‹ Un aide de camp de Napoléon; mémoiresChapitre 55 sur 56 · INTRIGUEE A PARIS : FOUCHÉ ET BERNADOTTE · texte numérisé non relu

INTRIGUEE A PARIS : FOUCHÉ ET BERNADOTTE

triste renommée, sans la décolorer de ces teintes sanglantCB et révolationnairea dont le public et Clarck la surchargeaient. "Voilà sans doute pourquoi, espérant se réiiabiliter, le premier besoin de Fonché, encore tout chaud de cette scène, fut de me raconter sa vie entière, récit que je retrouve dans mes notes écrites ce jour-là mêmes L(snt il me parut curieux à conserver.

[ Monsieur de Ségur, me dit-il, on fait but moi bien [ des auppoaitiona et beaucoup de contes. On prétend que I j'ai été prêtre et que je suis marié à une religieuse. La « vérité est, qu'élevé à l'Oratoire, je n'y ai pas même été

il tonsuré ; et pour mon mariage, qu'il a eu lieu en 1789, C époque où les prêtres ne se mariaient pas et où l'on r n'épousait point des religieuses.

l « On fait encore à mon propos une autre supposition t non moins absarde : on me prétend révolutionnaire! t On cite Lyon ! Il y a dans tont cela, ignorance, confa- ': « BJon, anachronisme. Qu'il ait alors fallu hurler plus ou. I a moins avec les loups, se soumettre à dea nécessités de i « circonstance, cela se conçoit : mais le fait est que, ena voyé là, après le sac de cette ville, j'en revins révolté, K avec un rapport contre Robespierre, et qne, à dater de ce moment jusqu'au 9 thermidor, je fus sou rival déf claré!

t Robespierre s'était établi aux Jacobins, et moi dans

( les Oomités, d'où je le chassai ; vous allez voir ! J'étais

Wk Jacobin moi-même, mais il y en avait de denx espèces.

I Quant à nous, noua n'étions pas populaires; nous par-

I lions d'égalité, mais au fond nous étions aristocrates '.

:Bg MEMOIRES D'US AIDE DK CAMP.

c Oui, plus aristocratcH que qui que ce soit peut-être I 'f Les Jacobins du parti contraire, comme piir exemple 1 Hullin, battaient le pave; ils vociféraient dana la foule I du piirteiTS ; nous ne les voyions que dos logea. Ce- I talent les suppôts de Eobespierre qui flattaient cette [ populace; Eobespierre en était le chef, l'àme, pré- 1 tendant régner par eus et en écraser la Convention > mnis nous y étions ses antagonistea, moi en tête ! Il mi I craignait; je le cormaïssaîa depuis sa jeunesse, noua t avions été d'une même académie; j'avais alors eades

< occasions de lui prouver son insuffisance, insuffisance ï relative, car on l'a mal jugé. Il avait quelque talent, i une volonté forte, persévérante ; de la simplicité, point

< d'avidité ; mais il était tout bouffi d'un orgueil que j'aa vais humilié. C'en était assez pour être certain qu'il K serait mon ennemi mortel ; que son caractère liainenx I et envieux ne me ie pardonnerait jamais, pas plus qu'à I Lncuée que, sans Carnut, il eût fait guillotiner I Et ï cela, uniquement parce qu'autrefois, et à propos d'un I concours académiqae à Metz, je crois, le mémoire de I Lacuée avait été préféré au sien. Mandé à Paris, dès * 6on arrivée, Lacuée était perdu si, d'après l'avifl de » Camot, il ne se fût échappé par nne porte, au moment X où, par l'autre, les gendarmes accouraient pour le saîn sir et livrer sa tête à l'amour-propre blessé de Robeao: pierre !

« Je compris qu'il ne fallait pas aller combattre an « pareil homme dans son club ; qu'il m'y ferait qndqne M carmagnole; que j'y serais dominé, écrasé, et, que pour

INTRIGUES A PARIS : FOrCHIÎ ET BEHNADOTTE, 45«

( lui résister, il fallait choisir iin autre ten-ain, c'eat-àt dire !a Convention elle-même et ses ComitéB.

