'odieus d'un projet aassi criminel ; le Toici
tel qu'il se déroula successiTement, houb nos propres jeux,
dans sa ptiis triste nudité.
Pendant que, avec double solde anglaise, nos émigrés allaient recevoir, le li janvier 1804, du Cabinet de Londres et du Prince de Condé, l'ordre seuret de ae rasaembler sur les bords du Rhin, ou, par uu malheureux hasard, le duc d'En^hien se trouvait alors, d'autres émigrés français, k plupart partis de Londres, ou venus de au nombre d'environ cent conjurés, devaient ^'être glissés jusque dans Paris. La mission de ceux-ci, I }>ayée d'un million anglais qn'on saisit sur Georges Cadoudal, l'àme du complot, était de se déguiser sous des nniformes dâ notre Garde, de se poster sur la route de
»Saint-OIond ou de Malmaison, d'attaquer, au milieu de pa escorte d'environ douze hommes, le Premier Consul, qt de le tuer dans ce guet-apena !
i Cet assassinat de grand chemin avait été décoi-é du 6om de combat! Grossier subterfuge si aveuglément accepté par le Comte d'Artois, qu'il envoya ses aides de camp faire ainsi leurs premières armes, et même son second fils le Duc de Berrj I Celui-ci, qu'excuse sa jennesse, n'échappa au crime et à ses conséquences, dans cette
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même ville où il devait, ue Jour, périr par un attentat auafli odieus, que parce ijue, au moment de débarquer h son tour au pied de la même falaise qu'avaient escaladée ses complices, un signal le prévint que le complot était éventé.
Quant au résultat, on s'était abusé jusqn'à cumpter sur l'armée française ! Erreur d'émigrés, fondée sur l'attitude, et les propos de plus en pins hostiles, de Moroau et de 80U parti contre le Premier Consul. On avait espéré gagner ce général k l'attentat, l'embaucher même dans !a cause dn Prétendant au moyen de Pichegu. Ce conjuré, ancien ami de Moreau, avait été appelé, de Londres dans Paris, par (îeorges ('adoudal. En cela Georges et le Comte d'Artois forent trompés par un rapport de Lajolois, officier réformé, leur entremetteur : rapport d'espion, c'est-à-dire exagéré. On sait que Moreaa n'accepta tacitement de ce complot que sa confidence, n'osant pins, laissant faire à d'autres, attendant d'être déban-aasé dn Premier Consul, que vaguement il eut, quelques moments, la folle prétention de remplacer comme Chef de la République !
Cependant, dti côté de Napoléon, malgré l'arrestation de quelques chouans dont les allures semblaient suspectes, on ignorait la pi-ésence d'un si grand péril. On savait seulement que Drake. ministre anglais eu Bavière, dont un agent secret de Bonaparte avait surpria la confiance, excitait nos mécontents à profiler d'un crime qn'jl semblait prévoir; et !'on cherchait vainement à comprendre pourquoi, dans toute l'Europe, la mort prochaine