: Ce fut donc là que, à mou retour de Lyon, je dé-

; butai par un rapport sur ce qn'il y avait à faire pour

[ arrêter l'entière désorganisation de cette province, dont

1 j'accusai Robespierre. On fut surpris, terrifié de mon

r ■« audace, Camot entre autres, qui dans son émotion

n'embrassa, louant mon courage, mais eu m'avertis-

I V saut qu'il m'en coûterait la tête '. Cela ne m'arrêta pas,

I it je persistai ; et, m'adreasant à tous les ennemis du Dic-

I r tateur, soit à part, soit dans des réunions que j'e cou-

; voquai comme chef de l'instmction publique, je les

f 0. remontai, les encourageai, et je décidai le Comité à

I « appeler Robespierre devant lui pour se défendre. O'é-

1 tait le mettre en fausse position, il ne l'accepta point ;

t il refusa de se présenter et se renferma aux Jacobins,

I où je proposai de le faire attaquer, saisir comme re-

[ belle et jeter à la rivière !

t Nous en préparions les moyens quand arriva le 9 r thermidor, jour où Taliieu, à lui seul, inopinément, s en avoir avertis, sans connaître notre projet, ( nous prévenant, dénonça Robespierre comme le tyran [ de ses collègues 1 11 me cita à l'appui de cette interpelt lation, à quoi Robespierre repoudit, que ceci était nn [ duel entre lui et moi ! Vous savez le reste. Mais ce t qu'on ignore, c'est que, bous le Directoire, c'est encore [ < moi qui ai détruit la queue de ce parti, après en avoir I ainsi combattu la tête !

are des Jacobins ; non pas de cens de

no MEMOIRES D'I.'N AIDE DE CAMF.

' ]& Convention, dont j'avais été ; ceus-là avaient voulu < abattre la Royauté et mettre ù, la plaœ uae Bêpublii que ; iJa eurent un grand but, taudis que ceux du Di- ( rectoire n'en avaient aucun.

K Leur club, re8Buscité4a>nn la B&lle du manège, se «Ha- K p<œait déjà de trois mille frères et amis, lia conunent (aient à prendre pied, lorsque je fia contre eux un rapt port au Directoire. La conclusion en était que, anxjeox ( de l'Europe, il était avilissant pour le Gouvernement ' de se laisser imposer la loi par cette tourbe d'anarohis- I. tes. Sur cet avis le Directoire, divisé, incertain et n'o' I sant se décider, envoya aux Cinq-Cenba ma proposition, 1 Cela lit crise, et d'autant plus, que Beraadotte, alors I ministre de la guerre, Marbot, commandant de Paris, n et Jourdan, Pi-ésident des Cinq-Cents, soutenaient ces n Jacobins. Oa cria à la tyi-annie, on m'abandonnait, 'I j'allais être sacrifié ; mais je n'hésitai pas. Je fis ' " Bernadotte chez moi, et je lui dis : Imbécile! Où ï vas-tu, et que veux -tu faire ? En g.i, à la bonne heure,

I il y avait tout à g^ner à défaire et à refaire \ Maïs ce

II que uoiw voulions alors, ne l'avons-noua pas aujoor- « d'hui? Or, puisque noua voilà arrivés et que noua n'a- « vons plus qu'à perdre, pourquoi donc continuer ?

a. It n'y avait à cela rien à répondre, et pourtant il « s'obatina. Alors j'ajoutai : Comme tu voudras ; maja « souviens-toi bien que dès demain, quand j'aurais affaire. X à ton club, si je te trouve à sa tête, la tienne tombsTK « de tes épaules ! Je t'en donne ma parole, et je la : 1 drai! Cet argument le décida.

INTRIGUA A PASie : FOUCHÉ ET BERNADOTTE. 441

« Qnant à Jourdan, le lendemaiD, au moment où, ( dans son Conseil des Cinq-Cents, lui et ses partisans ( commençaient à vociférer, criant qu'il fallait mettre

< hors la loi le ministre de la police, un ^and bruit de t cavalerie .les interrompit. C'était un régiment dont le

< chef était à moi. Je lui avtia prescrit, pour tonte ma^ i nœnvre, sur un signa! convenu, de passer et de rei passer, au p;raud trot de ses chevaus, autour de la salle I de l'Asseralilée, et de faire autant de bruit qu'il serait i possible. Cela réussit, A ce bruit subit et inattendu de a cliquetis d'armes, des commandements des officiera et 1 de mouvements militaires, la peur prit à la gorge des c plus criarde, lonra voix faiblirent, celles de nos amis I prévalurent; et, le soir même, le manège fut fermé anx i Jacobins ! Repoussés de là, ils essayèrent de se réonir ( au palais de Salm, d'où je les fis chasser encore ; après t quoi quelques arrestations, accompagnées de force me-

< naces sans effet, suffirent pour terminer cette carma^ ( guole. »

Ce fut ainsi que Fonehé, voulant apparemment me prouver qu'il était des nôtres, et l'ami le plus utile ou l'ennemi le plus dangereux, m'en coula pendant une heure. Lorsqu'il tut au bout de cette singulière et naïve apologie, il me quitta, convaincu qu'il m'avait édifié; que, entre les deux nuances du TeiTorisme de fioltespierre et de son Jacobinisme, j'allais établir, en son honneur, nue gi-ande et flatteuse distinction ; qu'elle me ferait oublier en lui le régicide, le proconsnl, le signataire de tant de sanglantes exécutions, et que c'était à coups de nos têtes qu'il avait

Ui

MEUomES DT!; AIDE DE CA3tP.

aoatcna sa Intte contre Robespierre; qu'enfin j'admirerais avec quel génie, dès qu'il avait été personsellemeat satisfait du fimit de ses œuvres, il avait sa s'arrêter, se retourner, et s'associer k ses victimeE.

Mes concloaiona furent toutes différentes. Dans cette singnlière justification, si l'on pouvait reconuaitre nn personn^e dégoûté des crimes auxquels il devait son élévation, depuis que ces cruautés lai étaient devenues inutiles et même nuisibles, je via surtout le plus audacieux des intrit,'ants, toujours disposé à risquer tous les moyens révolutionnaires, on autres, pour se conserver indisjieasable, à tout pris, dans la position qu'il s'était acquise : ministre dangereux au Gouvernement qui l'employait, prêt sans cesse à le traiiir, et ne le servant que dans l'intérêt de sa propre cause !

t NAPOLEON J

EL'BPTION m: M. DE (.■HATEAUBRIAND A l'académie.

fTapoléoa se faisait pen d'ilIusioiiB sar leB sentiments F- qu'il inspirait. TJn jour s'adressant à mon père il l'avait r interpellé Bor ce qu'il peiiaait qa'oa dirait de lui après sa 1 mort. Mon père commeuçait à e'étendre Biir nos reo-rets. t Point du tout, interrompit l'Empereur, on dira : t Ouf! » et il accompagna cette exclamation d'un geste 1 de soulagement, qui exprimait de la manière la plus si- ) gnificative les meta suivants : n Enfin noua allons donc I respirer et nous reposer. »

Toutefois en pnbiic, et hors de aea entretiens pavticu- I liers ou des diseusaions de son Conseil, il étiiit souvent I dangereux de se trouver en travers du chemin de Napo- I léon. On en jugera par nn incident de cette époque, où I mon père encore figura.

Chénier venait de mourir. M, de Chateaubriand s'était

mis an nombre des candidats prétendant à le remplacera

l'Académie Française, que mon père alors présidait. M, de

i Chateaubriand vînt donc lui demander sa voix, et ae re-

m MÉMOIEES D'CS AIDE DE CAMP.

commancler à l'inflacnce qu'il pouvait exercer sur sw confrères. Mon père lui répondit franchement que, pourcette foie, il venait trop Utrd, et qae sa voix et cette intinenoe il les avait destinées à M. Aignon, traducteur de l'Iliade; que, à la vérité, les statuts déf'eudaienb qne l'cx s'engageât d'avance avec ([Uiqnece fut, mais non passvw soi-même, et que telle était sa situation. Pourtant M. de Chateaubriand insista avec tant de vivacité, il s'appaja de titres si puissants, ii promit si formellement sa voix et celles de ses amis à M. Aignan, pour la première f vacante après celle de Chénier, que mon père, entr&taé pat ie bon droit de l'auteur du Génie du Christianùntff décida M. Ajjqian à lui céder un fauteuil dont il se croyait déjà presque assuré.

M. de Chateaubriand semblait tenir particulièrement 4 ce fauteuil. Il ne manqna point à la coutume, imposée à tout candidat, d'aller solliciter chacun des autres suffrages dont sou élection dépendait. Il fut élu. Il saTaifc que, dans son discours de téception, il avait à iaire l'éloge de l'académicien qu'il remplaçait. Or Chénier avait été l'un des régicidesquel'on voyait siéger à l'Institut. M. de Chateaubriand composa son discours avec beaucoup d'art. Son but évident fut de ne déplaire à aucun de ses nonveaux collègues, sans en excepter Napoléon. Il louait avec une vive éloquence la gloire de l'Empereur; il exaltait la grandeur des sentiments républicains; mais il disait qu'il ne pouvait faire dans Chénier que l'éloge de l'hominô de lettres, rappelant, à ce propos, que l'Angleterre aTtûb été quarante ans sans se vanter de Hilton, qui n'arait

RECEPTION DE CEATEAUBKIjVND A L'ACADEMIE. 415

I .point voté l'exécution de Charles l°\ mais qui en avait 1 ibit le panégyrique !

Ce discours, comme tous cens de réception, avant d'être prononcé publiquement, dut être examiné par une Commission de douze membres de l' Académie française. Les avis de ues académiciens se partagèrent (paiement : s pensèrent qu'il produirait une impression fâchenHo ; [ les six autres, au contraire, le jugèrent favorablement. IMon père et M. de Fontanes furent de ceux-ci; mais l'un I dea six premiers, Rejpiautt de Saint-Jean d'Angély, trop I impétueux dans ses appréhensions, courut avertir l'Em- I pereur de cet incident, à ses yeux plus politique que Jit- Ptéraire;il hii communiqua l'impression exagérée qn'ij'd I avait i-eçue de cette lecture, et revint loyalement prévo*B I Bir mon père et M, de Fontanes de cette espèce de i I nonciatioD. Sur cet avertissement, M. de Fontanes a'ab»f fiinb prudemment, pendant huit jours, d'aller faire i I cour à l'Empei-eur ; dès le lendemain, au aoîr, mon père ^ li^'y exposa.

C'était à Saiut-Oioud ; il y avait spectacle. L'empereur, ftfiu sortir de sa loge le rencontrant, lui dit assez brusque- ! Venez au coucher. Monsieur ! k Mon père l'y Bfluivtt. Napoléon, dès qu'il l'aperçut en avaut de la foule ■ nombreuse d'officiers de sa Cour rangea, debout eu cercle [autour de sa personne, vint droit à lui. n Monsieur, s'é- I « cria-t-il aussitôt, les gensdeiettres veulent donc mettre Il à la France ! J'ai mis tous mes soins à apaiser [ les partis, à rétablir le calme, et les idéologues voui draient. rétablir l'anarchie ! Sachez, Monsieur, que la

■i réaurrection de U Monarchie est un mystère; i ■( CDmine l'Ait;he ! Ceux qui y touchent peuvent être « frappée de la foudre ! Comment l'Académie ose-t-e <• parler des régicides, quand moi, qui suis couronné, tsb ■t qui dois les haïr pins qu'elle, je dîne avec eux, et je

0 m'aaaeoia à côté de Carabacérés ! »

<i Votre Majesté, répondit mon père, veut sans doute

n parler de la Commission de l'Institut ; mais je ne vois " poB en quoi elle a pu mériter de pareils reproches. — « Elle en a mérité de plus graves, repartit l'Empereur; « et vous, et M. de Fontanea.comme Conseiller d'Etat et

1 comme Grand Maître de l'Univeraité, vous mériterîea K que je vous misse à Vincennea I t Mou père répliqua : •( Je ne vous crois point capable. Sire, de cette injustice. Œ On pent trouver naturel d'entendre blâmer !a mort de (I Louis 5VI, sans croire contrarier nn Gouvernement < qui vient de faire dressera Saint-Denis des autels ex- K piatoires ! s

A ces mots, l'Empereur, en colère, frappant du pied, s'écria : « Je sais ce que je dois faire, et quand et et •I ment je dois le faire ! Ce n'est point à vous de le ju- « ger I Voua n'êtes point ici au Conseil d'Etat ! El je ne K vous demande point votre avis ! »

« Je ne le donne pas , répondit mon père, je me justifie ! »

M Et comment, reprit l'Empereur, justifiez-vous aos 1 pareille inconvenance? »

t. Sire, dit alors mon pèi'e, M. de Chateaubriand, dauK m son discours, compare Chénier à Milbon, qui était un

BÉCEPTION DE CHATEACTBMAND A L'ACADÉMIE. 447

t giund homme ; et, quand il le condiimne, c'est en ne t traitant que d'erreur d'une âme élevée le répulilioai nisme et le vote de Chénier. Je n'ai vu à cela rien [ d'inconvenant, w : Enân, ajouta Napoléon, an lien de faire l'éloge de M)n piédéceBsenr, il a condamné tom les r^icides,

I dont une partie est dans l'Institut. L'aariez-voua osé me lui, en faœ d'eux ? i>

It c'est jnsteraent, Sire, s'écria mon père , ce que fait dans le tableau politique de l'Europe, quand

i iisgouvernaient encore, pendant la République; et, là, . ( ce que M. de Chateaubriand n'appelle qu'erreur, je '

II l'ai nommé crime T Ces messieurs ne m'en ont pas « mauvais gré ; ils sont plus accoutumés que vous ne le I 1 pensez aux discossious politiques, >•

1 Monsieur, répliqua l'Empereur, on lit froidement j <( un ouvrage dans son cabinet, il n'eu est pas de même <

II d'uu discours prononcé en public ; cela aurait fait un s scandale honteux 1 >■ « En le permettant, répondit mon père, c'aurait été, ir tout au plus, un scandale de vingt-quatre heures ; en I le défendant, ce sera peut-être celui d'un mois ! n "" a Je voua répète, Monsieur, reprît rudement l'Empe- « reur que je ne demande pas de conseils. Tous présidez « la seconde classe de l'Institut, je vous ordonne de lui a dire que je ne veux pas qu'on traite de politique dans K ses séances ! »

« En ce cas. Sire, ajouta mon père, je doia renoncer i à l'éloge de Malesherbes qu'elle m'a chargé de faire. »

4W ItBMCUBES lyXnS AlDE DE CAMP.

« Je d'j vou pas an très graind mal, » répondît Kspotcon. Puis, (le ^ voix brève et la plna impérieuae > Eiécutei mon ordre : alkz, et s(<ngts bkn «{W, « b c C'kaKTdé£obêit,jelacas$eraicommeQninaavaÎ3clabti

L'Emperenr en acberant ces mois alua, et chacun, b tête lAÎssee. se retira, éritaDt mon père, ii rfixceptîon ào Duroc, rjai, se rapprochant de loi, Ini fit observa' qoc e'il n'avait rien répondu, cette scène n'aurait dnié qn'na seconde.

Le lendemain matin, mon père, décidé à nne explka tion, ne man^Da pas de se rendre an lever, où plndei loi Srent tine assez froide mine. Le lever congiédî^ î resta chez l'Empereur, malgré Kanibuteau, alors <Au l«llan, aujourd'hui préfet de Pari8, et qui, pensant qn'i allait se perdre, voulut en vain l'entraîner dans la sal précédente.

L'Emperenr, s'apercevant que mon père était demem seul dauB son intérieur, lui demanda, avec donoeiir, i qn'il désirait. « Vous parler, Sire, de la scène d'hier a « soir, lui dit mon père ; le respect seul m'a fait gatdï « beauconp de choses que je voulais vods répondre. Riâ B n'est plus pénible que des reproches aussi vita pot « ceux qui vous sont attachés. Si vous voulez qu'on i 0 contrarie pas les maximes de votre (iouvcrnement^ , u faut, pour nous au moins, n'en pas fwre des é tt L'approbation que vous aviez donnée à ce que j'ai f» « sur la mort du lloi, les paroles sévères qne toqs VU e prononcées récemment contre les régicides, dansJ il Salle du Trône, enfin votre ordonnance expiatoirog

I RÉCEPTION DE OHATKA0BR1AND A L'AOADÉMIE. -149

t Saint-Denis, rendent incompréhensible, pour moi, la r manière très rade avec laquelle voua m'avez parlé hier, ( et dont je suis très affecté. »

Alors mon père Ini expliqua en détail tout ce qui s'était passé dans la Commission. Il lui fit remarquer qu'un tel discours, eu le supposant malfaisant, n'aui'ait pu nuire qu'à son auteur, tandis que, repoussé ainsi, il tournerait contre la chose eu elle-mÊme, cette interdiction pouvant paraître une approbation d'un acte justement et polibi- [nement réprouvé. Il tennina en ajoutant, que surcharger il littérature de trop de chaînes, et la borner à des disinssionsgrammaticaies, ce serait obscurcir, éteindre môme m des rayons les plus brillants de la gloire de son règne, ft haute littérature, comme la morale, ne pou\fiut guère I ^e séparée de la politique.

A toutes ces choses l'Empereur, après l'avoir biraJ bouté, répouflit : a Je ue vous en veux pas. Ceci est dç I ( ma pohtique. Je voas ai dit hier ce qce je voulais qu'on 4 f répétât. Il y a de l'esprit de parti dans tout cela. Si 1 t c'était un autre que M. de Chateaubriand qui eiib fait ce t discours, je n'y aurais pas pensé ; et voilà ce que, comme [ homme d'Etat, voqb auriez dû sentir. An reste, ajoutat t-il en riant, convenez que les httératenrs visent toui: jours à l'effet, et qu'ils aiment à parler aux passions. ■ Avouez encore que, comme homme de lettres et comme r hommedegoût,M.deChateaubrianda fait une inconve- > nance ; car enfin, lorsqu'on est chargé de faire l'éloge I d'une femme qui est borgne, on parle de tous ses traits, « e-vcepté de l'œil qu'elle n"a plus ! s

iM MEMOIRE!; D'UN AIDE DE CAMP.

Ce boE mot fit rire mon père, efc l'Empereur alors reprit : « Ah çâ, voua u'étes plus fâché, ni moi non pins ; Il mais empêche/, l'Institut de parler politique, car cela <c eat pins facile à arrêter qu'à modérer !

Mon père ouvrit alors la porte, et tous, voyant l'Bmperenr sourire en le reconduisant avec la plus gracieuse bionveillance, s'empressèrent autour de lui.

Le lendemain matin M. de Chateaubriand écrivit k mon père pour le remercier de la persistance avec laquelle il l'avait défendu. Le jeudi suivant l'Académie délibéra sur le rapport de sa Commission. La conclusion fut de charger son Directeur d'inviter M, de Chateaubriand à supprimer de son discours tout ce qui avait trait à la mort du Roi. iM. de Chateaubriand attendait dans une salle folsine : mon père alla lui faire part de cette décision. Le premier mot du nouvel accadémicien fut : qu'il ne se soumettrait à aucun retranchement. Ce fht aussi son dernier mot, quoique modiSé dans sa forme ; car, mon père loi ayant répliqué qu'il ne ferait usage de Sii réponse que lorsqu'il la lui aurait répétée ailleurs, et dans nne disposition plus calme, le surlendemain M. de Chateaubriand revint ehes mon père, et, ne l'ayant pas trouvé, il lui écrivit sur son bureau : t Qu'en ce moment il était trop souffrant Il pour travailler, et qu'il ne renverrait il l'Académie un Il autre discours de réception que lorsque sa santé loi i( permettrait de s'en occuper. »

On sait que cette feinte indisposition fut assez persistante pour durer jusqu'à la Restauration.

La Reataunition!Et parla conquête, par l'eu valiisaement

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